Le temps d'un tango

Fanfiction par V. Gomez et A. Conroy

12 juin 982 – Partie 2

Quand Célia se réveilla, elle portait une restreinte visuelle l’empêchant de voir mais pas de deviner de nombreuses choses. Les restreintes à ses pieds n’étaient que des cordes et elle saurait s’en défaire très vite. Celles de ses mains étaient un peu plus perfectionnées, plus métalliques. Sauf qu’à leur poids, Célia doutait que ces dernières, non plus, suffisent à la retenir bien longtemps. Elle était assise sur une chaise en bois inconfortable. Mais le plus important, c’était que dans son dos se trouvait un autre dos, contre ses poignets d’autres poignets et une autre tête reposait sur son épaule, la respiration un peu hachée mais bien présente, et elle avait assez souvent ouvert les yeux avec le souffle de Frédéric contre son cou pour savoir de qui il s’agissait. Il était inconscient, mais il était vivant. Elle tourna légèrement son visage vers lui, mais ne fit rien de plus. Elle secoua doucement la tête après l’avoir laissée retomber sur son torse.

– … merde.
– Voyons, ce n’est pas un langage très distingué, ça, ricana une voix.

Même si sa tête douloureuse lui donnait l’impression d’entendre les sons déformés, c’était une voix incontestablement féminine, et surtout, Célia eut la distincte impression de l’avoir déjà entendue quelque part.

J’attendais un peu mieux d’une Haut Noble. Capturée par un Héros… c’est un peu pathétique, Célia. J’imagine que le blâme peut être porté en partie par Fred, mais quand même.

Derrière sa restreinte visuelle, loin de chercher à répondre à la pique, Célia avait plutôt les yeux hagards de quelqu’un qui n’arrivait pas à mettre le doigt sur une évidence. Elle en hocha bientôt légèrement la tête sans s’en rendre compte. Puis elle s’immobilisa pour relever violemment le menton dans la direction de cette voix familière.

… Helen ? hasarda une Célia qui avait du mal à croire à son propre constat.

Un petit rire sardonique lui répondit.

Oh, je suis flattée que tu te souviennes de moi. Après tout, je n’étais pas assez digne de passer l’examen, contrairement à d’autres…

Célia entendit des pas, alors que son ancienne camarade de formation marchait autour des chaises où Fred et elle étaient attachés.

J’imagine que tu ne pensais pas me revoir. A dire vrai, je ne pensais pas te recroiser non plus. Le Cratère est vraiment… tout petit.

Célia eut un sourire qui tenait plus de la grimace qu’autre chose et souffla son mépris évident sans s’en cacher.

On n’oublie pas la première Héliane que l’on rencontre dans sa vie. Surtout quand on l’a côtoyée pendant plusieurs mois. Quoique côtoyer est un bien grand mot. Tu n’as jamais réussi à cacher combien tu nous méprisais tous. Je regrette juste que Zelk n’ait pas compris plus tôt tes manigances. Moi, j’étais trop naïve pour même imaginer qu’une ennemie avait réussi à s’infiltrer jusqu’à Phoenix pour tenter d’être formée et diplômée par une légende.

Rejetant lentement sa tête en arrière pour la reposer sur l’épaule de Fred et soulager sa nuque raide, elle profita au moins du répit qu’offrait quelques mots, même désagréables, avec la dernière personne qu’elle pensait recroiser un jour.

Comme tu y vas, rétorqua Helen. Traîtresse, ennemie… j’étais une passionnée, comme vous tous. Est-ce de ma faute, si le meilleur des Magisters était Quérulent ? J’ai risqué ma vie pour venir recevoir ses enseignements, et j’ai été jetée dehors comme une malpropre lorsqu’il a su d’où je venais. Sans même prendre en considération que mes motivations n’avaient rien de politiques.

La Shaïness cracha par terre.

Peu importe. Zelk était un idéaliste, et j’ai appris assez en huit mois. Les Instances hélianes ont apprécié à leurs justes valeurs les infos que j’ai ramenées de Phoenix, tout autant que mes talents.
– Et maintenant ? Je suppose que tu es là pour récupérer ce que ces traîtres veulent échanger contre leurs misérables carcasses ?

Helen s’approcha de Célia.

– Effectivement, je suis là pour voir ce que vos déserteurs ont à troquer contre leur passage. Et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Helen tapa sèchement la main de Célia.

Ah ah ah, tu peux tout de suite arrêter de tester tes restreintes, Célia, à moins que tu ne tiennes pas aux poignets de Fred ? Laisse-moi t’éclairer, plutôt que d’essayer de le faire en douce : elles ne résisteront pas à quelque chose de plus fort qu’un Chevalier. C’est un vieux modèle, on ne l’utilise presque plus. Des Pinceurs. Tu connais leur petite particularité ?

Oui, Célia connaissait. C’était un système de restreintes qui datait au moins de l’époque où son propre père était Capitaine sur le Front. Il avait été pensé pour empêcher les tentatives d’évasion, un système de ressorts faisant en sorte que, si un des bracelets était brisé, l’autre se serrait au point de broyer l’autre poignet. Un système qui n’avait pas beaucoup marché, pas avec des Nobles capables d’utiliser Cosmos, de briser les deux restreintes en même temps, des Nobles capables de résister à la pression des ressorts. Mais les bras de Célia n’étaient pas accrochés ensembles, mais à ceux de Fred. Si elle brisait les restreintes, elle détruirait les poignets de son binôme. Elle en eut un soupir qui répondit pour elle aussi clairement que des mots.

Une idée à toi, je suppose ?

Mais ensuite Célia se redressa, retrouvant une posture plus fière, plus provocante. Se montrer faible devant des Hélians et des déserteurs ? Jamais !

Sinon, tu n’aurais pas un peu de café sous la main ? J’ai horriblement mal dormi et je sens que la journée ne va pas vraiment être une partie de plaisir.
Quel humour, dit Helen sans la moindre note de rire dans la voix. Toujours le mot pour rire. Mais cette fois-ci, je crains que ce ne soit moi qui ai le dernier mot. Car vois-tu, si les informations de ces hommes étaient, au mieux, vaguement convenables, toi en revanche…

La main gantée de Helen passa sur le menton de Célia.

Célia la Rousse… quel nom tu t’es fait. J’ai failli être jalouse. Mais je vois maintenant que tu avais un fidèle compagnon, pour t’aider dans ces tirs fabuleux qu’on t’attribue… Ça relativise tout de suite les choses. En attendant, les Instances vont adorer vous avoir, tous les deux.

Sa main quitta la peau de Célia pour lui tapoter la tête.

Ou te ravoir, dans ton cas, si j’ai bien compris.

La Commandeur détourna la tête du mieux qu’elle put, le contact lui étant insupportable dans son côté humiliant.

Je suppose que ça serait une belle revanche pour toi, hein ? articula difficilement Célia entre ses dents serrées.

Puis elle fit porter sa voix plus loin, s’adressant directement aux déserteurs qui ne devaient pas être bien loin autour d’elles.

Je ne sais pas ce qu’elle vous a promis, mais vous pouvez faire une croix dessus. Elle n’a aucun intérêt à faire quoi que ce soit pour vous. Au mieux, ils vont vous tuer de suite. Au pire, vous connaîtrez les joies des tortures hélianes sous l’excuse bidon de vous gratter le plus d’informations possibles.

Elle prit ensuite une intonation plus calme.

Il n’est pas trop tard pour faire marche arrière. Rien ne vaut de risquer de finir …

Sa voix dérailla et elle s’arrêta aussitôt de parler. Comme si elle pouvait espérer que des traîtres retourneraient leur chemise, là, maintenant, quand elle n’avait aucun moyen de pression pour leur faire changer d’avis. De toute façon, penser à la prison de Rougecendres lui vrillait déjà les entrailles et l’empêchait de réfléchir.

Helen rit, son ton moqueur et acide dénigrant à lui seul les affirmations de Célia.

Comme si tu allais les encourager à autre chose qu’à persister dans leurs actes. Tu oublies que l’un d’eux est un Corbeau, Célia. Pratique barbare s’il en est, mais qui nous arrange bien, en l’occurrence. Il sait ce qu’il risque à partir, mais il sait encore plus ce qu’il risque à revenir avec l’étiquette « traître » sur le front. Crois-moi, tu ne convaincras personne.

Après ça, il y eut des échanges entre les déserteurs et Helen, quelques conversations n’apportant aucune information si ce n’est que l’un d’eux s’appelait Toby et n’était apparemment pas très malin. Il y eut des odeurs de repas, ensuite, mais on ne leur offrit rien. Helen, en revanche, s’approcha de nouveau, profitant sans vergogne de cette position de force unique, cette revanche imprévue et délicieuse sur deux des diplômés de Zelk.

Toujours KO, le Fred ? Ton précédent choix d’amant était plus solide, Célia.
Tu sais très bien que Fred est un Khyan, alors fous-lui la paix.

C’est sur un ton moins agressif qu’elle continua ensuite, peut-être histoire de détourner l’attention d’Helen de sur son partenaire inconscient.

Il n’est pas prêt de se réveiller après ce qu’ils lui ont fait. Je l’envie, ça lui épargne au moins le déplaisir de retrouvailles avec toi.

Helen renifla.

Oh, le temps que les Instances nous rejoignent dans ce coin paumé, faut compter presque deux jours. J’ai bien l’intention de… saluer Fred d’ici là.

Elle croqua avec force dans une pomme, pour le simple plaisir de faire savoir qu’elle mangeait.

En attendant… bonne nuit, mmh ?

Plusieurs respirations régulières s’élevèrent bientôt, en hauteur, alors que la majorité des personnes présentes allaient se coucher. La dernière tira une chaise et s’installa dessus, manifestant bien sa présence de gardien. Impossible de savoir duquel il s’agissait. Après une petite heure, Fred remua légèrement contre Célia, s’immobilisa puis souffla contre son oreille, lui laissant savoir qu’il était conscient et au moins assez cohérent pour savoir que paraître toujours K.O. était une bonne idée. Elle posa sa tête contre la sienne, laissant penser à leur garde qu’elle commençait à fatiguer ou à avoir envie de dormir. Fred put ainsi sentir qu’entre leur deux visages, il y avait le métal de ses restreintes et ce que ça impliquait : Célia ne pouvait utiliser aucun Art tant qu’elle serait aveugle. Quand à ses mains, à cause des pinceurs, elle osait à peine les bouger, à part peut-être un doigt qui effleura avec douceur l’index de Fred. Lui, soupira doucement et pressa ses doigts contre les siens. C’était mauvais, tout ça. N’osant pas chuchoter, de peur de révéler qu’il était conscient, il dessina un point d’interrogation du bout des doigts dans la paume de Célia. Elle en savait sans doute plus que lui et saurait s’il était possible de parler. Lui-même n’avait aucune restreinte visuelle mais, s’il ouvrait les yeux, les très probables ennemis sauraient qu’il était réveillé.

Elle eut une expiration brève, digne d’un début de rire très jaune sans la moindre joie puis, elle tourna son attention dans la direction de la respiration de leur garde. Comme pour laisser croire qu’elle parlait toute seule.

J’suis tellement désolée, dit-elle à voix basse. Dans quel état, ils t’ont mis. Dors, mon Fred, c’est ce que tu as de mieux à faire… Parce qu’avec… Helen dans la partie, on va finir tous les deux à Rougecendres. Ça nous rappellera de bons souvenirs, hein ?…

Sa voix dérailla encore alors qu’elle se sentait à nouveau nauséeuse rien qu’à l’évocation des dits souvenirs. Elle espérait quand même que parler un peu plus fort et ne pas avoir de réaction du garde permettrait à Fred d’évaluer lui-même s’il osait un murmure ou non.

Elle crut pendant un moment que Fred n’oserait pas. En réalité, le Khyan essayait juste de savoir si elle avait tenté de lui faire passer un quelconque message ou si elle était sérieusement en train de dire que Helen était là. Il avait compris depuis bien longtemps que la Shaïness ayant fait ses classes avec eux était Héliane, mais il n’avait pas pensé qu’il retomberait dessus. C’était… vraiment pas de bol.

Pétasse, chuchota-t-il à voix basse, exprimant bien tout ce qu’il pensait de la traîtresse. Plan ? Restreintes ?

Elle tourna son visage un peu plus vers lui, enfouissant son nez dans son cou.

Je peux ôter toutes mes restreintes… mais Fred, ça va broyer tes poignets. C’est pour ça que je n’ai pas encore bougé. Et si tu cries, je ne pourrais pas affronter quatre Nobles de front toute seule.

Elle caressa à peine sa joue du bout du nez.

Un seul garde pour le moment, les autres dorment. Si c’est le Khyan, je peux le tuer très vite… Mais je dois le voir pour ça, enlever ma restreinte visuelle… tu vas avoir vraiment mal…

Sans même parler de l’éventualité que la blessure soit trop traumatisante pour que Vitae lui redonne toutes ses capacités de mouvements par la suite. Ça pouvait le handicaper à vie. Fred grimaça.

Les poignets, hein…

Sans ses mains, il ne pourrait plus tirer.

Est-ce que… avec une seule main, tu peux ? Si tu ne libères que ta main droite ?

Il était droitier, il pouvait vivre avec une main gauche déficiente. Surtout qu’ils savaient tous les deux que Célia avait les moyens de pourvoir à ses besoins dans le cas contraire. Ça ruinerait ses rêves, mais il serait vivant. Alors que finir à Rougecendres…

Oui, mais seulement si le garde est Khyan. Sinon, ça ne servira à rien.

Fred resta silencieux un moment.

Et s’il est pas Khyan ?

Elle soupira.

Tu comptes sur mes capacités de combat en corps à corps contre quatre Nobles ? Sans aucune arme ?
Célia… Je ne tiendrai jamais à Rougecendres, dit-il doucement. Pas s’ils te menacent.

Elle sentit sa gorge se nouer.

Je ne tiendrai pas non plus. Pas une deuxième fois… Pas si, en plus, ils te retiennent, toi.
Alors qu’est-ce qu’on a à perdre, ma belle ?

Elle eut un frisson de terreur qui lui parcourut le dos alors qu’elle serrait les poings à s’en faire mal. Elle prit ensuite une profonde inspiration.

On va déjà essayer quelque chose, dit-elle le plus bas possible.

Elle commença à monter sa main droite lentement, faisant monter aussi celle de Fred. Elle voulait voir si le garde réagirait au mouvement. Les déserteurs n’étant pas complètement stupides, elle sentit que la chaise se mettait en travers de son plan, l’empêchant de remonter la main plus haut que sa taille.

Raté, dit Fred, toujours plein de remarques très utiles.

Leur garde bougea sur sa chaise, il ne les entendait peut-être pas, mais il avait vu le mouvement.

Reste tranquille, ordonna-t-il sèchement.

Ce n’était pas Helen, ni la voix du Ven’Sakuraï, ni celle de “Toby”. De ce que Célia avait perçu de leurs conversations au dîner, elle pouvait déduire qu’elle avait une chance sur deux que le garde soit bien le Khyan. Célia le laissa penser qu’elle ne tenterait rien de plus. En attendant, elle gardait sa joue contre celle de Fred, et enroula plus franchement ses doigts autour de ceux de Fred et les serra avec émotion. Jusqu’à ce qu’elle se décide.

Sers-les dents, darling. Ça va faire mal.
Vas-y, avait répondu Fred avant de serrer les dents et de crisper ses deux poings.

Et elle tira un grand coup sur la restreinte de sa main droite et sur les cordes de ses jambes. La restreinte céda juste après les cordes et elle entendit le bruit atroce de l’autre moitié brisant, broyant des os, entendit le gémissement de son âme-sœur qui se mordit la lèvre jusqu’au sang pour ne pas crier. Ôter la restreinte visuelle lui prit moins d’une seconde et elle vit le garde qui se levait, ramassait l’arme sur la table, prêt à crier l’alerte.

Le garde Khyan.

L’art de Mort par Résonance à son plus haut niveau le désintégra littéralement en quelques secondes. Aucun bruit, aucun cri, il ne pouvait déjà plus respirer avant même que son corps ne se désagrège. L’arme retomba sur la table. Ce fut le seul bruit qu’il y eut. Célia se tourna alors précipitamment vers Fred et lui arracha la restreinte qui lui avait broyé le poignet. Elle fit comme si elle n’avait pas vu les chairs écrasées et le libéra de la deuxième restreinte, d’un geste violent, encaissant les ressorts de son côté avec Cosmoss et la Rage que lui donnait l’abandon total de toute sa part d’Âme Rêve pour avoir utilisé son Art le plus sombre. Elle regarda rapidement autour d’eux pour constater qu’ils étaient toujours dans l’une des granges et surtout qu’aucun des Nobles ne semblaient s’être réveillé. Elle chercha ensuite si quelque part, il y avait leurs armes, la radio, n’importe quoi pour leur donner quelques avantages dans la fuite qu’ils allaient devoir entamer au plus vite. Mais surtout, elle prit le visage de Fred entre ses mains, pour qu’il la regarde et lui fasse comprendre comment il allait. Fred était blanc comme un linge, à la fois à cause de la perte de sang de tantôt et de la douleur, et il tenait son bras pressé contre son ventre.

Ça… ça va, haleta-t-il ce mensonge gros comme une maison.

Leurs armes étaient contre le mur, leurs paquetages aussi, mais avant que Célia ne s’en approche, ils furent interrompus.

Aaaah, bah ça fait du bien. Tu peux aller pioncer, man, je…

Le Shaïness s’immobilisa, la main encore sur sa braguette, dans l’entrée de la grange, stupéfait.

Merde ! HEY ! ILS SE SONT LIBÉRÉS !!

Célia bondit sur l’homme et lui envoya son Distinguo en plein visage.

Fred, va-t-en ! cria-t-elle sans même réfléchir.
Sans toi ? DANS TES RÊVES ! répondit le Khyan en se jetant vers leurs armes.

Le temps qu’il atteigne les fusils, le Ven’Sakuraï s’était réveillé. Le temps que le Corbeau relance son Art sur le Khyan, il avait saisi l’une d’entre elles.

Célia ! cria-t-il, lui lançant son précieux fusil Tregan, encore armé. Si tu oses t’arrêter, je…

Il cria alors qu’une balle passait au travers de son bras tendu.

Toujours un vrai gentleman, je vois, Fred, siffla Helen du haut de la grange, fusil épaulé.
Je ne suis un gentleman qu’avec les Ladies, dit le Khyan. Mais là, je ne vois qu’une sal…

Il ne termina pas sa phrase, se repliant sur lui-même en hurlant et tombant au sol. Le Ven’Sakuraï aux côtés d’Helen avait réitéré son Art de tantôt, transformant chaque plaie en une blessure mille fois plus douloureuse, démultipliant les sensations au-delà du supportable. Et les blessures de Fred, surtout à son poignet, auraient déjà fait hurler n’importe qui en temps normal. Célia avait saisi l’arme au vol et le regardait à présent se torde de douleur, restant figée une trop longue seconde, les mains tellement serrées sur l’arme qu’elle était à deux doigts de la briser. Mais si elle restait, il allait continuer à souffrir. Il était des Forces Spéciales, il était une monnaie d’échange… Si elle n’était plus là, il le garderait pour avoir des informations, ils l’emmèneraient à Rougecendres, elle trouverait comment l’en faire sortir. Comme il l’avait fait pour elle. Elle…

Elle se mit à hurler alors qu’elle se retournait pour se mettre à courir dans la direction opposée à lui. Elle devait le laisser pour qu’il ait une chance… Une maigre chance…

Le rire sec de Helen l’arrêta dans ses pensées : elle vit la femme toujours en hauteur, et les tenant en joue, prêt à tirer, ne se pressant pas, visiblement convaincue de sa supériorité. Célia trouva aussi les deux autres Shaïness face à elle, et le Ven’Sakuraï dans son dos, tous avec des lueurs malsaines dans les yeux. Fred et elle étaient leurs tickets pour survivre à Kadam Hel, ils ne la laisseraient pas partir, si elle sortait d’ici, ce serait avec trois cadavres de traîtres Quérulents à ses pieds et celui de Helen en prime. Le premier Shaïness avait une arbalète à la main. L’autre était « plus subtil » : il dégoupillait une grenade.

Célia arrêta toute tentative de fuite en épaulant son fusil. S’ils voulaient jouer à ça, ils allaient jouer. Elle ne pouvait plus avoir les idées claires et réfléchies, pas après l’utilisation à plein potentiel de son Art noir. Elle n’était qu’instinct et fureur, heureusement tous les deux affûtés par son expérience de plusieurs années chez les Aigles. Tout comme le fait que depuis très longtemps, elle ne craignait plus les coups de feu isolés. Elle était Haut-Noble Elam Evir, son corps se protégeait de lui-même via son Héritage sans même y réfléchir, en puisant dans une réserve de Symbiose tout bonnement inhumaine. Helen n’était donc pas une menace. Elle tira plutôt sur ce qu’elle considérait comme la menace la plus dangereuse, à savoir la grenade, alors qu’elle était encore dans la main du Shaïness.

La grenade éclata, heureusement assez petite pour que le souffle ne détruise pas tout autour d’eux. Ce fut assez pour tuer son porteur sur le coup, et envoyer l’autre Shaïness et son arbalète à terre. Restait le Ven’Sakuraï et Helen, les plus dangereux des cinq. Et si la Symbiose Dormante de Célia la protégeait des tirs de la Shaïness, ce n’était pas le cas pour Frédéric, toujours au sol, forçant Célia à rester immobile, véritable bouclier humain entre les deux traîtres et son Fred.

Tu n’iras pas très loin comme ça, se moqua Helen sans jamais baisser son arme. Je vais me faire un plaisir de vous voir partir pour Rougecendres.

Célia se retourna dans la direction du Corbeau, lui tirant directement en plein tête plusieurs fois d’affilé alors qu’elle avait pourtant les yeux braqués sur Helen.

Plutôt crever que d’y retourner, dit-elle à mi-voix avec beaucoup de conviction.

Célia avait fait son choix. Mourir plutôt que de revivre les tortures, mourir plutôt que de se rendre. Du coup, elle n’agissait que pour protéger Fred du mieux qu’elle pouvait. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle tirait sur le Ven’Sakuraï : qu’il délaisse ses Arts sur un homme à terre pour s’occuper d’une proie bien plus agaçante et dangereuse. En véritable bouclier humain, les tirs ricochant sur elle en lui arrachant un peu de Symbiose à chaque fois, elle n’essayait même pas d’esquiver et tirait en retour de manière presque mécanique, rapide et pourtant irrégulière pour tenter de tromper les parades symbiotiques de son adversaire. Puis tout à coup, juste après avoir changé de chargeur, elle modifia son angle de visée et plaça un tir pour atteindre Helen par trois balles en ravale. Elle ne devait pas laisser le temps à la Shaïness d’ajuster assez sa visée pour atteindre Fred en faisant preuve de plus de précision. Surtout que le Ven’Sakuraï n’avait pas l’intention de laisser la Shaïness tuer son ticket pour entrer à Kadam Hel. Il détourna bel et bien ses Arts de Frédéric pour viser Célia, ses plaies se mettant à saigner, et la douleur semblable à des milliers d’aiguilles chauffées à blanc s’enfonçant dans sa peau. Il n’avait pas l’intention non plus de laisser la bataille se résumer à des échanges de coups à distance et il sortit deux lames courtes, prêt à se jeter sur Célia. Durant quelques instants, elle se retrouva la cible de deux adversaires, un au corps-à-corps qui l’empêchait de tirer et la déconcentrait, et l’autre à distance qui n’attendait qu’une chose : qu’elle face un pas de travers.

Helen avait un sourire mauvais sur le visage, et elle cessa plusieurs fois de viser Frédéric pour tirer sur Célia. Bien sûr, ses balles ne pouvaient pas la blesser mais le choc de prendre un coup entre les yeux ou en plein sternum était parfois très déstabilisant.

Soudain, une détonation rappela aux deux traîtres qu’ils n’affrontaient pas une mais deux personnes. Helen s’arrêta, figée de stupeur. Elle avait pris une balle en plein estomac. Elle tomba alors comme une vulgaire pierre du haut de la grange, s’écrasant au sol dans un bruit d’os désagréable près des corps des deux autres Shaïness. Elle ne bougeait plus… Derrière Célia, appuyé sur un coude pour pouvoir tirer, Fred lui fit un mince sourire avant de se laisser retomber au sol, à bout de forces, la laissant se charger d’achever le dernier de leur adversaire encore debout. Choquée par la scène, sous le feu brutal de l’Art Ven’Sakuraï qui réveillait de douloureux souvenirs dans sa chair, l’Elam Evir déjà privée d’une partie de sa raison depuis de longs instants, laissa alors toute sa rage se libérer tandis qu’elle fixait le corps avachi de celui qui était devenu le pilier de son existence. Hurlant en faisant volte-face, surmontant la douleur comme on retrouve une vieille amie et lâchant son fusil, elle se précipita directement sur le Corbeau et ses lames. Son instinct guida alors ses coups de poings, un instinct aiguisé par des heures et des heures d’entraînement avec Eagle, avec les Aigles, avec Sean, avec Fred, avec tous ceux qu’elle avait dû affronter en corps à corps. Le tout avec la force relative qu’elle possédait mais surtout sa rapidité et sa précision surhumaines dans une avalanche de coups, brûlant ses restes de Symbiose pour ôter toute possibilité d’esquive à son ennemi. Elle frappait comme une bête sauvage devenue hystérique, avec la force de la folie furieuse, poussée dans ses derniers retranchements par le mince espoir de pouvoir se sortir de ce traquenard. Et elle hurlait à s’en briser la voix.

Malgré ses Arts très dangereux, le Ven’Sakuraï n’était que Héros, trois rangs et une strate complète de Noblesse en-dessous de Célia. Il finit par s’avachir, la cage thoracique brisée par les coups de l’Elam Evir, du sang aux lèvres et une expression de douleur et de haine mêlées alors qu’il s’écroulait aux pieds de la jeune femme. Le silence semblait désormais pesant dans la grange où elle restait la seule à être sur ses deux jambes. Dans sa folie meurtrière, elle acheva l’homme à terre en lui brisant la nuque d’un geste rapide et franc. Ce ne fut que là, qu’elle leva les yeux vers le silence des hauteurs de la grange et parvint à retrouver un peu de cohérence, les Âmes aux prises avec encore trop de Cauchemar. Elle réalisa, avec un détachement étrange, que les toutes premières lueurs de l’aube éclairaient un peu les hauteurs de la grange. Puis, un peu plus lucide, son geste suivant fut de se précipiter vers Fred et tomber à genou devant lui pour le prendre dans ses bras, constater avec effroi l’étendu de ses blessures et ne plus oser bouger de peur de faire plus de dégât encore.

– Frédéric  ! Frédéric, réponds-moi  !
– Hey, j’suis pas mort… dit-il, les lèvres trop pâles. Et j’vais pas mourir, ça va aller. Si on se barrait, mmh  ?

Le sourire de l’Elam Evir était aussi large que nerveux et elle serra son Fred contre elle avant de s’arranger pour se glisser sous son bras droit. Elle avait largement la force de le porter et lui était à l’évidence incapable de se lever, encore moins de marcher seul. Dans le mouvement, elle attrapa la radio qu’elle glissa à sa ceinture et jongla comme elle pouvait avec l’un des fusils qu’elle ramassa pour ensuite se lever et se mettre en marche. Au moins, ils étaient tous les deux en vie, ils n’avaient plus qu’à mettre la main sur cette fichue enveloppe et quitter les lieux sans se retourner. Tout ça sera vite derrière eux et ils en rigoleraient bien, tout en se faisant rafistoler par Massis.
Ils passaient près des cadavres quand elle réalisa qu’Helen n’en était pas encore un. Au vu de la flaque de sang s’étalant sous elle, Fred avait touché l’artère : elle ne survivrait pas, et elle le savait. Mais elle n’était pas encore morte. La Shaïness leva des yeux aux paupières lourdes vers Célia.

– Vous pensez vraiment vous en sortir ? Que ce monde est juste ? Vous n’êtes… que des enfants idiots.

Elle grimaça, autant de douleur que de mépris, et leva faiblement son arme. A peine de quelques centimètres, complètement incapable de tirer sur Célia ou Fred. Mais la sacoche de grenades de l’autre Shaïness, dont le cadavre était juste à côté ? Elle n’avait pas besoin de beaucoup de précision pour réussir ce tir. Et, après tout, Helen avait aussi été une des élèves de Zelk.

– Crevez, grinça-t-elle.

L’explosion fut phénoménale et résonna à des kilomètres à la ronde.

LOGO PHOENIX copie

C’est la joue dans de la terre battue et poussiéreuse, au milieu de débris encore enflammés que Célia entrouvrit des yeux vitreux. Elle ne réalisait pas ce qu’elle faisait là, pourquoi elle avait cet horrible bourdonnement qui lui vrillait le crâne en guise de seul bruit extérieur et pourquoi son corps semblait peser une tonne. Elle mit une bonne minute à y voir assez clair pour réaliser que c’était une planche de bois qui brûlait devant son visage. La fumée l’empêchait de respirer correctement et elle toussa avant de grimacer de sentir sa cage thoracique protester. Puis elle tenta de se redresser péniblement tout en essayant de rassembler ses pensées. Elle n’identifiait pas grand chose, cernée par la faible lumière d’un jour à peine naissant d’un côté et par des murs de flammes éblouissantes de l’autre. C’est là qu’elle réalisa qu’elle était seule, qu’à quelques mètres de là, une grange flambait dans un brasier qui se propageait déjà à la grange voisine. Célia leva la tête aussi vivement qu’elle put, regardant bientôt autour d’elle. A droite, à gauche, la respiration de plus en plus courte.

– Fred  ?

Elle avait mal, mais peu importait, elle prit appui sur ses mains et se retourna vers la grange d’où elle venait. Mais elle ne trouva en lieu et place qu’un énorme cratère béant entouré de flammes. Elle n’en eut plus aucun souffle… Elle essaya de réitérer son appel mais il n’y avait plus aucun son qui sortait de sa gorge. Juste ses lèvres qui bougeaient en silence. Elle avait la tête vide. Un grand blanc. Un grand vide. Un grand rien alors que ses yeux reflétaient les flammes.
Elle mit de longues minutes à trouver ce qui faisait tiquer ses instincts : tout était en flammes, sauf une forme sombre devant le trou béant. Tout, absolument tout brûlait, sauf cet amas sombre, et ça aurait pu être n’importe quoi, de la paille, des poutres, une caisse brisée, mais ça ne brûlait pas. C’était un corps, et ça aurait pu être celui des Shaïness ou du Ven’Sakuraï, mais elle avait été soufflée hors de la grange, et elle tenait Fred dans ses bras… Elle tituba de s’être levée maladroitement, ses blessures la gênant mais n’en ayant rien à faire alors qu’elle se laissait basculer en avant pour avancer. Elle fit un pas, puis un autre, ses pieds traînant dans la poussière de la terre battue. Elle accéléra peu à peu son allure sans jamais parvenir à réellement courir, et arriva à hauteur de la masse sombre. Elle trébucha sur son dernier pas et termina au sol à côté du corps. Elle retenait son souffle en levant les yeux sur lui.
C’était Fred. Il était gravement brûlé, et tout son bras gauche était en charpie. Il était couvert de sang, un sang qu’il ne pouvait pas se permettre de perdre et pendant d’horribles instants où elle n’osait plus bouger, Célia le crut mort. Mais un souffle, improbable, impossible, se manifesta contre son poignet. Il y eut comme un électrochoc dans l’esprit de la jeune femme. Elle sentit son cœur exploser dans sa poitrine et elle se mit aussitôt à tout faire pour le maintenir en vie. D’abord, arrêter l’hémorragie de son bras… Elle déchira les lambeaux de son propre pantalon pour avoir une bande de tissus assez longue pour lui faire un garrot. C’était risquer de lui faire perdre son bras si elle mettait trop longtemps à rejoindre des secours, mais vu l’état du dit bras, elle doutait qu’il puisse être sauvé. Et Fred perdait trop de sang… Elle se démena ensuite pour trouver tout ce qu’elle pouvait sur elle, sur lui, autour, pour lui faire des bandages de fortune. En vérifiant régulièrement s’il respirait encore.

– Frédéric… Mon Frédéric, tiens bon. Je suis là. Je vais te ramener.

Elle lui caressa le front.

– Frédéric ? Tu m’entends ? Je vais te porter. On va rejoindre Leslie et le transporteur. On va se sortir de là, comme toujours. Mais il faut que tu tiennes, hein ? Tu auras tous les baisers que tu veux, tu auras toutes mes nuits… Et on aura un chien… Mais faut que tu tiennes, d’accord ?

Elle n’obtint aucune réaction de la part du Khyan. Au loin, on avait remarqué l’incendie depuis le village et des Hélians approchaient déjà, criant et se précipitant pour éteindre les flammes. La confusion faisait que personne ne les avait encore remarqués et Célia n’eut plus d’hésitation, elle saisit Fred et usant de toute la force qui lui restait, elle le hissa sur son dos, ses deux bras ballants de chaque côté de son cou et l’ayant plus ou moins assis sur ses hanches. L’odeur de chair brûlée lui agressa l’odorat, mais elle se fit violence pour l’ignorer. Elle se pencha pour que Fred reste en place sous son propre poids puis se mit en route sur des jambes aux genoux tremblants. Si les paysans donnaient l’alerte, ils étaient morts. Tous les deux.
Marcher s’avéra une véritable épreuve. Tout son corps lui faisait mal, ses brûlures tiraient et envoyaient des signaux de douleur permanents, sa cheville vibrait presque sous leur poids combiné, Fred frottait dans son dos contre des blessures et d’impressionnants bleus. Mais elle avançait, utilisant un mélange d’Héritage As’Corvaz et de pur entêtement. Un supplice qui dura peut-être deux heures, peut-être trois. Mais qu’est-ce que quelques heures de souffrance pour sauver Fred contre des semaines de tortures aveugles  ? Elle ne flancherait pas, ou tout n’aurait plus aucun sens. Alors elle endura le supplice. Jusqu’à apercevoir la masse sombre de l’épine rocheuse derrière laquelle ils avaient dissimulé leur transporteur. Célia fit ce qui restait de distance en titubant à un tel point, qu’elle craignait de tomber et de ne plus avoir la force de se relever. Elle traînait plus Frédéric qu’elle ne le portait depuis plusieurs lieues déjà, mais elle rallia l’appareil. Elle y grimpa avec la force de la dernière volonté et enfin put atteindre une banquette où allonger son précieux blessé avec soulagement. Elle l’installa du mieux qu’elle put puis elle chercha dans les différents espaces de rangement de l’appareil, tout ce qui ressemblait à du nécessaire de premier soin. Elle trouva des seringues de morphine, des bandages, des désinfectants. Elle en connaissait les rudiments, elle fit de son mieux malgré ses mains tremblantes de fatigue, de douleur et de peur. Au moins, l’odeur des antiseptiques couvrit enfin l’odeur répugnante des chairs brûlées.
Puis, avant de se reposer enfin, elle verrouilla les portes de l’engin, et alluma la radio. Elle se rappelait de la fréquence de Leslie… Elle lui envoya un code d’urgence en tapant dans le micro. Puis elle s’effondra sur le sol à côté de Fred, prit celle de ses mains encore à peu près intacte dans la sienne et après une longue inspiration, elle se planta une seringue de morphine dans la jambe. Quelques secondes encore et elle se laissa un peu aller, avant de couper l’héritage As’Corvaz qui l’avait faite tenir jusque là, en serrant les dents : La vague de douleur et de fatigue qui s’assaillit suffit à l’assommer net. Le dernier son qu’elle entendit fut un mélange de bruit de radio et de respiration de Frédéric.

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12 Comments

  1. Pauvre Fred… oser nous l’amocher de la sorte, cela ne devrait même pas être permis ! Décidément, ils en voient de toutes les couleurs les pauvres…
    Bon… bah il n’y a plus qu’à attendre la suite ! Toujours le même plaisir à lire tout ceci en tout cas. Merci 🙂

    • Vyrhelle

      24 septembre 2017 at 12 h 21 min

      Merci à toi, c’est super encourageant de lire ce genre de commentaire. Je suis en train de bosser sur le livre 2, ça me motive d’autant plus ! Et promis, le livre 2 sera un peu plus calme XD

      • plus calme… comme si vous faisiez dans le calme… >_<

        • Vyrhelle

          25 septembre 2017 at 23 h 53 min

          Ah si ! Un peu quand même… Parfois… un peu…
          Non, mais en même temps, j’ai pas dit qu’il serait calme, j’ai dit qu’il serait plus calme que le livre 1. Ce qui est vrai !


          … à moins que les rajouts que j’ai prévus soient plus violents que prévus… non, mais si, le livre 2 sera plus calme que le livre 1, d’abord !

          • T’as l’air vachement convaincue!!!

            • Vyrhelle

              27 septembre 2017 at 16 h 52 min

              Chut !

              • xD

                D’un coup, je ne suis plus aussi convaincue qu’à la lecture de la réponse initiale… :p
                Disons, qu’il y aura parfois des moments plus calmes dans le livre 2, c’est ça ? Bon je crois que nous allons devoir attendre pour se faire un avis nous-même ! ^^

                • Vyrhelle

                  28 septembre 2017 at 15 h 49 min

                  Plus sérieusement, oui, le livre 2 est définitivement plus calme. Après tout ce qui s’est passé dans le livre 1, c’était préférable de lever un peu le pied.
                  Là, je bosse encore sur le texte. J’espère que ça me prendra pas trop de temps ^^;

  2. Suspense toujours aussi haletant ! J’ai peur pour Fred moi qui ne connait rien de cet univers. C’est toujours aussi bien écrit, on se laisse toujours emporter par les vagues de sentiments de colère, de peur, par l’histoire.
    Par contre « tellement qu’elle avait peur (…) » ça fait mal aussi.
    j’attends avec impatience la suite.
    Courage et merci

    • Vyrhelle

      24 septembre 2017 at 12 h 30 min

      « tellement, qu’elle avait peur »… une virgule oubliée et tout change… Bon, vu que la phrase risquait de faire butter pas mal de monde, je l’ai carrément changée. On a été violentes avec les personnages et l’histoire, on va éviter de l’être aussi avec la syntaxe 😀
      Je suis très touchée de savoir que j’arrive à transmettre toutes ces émotions au travers de mon écriture. J’ai encore pas mal d’appréhension sur l’accueil que va avoir chaque nouveau chapitre, mais lire des commentaires comme le tien, ça me rassure. Et m’encourage à poursuivre l’aventure ^_^
      Merci !

  3. Si elle n’était pas déjà morte, je dézinguerais volontiers Helen!
    Freeeeeed quoi!! Merde!!
    T_T

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