Le temps d'un tango

Fanfiction par V. Gomez et A. Conroy

14 décembre 980

Le temps que l’on découvre les balles traditionnelles des tirs de “Célia la Rousse” et que l’on envisage d’autres raisons possibles que le meurtre de Ravhill à son attaque « Quérulente » chez le Comte Acacïo , puis que l’on en alerte enfin les Instances et que Hyl’ioss n’arrive dans la Baronnie, Célia et Fred étaient bien sûr déjà très loin. Ils avaient même déjà passé la frontière et étaient installés dans le transporteur qui les ramenait au camp. Elle regardait le paysage, songeuse, en tenant la main de Frédéric dans la sienne. Elle trouvait d’ailleurs étrange de ne pas être finalement si gênée que ça par ce geste d’affection très visible. Elle caressa cette main du pouce.

– … et on va leur dire quoi au camp ? Sur nous deux ?

Fred lui sourit.

Qu’est-ce qu’il y a à dire, Célia ? On n’est pas un couple. Je n’ai pas l’intention de nous exposer aux commérages, on continue comme on le sent. Je n’étais déjà jamais loin de toi et tu venais déjà dormir avec moi. Ils ne verront peut-être même pas la différence. Mais s’il y en a à qui ça déplaît, qu’ils viennent me voir.

Elle haussa un peu les épaules.

Tu as sans doute raison. Je n’ai juste pas envie de devoir m’expliquer sur ce qui nous lie. Je n’arrive pas à le définir déjà moi-même… Mais comme tu dis, au pire, je te les enverrai. Mais quelque chose me dit que Mia va finir par me rendre dingue avec ses sous-entendus.

Fred eut un petit rire.

On parle de Mia, ma belle. Elle ferait des sous-entendus même si tu étais prêtresse de Kéo.

Une chose fut en tout cas très positive à leur retour, c’est qu’au moment de leur rapport de mission, Eagle les félicita ouvertement de leur réussite – fait rare – et il annonça officiellement qu’il mettait fin à la période de probation de Célia. Elle était à nouveau et très officiellement un Aigle de l’unité, à part entière. La jeune femme en eut un sourire si radieux qu’il menaçait de lui manger la figure. C’eut même le mérite de faire sourire Eagle.

Miracle, pensa Fred si fort qu’il eut droit d’être de corvée au service de cantine de paraître trop heureux.

Mais avant cela, Eagle rappela quand même à Célia que le transporteur qui l’emmènerait en permission pour le Solstice partait le 18 au matin et qu’il lui souhaitait de passer de bonnes fêtes. Fred était jaloux de voir à quel point Eagle avait Célia à la bonne, c’était injuste ! En attendant, en sortant de la tente du capitaine, Célia avait beau être sur son petit nuage, elle se tourna avec sérieux vers Frédéric.

Tu viens avec moi pour le Solstice ?

Fred en eut un petit sourire en coin, de ceux qui faisaient tout son charme.

Si Eagle me libère, j’y compte bien.
Il a plutôt intérêt à te libérer, dit-elle avec une humeur marquée, les poings sur les hanches. Je te rappelle que Sofia, Nathan et Sinaï t’ont invité à venir pour les fêtes.

Puis elle fit la moue en baissant un peu le nez.

Et je dors comment moi, si tu n’es pas là ?

Fred en rit sans vergogne avant de lui coller un énorme bisou sur le front. Elle venait de lui donner, sans s’en douter, une super idée de cadeau de Noël pour elle ! Restait à se dépêcher pour que ce soit prêt à temps… mais oui, Eagle accepterait de le laisser prendre quelques jours, mais si !

Ah bah oui, tiens, il a accepté !

Célia en resta là, ravie de savoir que les fêtes se passeraient avec son indispensable alter-ego et après avoir retrouvé la tente des filles, ses affaires et Rogue, elle se remit aux exercices et entraînements, très largement oubliés durant le séjour à la Cité de Nacre. De son côté, Fred fut assez secret durant les quelques jours qui les séparaient du départ mais elle sut très vite pourquoi : elle le vit plusieurs fois passer avec des papiers cadeaux colorés, du carton et du scotch partout, à commencer dans les cheveux. D’abord assez perplexe, elle finit par s’en amuser et fit celle qui ne voyait rien. Même si elle dut se retenir une fois ou deux de retirer le scotch qu’il avait sur un revers de manche. Elle joua les aveugles et se mit du coup aussi en quête d’un cadeau surprise pour Fred. Elle espérait juste qu’elle serait plus discrète que lui. En attendant, avec l’arrivée de Noël, Fred vit Célia s’amuser de petits riens dans l’esprit de cette fête Shaïness. Il trouva un morceau de chocolat tous les matins à côté de son oreiller, une branche de houx sur son fusil… Et Rogue débarqua même un matin avec un énorme nœud rouge autour du cou, un petit bonnet à pompon blanc assorti sur la tête et un énorme grelot. Devant son air misérable, il avait dû batailler un moment avant d’admettre que ces trucs ne quitteraient pas sa tête, quoi qu’il fasse. Fred rit et récupéra le chat, l’aidant à se débarrasser des atroces accessoires.

Faut bien le prendre, mon gros. Au moins, elle sourit, dit-il en caressant le chat.

Oui, Célia souriait, elle avait même de l’entrain et cette énergie contagieuse qui l’avait toujours caractérisée. Elle renaissait de ses cendres, image même de ce phénix qui ornait le drapeau de leur pays. Il n’y avait que les Aigles et surtout Fred pour réaliser ce que ça lui avait demandé comme efforts pour en arriver là. Ce que ça lui demandait encore. Une seule chose trahissait toujours sa blessure : elle ne parlait absolument jamais de Sean. Depuis son retour sur le Front, elle ne demandait même pas de ses nouvelles, ne reparlait jamais de leur vie commune. Elle ne prononçait même pas son nom. Un exemple flagrant en fut un soir où, à la radio de la cantine, le journal d’informations de Phoenix rapporta que le Duc d’Umbras avait vaincu le Baron de Casotti dans un duel très officiel au Dernier Sang devant toute la cour de Farden. Entendre un duel jusqu’à la Désintégration finale et définitive de l’adversaire, la mort de son corps et de son Âme même. Sean avait donc mis sa propre existence en jeu pour une vengeance implacable et assez médiatisée pour faire passer l’envie à d’autres d’imiter le feu Baron. Sauf que Célia ne faisait pas partie des très rares personnes à en comprendre le pourquoi… Alors, avant même la fin du flash d’information, elle s’était littéralement volatilisée durant toute la soirée et Fred n’avait fini par la retrouver que plusieurs heures plus tard, sur l’un des pas de tir à s’entraîner dans le noir, sans un mot.

Du coup, Noël arrivant, Fred redoutait une rechute de sa belle Elam Evir. Mais, soit Célia allait réellement mieux, soit elle se faisait assez violence pour que ça ne se voie pas, car à la date du départ, elle était surexcitée à l’idée de partir pour Trapeglace. Fred ne valait pas mieux et avait un gigantesque paquet en plus de son bardas. Ce n’était absolument pas discret mais il maintint mordicus que c’était des vêtements chauds supplémentaires pour affronter le froid du Nord. C’est ainsi qu’ils partirent pour l’Aérofaille de Phoenix enfin d’y rejoindre le transporteur familial avec Ismaël toujours aux commandes. Célia passa le plus clair de son temps à observer le paysage, les yeux lointains, caressant distraitement Rogue sur ses genoux. Et une fois à la capitale, elle s’évertua à quitter le moins possible le tarmac, apparemment sereine, mais faisant son possible pour n’avoir aucune raison de perdre son sang froid. Fred avait l’impression d’être en mission tant elle était sur le qui-vive sans le savoir. Aussi prit-il les choses en mains et attaqua l’Elam Evir : avec des chatouilles. L’effet fut immédiat et Célia, d’abord surprise, se rebiffa et répliqua contre le Khyan avec le même genre d’attaque pernicieuse, oubliant ce qui l’entourait et qui il y avait à moins d’un quart d’heure de voiture de là. Fred n’était pas chatouilleux… Il était horriblement chatouilleux ! Il se tortilla en criant.

Naaaan, tu triches !

Elle haussa un sourcil, un sourire parfaitement carnassier sur la figure, les doigts s’agitant devant elle.

Pourquoi tricher ? L’avantage, c’est qu’avec toi, il n’y a même pas besoin.

Elle repartit à l’assaut, visant les côtes et essayant en même temps de l’immobiliser pour faire durer le supplice. Fred implora sa merci.

Piiiittiiiié !!! Ou je t’offre pas ton cadeau à Noeeeeeeel !!
T’inquiètes pas, je crois que je l’ai repéré, je devrais pouvoir l’ouvrir sans ton aide, va.

Célia reprit ses attaques de plus belle. Fred gigota.

Ouiiii mais si c’est pas mahahahahhahhamoi quiiiihiii le donne, c’pas pareiIII !!

Elle cessa ses chatouilles, mais ce ne fut que pour lui poser un bisou sur la joue.

Espèce de grand gosse, va !

Fred lui sourit.

Yep. Mais je plaisante pas, hein, j’ai un cadeau pour toi !

Sans rire. Célia eut un sourire en coin alors qu’elle s’asseyait à même le sol, menton dans la main et coude sur le genou.

Et moi, j’en ai un pour toi. Après tout, c’est la tradition, non ?

Fred hocha la tête.

Yep, Solstice ou pas Solstice, c’est Noël !

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19 décembre 980

L’accueil fut au-delà du chaleureux, tous sous le coup de pas mal d’émotions qui leur réchauffaient le cœur. Nathan et Sofia étaient soulagés de constater le sourire de Célia et ne manquèrent pas de montrer à Fred leur reconnaissance pour le petit miracle qu’il avait accompli avec elle. S’il en doutait, il faisait définitivement partie de la famille à présent. D’ailleurs, ce n’était pas le seul lien qui se renforçait à Trapeglace. Il y avait une nouvelle proximité entre les deux jeunes Elam Evir que Célia ne manqua pas de remarquer. Après les câlins de rigueur, Sofia n’y échappant pas, Sinaï non plus, Célia finit par se vautrer sur le canapé du salon en soupirant d’aise. Le transporteur, c’était bien, mais une nuit complète de voyage, c’était lassant à la longue.

Alors, racontez-moi tout ce qu’il n’y avait pas dans tes lettres, Nathan !
Et bien… commença son frère sur un ton un peu traînant. J’ai commencé à faire remettre en état la vieille chapelle…

Le bâtiment n’avait pas servi depuis plusieurs générations, le dernier religieux parmi les Avonis ayant été leur arrière-arrière-grand-père. Mais Célia avait appris que Sofia et sa famille suivaient d’assez près les dogmes de Kéo… S’en souvenant, Célia, d’abord assez dubitative, haussa un sourcil. Puis prit un air plus complice pour ce frère qu’elle connaissait bien.

– … oui… continue… Est-ce que ça veut dire ce que je devine que ça veut dire ? Ou je me fais des films ?

Nathan eut un léger teint rosé.

Ça… Non, tu ne te fais pas de films.
Ça va devoir attendre un peu, mais je suis plus têtue que lui, enchaîna la jeune femme assise à ses côtés.

Célia leva les bras au ciel.

Yes ! Tu n’es donc pas une cause perdue !

Puis elle se leva et alla embrasser Sofia avec chaleur, lui tenant les mains.

On sera deux à lui tenir tête, il ne pourra pas résister longtemps ! dit-elle avec un air absolument diabolique.

Nathan fit une moue et Sofia rit.

Oh, c’est trop tard pour ça, il ne peux plus reculer. Mais il faut finir la rénovation, et mes parents et toute ma famille sont très traditionalistes. Ce qui veut dire mettre les formes, et un an de fiançailles.

Célia eut un sourire plus chaleureux, tenant toujours les mains de Sofia.

Alors toutes mes félicitations à tous les deux. Vous ne pouvez pas savoir comme ça me fait plaisir d’apprendre tout ça !
Je suis heureux que tu ne m’en veuilles pas.

Sofia lui fit les gros yeux.

– … de te voler ta dame de compagnie !

Fred haussa un sourcil. Biiiien rattrapé… Nathan se ramassa un coussin sur le coin du nez alors que Célia replongeait dans le canapé, les bras croisés sur le torse.

Je t’en veux à mort, oui ! Tu oses te marier avant moi, espèce de faux PETIT frère !

Elle prit un air faussement hautain tout à fait théâtrale et grotesque.

JE suis l’aînée, JE devais avoir la primeur, monsieur le Baron !

Puis, plus sérieuse, un sourire en coin, elle lui fit un clin d’œil. Prouvant qu’elle ne lui en voudrait jamais. Certainement pas pour ça.

Je mérite un câlin pour la peine ! Et des pavés aux amandes de Madame Esmé !

Nathan rit et alla l’enlacer.

Tu m’as manqué, Cordélia, dit-il contre sa joue.

Et il ne parlait pas juste de son absence. Fred se pencha vers Sofia.

Vite, filons vers la cuisine avant qu’elle ne mange tout…

Un deuxième coussin vola vers le sniper cette fois.

J’ai entendu, ‘spèce de traître ! On ne touche pas aux pavés aux amandes ! Et je veux un chocolat avec ! Un si épais que les pavés tiendront tout seuls dedans !

Puis elle se rencogna dans les bras de Nathan, roulant des épaules pour mieux se caler.

C’est bon d’être à la maison, dit-elle avec une intonation plus douce et plus sérieuse.

Nathan n’était pas près de la lâcher.

Je… tu sais, ça veux peut-être dire quelques mois… sans, admit-il à voix basse quand Fred et Sofia furent partis. Elle n’est que Héros, et j’ai peur que… dit doucement l’Elam Evir.

Célia se retourna pour le regarder en face.

Hein ? De quoi parles-tu ? Là, je crois que je ne te suis pas.

Nathan soupira.

Je vais… y aller plus doucement, dans mes recherches. Nous sommes Hauts Nobles, toi et moi, pas Sofia, et si on nous attaque encore…
Oh, fit-elle, sincère. Je suis désolée, je n’avais pas vu les choses sous cet angle.

Elle lui fit un large sourire.

Fait au mieux Nathan, je sais que tu es bien plus à même que moi pour faire les choix les plus raisonnables.

Elle posa sa main sur sa joue.

Pensons aux vivants avant de penser à venger les morts. Je crois que ça sera bien mieux pour tout le monde. Je reste ton bras armé si besoin.

Ça le fit grimacer mais il opina. Elle méritait tellement mieux… mais il n’osa pas lui dire. Tout comme pour un autre secret, il garda ses mots scellés derrière ses lèvres.

Allons à la cuisine, avant que Frédéric et Sofia ne nous laissent plus rien. Je crois qu’elle aime le chocolat encore plus que toi.

Incapable de même se douter de ce que son frère lui cachait, Célia se leva et s’étira, pour ensuite tirer son frère du canapé.

Plus que moi ? Impossible mais dans le doute, allons-y ! Je refuse d’être privée de mon chocolat !

Puis elle s’élança vers la cuisine, effrayant Rogue au passage par sa démarche rapide et son bras levé.

Et s’il n’y a pas mon quota de pavés aux amandes quand j’arrive, je jure, Fred, que je te fais faire le tour du domaine en courant !

Fred ricana si fort qu’on l’entendit jusque dans le couloir d’entrée..

C’est des amandes, j’prends pas de risques, j’te les laisse !

Mais par contre, les beignets, c’était même pas en rêve. La suite fut alors une débâcle de sucre et de gras à s’en faire éclater la panse. Même Célia finit par demander grâce tant elle était gavée et on parlait d’une Haute-Noble…

Je vais exploser ! avoua-t-elle dans un demi-râle alors qu’elle tombait dans l’un des fauteuils devant la cheminée.

Une belle flambée y dansait et il faisait terriblement bon dans le salon, avec des odeurs familières aux parfums de nostalgie et d’enfance. Le Solstice approchait, les sucreries étaient là mais aussi les épices pour les repas à venir qui emplissaient doucement l’air de leur senteurs légères. Célia en ferma les yeux.

Elle finit avec un Fred contre elle et un Rogue sur les genoux. Nathan et Sofia s’étaient installés sur un autre fauteuil, le premier lisant des contes traditionnels en Elam Evir, comparant avec sa fiancée, les histoires avec lesquelles ils avaient respectivement grandi. Tout ça avait un parfum de famille que Célia n’avait pas connu depuis longtemps. La présence de Sofia, de Fred et même de Rogue changeait tellement de choses. La jeune femme aurait pu croire que son père était dans la bibliothèque à fumer sa pipe avec leur mère qui brodait à ses côtés, ayant laissé le salon aux enfants. Elle aurait pu imaginer son bébé dormant à l’étage, et même peut-être ses grands-parents, morts quand elle était très jeune, quelque part au jardin à admirer le paysage hivernal. C’était une sensation étrange qui laissa Célia entre bonheur et regret alors qu’elle gardait les yeux obstinément fermés pour ne pas perdre cette sensation d’être à sa place au milieu des siens. Le silence se fit progressivement dans la pièce, Fred ronflant doucement sur son épaule, Sofia endormie contre Nathan et Rogue ronronnant. Le discret Incarna quitta la pièce pour récupérer l’appareil photo et immortaliser l’instant. Célia avait ouvert un œil quand elle avait senti le flash, prête à enguirlander Fred de faire encore l’andouille, mais resta assez surprise de se trouver face à Sinaï. Et un Sinaï qui lui souriait en plus. Elle en resta toute bête, ce qui valut une autre photo…

J’y crois pas… Si même toi, tu t’y mets…

Sinaï pointa Nathan, qui servait d’oreiller à Sofia.

Il est occupé. Ce n’est pas la première fois, rappela l’Incarna.

Il était l’incarnation des désirs de Nathan, et Nathan voulait immortaliser les souvenirs précieux de sa famille. Célia fit la moue.

Je sais bien mais là, je suis sûre que j’ai juste l’air idiote sur la dernière !

Sinaï eut un air parfaitement… angélique.

C’est probable. Ce sont les préférées de Nathan.

Sont, au pluriel. Les joues de Célia gonflèrent comme des ballons de baudruche alors qu’elle tourna la tête vers Nathan. Elle le pointa du doigt d’un air menaçant.

Toi… Ça se payera…

Et flash, elle fut bonne pour une autre photo. Elle se leva alors d’un bond et s’approcha de Sinaï.

Toi, je vais t’enlever cet appareil ! Tu es le plus dangereux des deux avec ça !

dans une attitude joueuse qu’elle n’avait encore jamais eue pour l’Incarna qui l’avait longtemps mise mal à l’aise. Mais pas ce soir-là. Pas alors qu’elle trompait son envie d’aller au mausolée en faisant l’idiote.

Fred était tombé d’un coup quand il avait perdu son support, se vautrant dans le fauteuil et se réveillant, la regardant courir après un Incarna qui pouvait faire des passes avec son Principal sans parler, l’appareil échappant toujours à Célia qui fut mitraillée par Nathan et Sinaï. Une vraie collection de photos ridicules ! Au moins, Célia en oubliait le reste, riant même de bon cœur entre deux protestations véhémentes de trahisons fraternelles qualifiées ! Et le tout au pluriel parce qu’ils étaient deux ! Célia finit par tomber sur le canapé, riant comme une gamine alors que les photos continuaient à pleuvoir. Elle mit la main devant l’objectif.

D’accord, d’accord, je me rends !

L’appareil lui tomba dans la main.

Il doit rester une photo, sourit Sinaï. Choisis précieusement ta vengeance…

Célia regarda l’appareil, regarda Sinaï et eut un sourire absolument machiavélique.

Nathaaaaan, appela-t-elle son frère avec un air parfaitement angélique.

Elle s’était tournée vers lui, l’appareil en main, papillonnant des yeux.

Dis voir, mon cher petit frère, tu comptes faire un enfant à Sofia, avant ou après le mariage ?

Nathan s’était attendu à beaucoup de choses mais pas à ça et il s’étrangla alors que Sofia prenait une couleur rouge tomate. Photo parfaite.

CORDELIA !!!

Célia sauta alors par-dessus le canapé, lança l’appareil à Sinaï et fila vers Fred. Le pauvre fut lâchement placé en guise de bouclier. Là, elle envoya un baiser de la main à son frère.

Vengeance !

Elle éclata de rire, tout en faisant un clin d’œil à Sofia pour se faire pardonner. Célia était la première à savoir combien son frère était à cheval sur certaines choses. Mais ça faisait jamais de mal de lui rappeler que Célia n’était pas aussi regardante. Sofia était trop occupée à hésiter entre mourir de rire et de honte dans le cou de Nathan pour s’en soucier et ledit Nathan fut donc coincé, condamné à foudroyer sa sœur du regard.

Je me vengerai, Cordélia, jura-t-il.
Je n’en doute pas, младший брат.

Mais quelque chose dans le regard de Célia avait changé, moins déluré, plus profond. Ce quelque chose qui trahissait à quel point elle aimait son frère et que derrière le jeu et les fausses menaces, il n’y avait qu’un amour sans condition. Le sourire qu’elle lui adressa alors était terriblement touchant.

Mais tu ne peux pas m’en vouloir d’être heureuse pour toi.

Nathan lui sourit.

Non, en effet.

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6 Comments

  1. Un chapitre plein de sentiments et de vie ! Encooooore !! Puis j’approuve, c’est vrai qu’on a envie d’en savoir plus sur Sean, même s’il doit bosser encore plus qu’avant pour éviter de cogiter.
    Ah et sinon.. pauvre Rogue ! Il a pas l’air d’aimer son déguisement de noël ! lol Mais trop trognon lui et Fred sur l’image, j’adore !

    • Vyrhelle

      13 juin 2017 at 17 h 01 min

      C’est bien des chapitres comme ça, plus légers. Faut contre-balancer les plus difficiles, mine de rien. Quant à Sean, y’aura toute une partie, plus tard, plus axée sur lui. Pour le moment qu’il soit en retrait permet de mettre l’accent sur Fred. D’ailleurs, je me suis amusée sur l’image, un peu de fan-service, ça fait jamais de mal 😛

  2. « Eagle avait Célia à bonne » => « à la bonne »
    La vie reprend ses droits!! <3
    Sean il fait que des béééétises!!! Je veux savoir ce qu'il se passe de son coté!!! C'est la seule chose que je sais pas d'avance euuuuuh!! T^T

    • Vyrhelle

      12 juin 2017 at 16 h 50 min

      Ah ah ! Pas un grand mystère, on aura quelques indices dans deux ou trois chapitres. Mais dans l’absolu, rien de fascinant, Sean s’est plongé dans le boulot pour pas « regarder » derrière lui.

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