Le temps d'un tango

Fanfiction par Vyrhelle et A. Conroy

6 octobre 977 – partie 2

Dans le bar que Sean avait indiqué à Célia, dire qu’il y avait du monde était un euphémisme. Ça riait, ça buvait, la musique était extrêmement forte et le temps que l’Elam Evir atteigne le zinc du bar, elle avait déjà été interpellée quatre ou cinq fois. Heureusement, si Sean savait à coup sûr que Rayleigh serait là, c’est qu’il devait être un habitué. Pas vraiment le cœur à une ambiance festive, Célia dut quand même se faire violence pour faire dans l’efficace. Elle ébouriffa ses cheveux déjà un peu moins noirs, ouvrit son décolleté d’un bouton ou deux et héla le barman avec un énorme sourire et des yeux rieurs. Quand il eut son attention, elle parla à voix assez haute.

– Une vodka orange, mon tout beau ! Et des fois, tu saurais pas où je peux trouver Rayleigh ?

Le barman lui sourit.

– Voilà, beauté. Et Ray ? Il est aux platines, c’te question.

Célia répondit du tac au tac, comme elle l’avait si bien appris avec Desdémone.

– Je sais, mais tu sais pas quand il a une pause ? Je dois lui… parler, dit-elle avec cette expression qui pouvait donner un sens très particulier au mot “parler”.

Le barman sourit.

– Aaah, t’es Vaness’ ? Il viendra prendre un truc à boire d’ici vingt, vingt-cinq minutes, tu verras.

En effet, vingt-cinq minutes plus tard, un grand black aux longues tresses rasta et un t-shirt très coloré vint boire l’équivalent de trois bouteilles d’eau en quelques minutes et le barman lui pointa Célia du doigt. Le Shaïness la rejoignit, s’essuyant le front.

– Paraît que tu veux m’voir ? Mais t’es pas Vaness ‘… rit-il à moitié.

Célia leva le nez et leeeva le nez avant de trouver le visage de son interlocuteur. Elle afficha un sourire moins candide que pour le barman.

– Oui, Sean m’envoie, dit-elle simplement.

Rayleigh eut l’air surpris.

– Sean ? Qu’est-ce qu’il a encore comme ennuis, celui-là ?

Il fit signe au barman qui lui resservit un énième verre et remplit aussi celui de Célia.

– Non, pas d’ennui, il voudrait que tu lui rendes un petit service, lui dit-elle en souriant toujours. Il a besoin de transmettre une lettre à son père. Tu pourrais faire ça ?

Rayleigh cligna des yeux.

– … Mais, ils sont dans la même ville, voire la même baraque… Qu’est-ce qu’il veut, au juste ?

Célia se pencha vers Rayleigh avec un air de conspiratrice et un petit air aguicheur.

– En gros ? La lettre annonce des choses qui risquent de ne pas plaire à son père. Histoire de lui rappeler que Sean n’est pas un mouton.

Elle sortit la lettre de l’intérieur de son bustier.

– Tu dois lui dire devant témoins que la lettre vient d’Endrogèn, jurer qu’elle est partie de là-bas il y a plusieurs jours et que Sean était accompagné d’une jolie rousse. C’est crucial.

Elle tendit la lettre entre deux doigts.

– Il doit en faire une belle jaunisse, le paternel.

Rayleigh prit la lettre en souriant.

– Aaah, bah si c’est pour faire chier Théodor, tout s’explique. Endrogèn, donc ?

Le Shaïness prit tous les renseignements sur le coin où étaient supposés être Célia et Sean.

– Ouais, ok, j’connais, j’suis déjà passé. T’inquiète, ma belle, je vais te l’assaisonner le paternel.

Célia termina son verre d’une traite et se leva pour envoyer une bise de la main vers le front du coureur Echo/DJ/Shaïness au physique d’As’Corvaz.

– Tu peux pas savoir comme j’aimerai être une petite souris pour voir ça.

Un clin d’œil et elle sortit. Moins d’une heure plus tard, profitant d’une nouvelle pause et d’avoir su où trouver le destinataire du courrier par un système de réseau propre aux Coureurs Echo, Rayleigh héla Théodor quand ce dernier parlait avec le commissaire de police, devant le commissariat lui-même. Le grand Shaïness se fit un malin plaisir à remettre le pli, en précisant bien tout ce qui était convenu. Que Sean et sa p’tite rousse pensaient à lui, hein, mais que à choisir entre un anniversaire morose et des vacances avec, bah, la p’tite rousse en question, le choiiiix…

– Et bien voilà, Lord Moonshade, votre fils n’est pas disparu ni notre John Doe à l’hôpital. Il a juste fait une fugue en amoureux, rit le commissaire. Ah, la jeunesse.

Célia, en petite souris trop curieuse qui n’avait pas résisté à la tentation, assista au spectacle exceptionnel. Grimée et discrète dans l’angle de la rue adjacente, elle aurait juré pouvoir entendre les dents de Théodor grincer jusqu’à elle. Mais elle ne s’attarda pas. Elle voulait juste s’assurer que tout se passait pour le mieux et donner la confirmation à Sean qu’il allait pouvoir souffler un peu. Quand elle rentra à la demeure des Avonis, elle le fit en vérifiant qu’il n’y avait pas de témoin. La maison était censée être inoccupée hormis par le vieil Andreï, et il fallait que cette réputation tienne encore un peu. Puis, une fois à l’intérieur, elle fila rapidement à l’étage pour aller voir si Sean s’était enfin réveillé. Elle eut de la chance, il émergeait. Double chance, en se réveillant sans elle dans la pièce, il n’aurait pas été aussi calme.

– Célia… sourit-il. Pourquoi… en brune ?

Elle le regarda, incrédule, alors que c’était bien la dernière question à laquelle elle s’attendait. Elle en loucha sur une des mèches de ses cheveux qu’elle étira devant son nez.

– Tu en as de ces questions, toi, au réveil… Y’a que le brun qui couvre vraiment le roux, surtout en coloration temporaire.

Elle planta ses poings sur ses hanches.

– Tu crois quand même pas que j’allais renoncer à ma couleur naturelle pour une simple mission d’infiltration dans un hôpital, hein ?

Sean était encore à moitié dans le coaltar, ça expliquait les digressions chromatiques.

– Non, le roux… ça te va mieux. Surtout le tien. On dirait des flammes, au soleil…

Ah, et peut-être que Genzo avait remis une dose d’antidouleur, aussi. Célia leva les yeux au ciel malgré le large sourire qu’elle avait. Elle vint s’asseoir sur le lit de son convalescent préféré. Elle se pencha pour être nez à nez avec lui.

– Le principal, c’est que je sois là.

Elle s’avança et lui embrassa doucement les lèvres.

– Bon anniversaire, mon amour.

Sean sourit contre ses lèvres.

– J’ai laissé ton cadeau chez moi. Je ne l’ai pas ouvert… admit-il.

Il passa le bras autour de la taille de l’Elam Evir, qu’elle n’ait surtout pas l’idée de s’éloigner.

– Ce n’est pas grave, tu n’es pas en état pour en profiter de toute façon. On verra ça quand tu iras mieux. On est ensemble, c’est le meilleur cadeau qui soit.

Pour donner bonne mesure à ses paroles, elle l’embrassa à nouveau. Puis elle se glissa avec précaution contre lui, venant s’allonger avec lui sous la couverture et posa sa tête contre son épaule.

– Ça, ça m’avait manqué, ronronna-t-elle en roulant un peu des épaules.
– A moi aussi. Je me suis fait à dormir avec toi…

Mais si elle voulait le garder éveillé, elle s’y prenait mal, il se sentait déjà se rendormir, maintenant qu’elle était lovée contre lui. Mais en réalité, elle ne valait pas mieux. Elle n’avait pas réchappé à une explosion, non, mais elle venait de passer quatre jours très éprouvants où les nuits ne furent pas consacrées au sommeil. Même la nuit précédente, alors que Sean était à l’abri, elle l’avait passé à son chevet. Alors oui, dormir était particulièrement séduisant comme idée. Fut-elle encore habillée, maintenant qu’elle était dans les bras de Sean, le reste pouvait attendre.

– Alors dors, je n’irai nul part avant un bon siècle, dit-elle en baillant.
– Excellente idée, soupira Sean, la serrant un peu plus contre lui.

Il la serrait toujours en s’endormant, en dormant et en se réveillant. Le doudou-Cordélia, un must. Surtout que le doudou-Cordélia était sage même s’il se réveillait avant vous. Quand Sean ouvrit les yeux, cela faisait un bon moment que son Elam Evir avait consacré son temps à la contemplation de son Shaïness, espérant le bleu de ses yeux. Elle l’accueillit avec un visage radieux.

– Comment te sens-tu ?
– Mieux, dit Sean. Un peu plus lucide que tout à l’heure. Dis-moi à quel point l’explosion m’a abîmé ? Je vais rester alité encore longtemps ? Je déteste ça…

Sauf avec elle. Là, ce n’était pas si terrible.

– Non, tes brûlures sont presque toutes résorbées. Sinon, je ne serais pas contre toi, crois-moi. Genzo pense qu’encore une ou deux utilisations de Vitae devrait suffire à ce que tu sois en état de te déplacer sans mal.

Elle redressa la tête pour venir embrasser son cou.

– Tu ne seras pas au top, mais assez pour te lever et aller prendre l’air.

Sean sourit. Deux jours, il pouvait tenir.

– Et, sois honnête…

Il lui releva le menton.

– Les cheveux, c’est une catastrophe à quel point ? dit-il, une rare plaisanterie qui prouvait à quel point il appréciait d’être là et pas à l’hôpital, au milieu des machinations de son père.

Elle regarda en direction des dits-cheveux et eut une expression désolée.

– Ils repousseront. Vite, j’espère.
– Je n’ai… plus rien du tout ? grimaça-t-il.

Célia hocha de la tête d’un air tout aussi désolé et elle passa sa main sur le crâne à nu.

– Je pensais que tu t’en étais rendu compte. Mais je te rassure, tu es mignon quand même. Les sourcils, c’est un peu plus dérangeant.

Sean soupira.

– Je vais donc devoir attendre plus d’un mois, sûrement au moins deux, avant de reparaître devant mon père, ou la ruse ne servira à rien… Que penses-tu de vraies vacances ?

Célia eut un air parfaitement extatique.

– Genre, vacances, vacances ?! Des vraies ? En amoureux et tout ? Où je t’aurai rien qu’à moi ?

Sean eut un sourire.

– Mmh… A Endrogèn, respectons notre alibi… Oh, si on reste jusqu’en Décembre, ça va être l’hiver.

Les saisons d’Endrogèn respectaient les dates à la lettre et là-bas, hiver, ça voulait dire de la neige. Là, les yeux de Célia ne pétillaient pas, ils s’étaient transformés en une matière luminescente bleue qui scintillait comme du cristal. Avant longtemps, Sean se retrouva avec une Elam Evir pendue à son cou et qui l’embrassait à l’étouffer. Puis elle alterna baiser et parole.

– Oui… je le veux… jusqu’en… décembre… deux mois pour… rattraper les trois… derniers… faire l’amour… encore… et encore… et peut-être encore un peu…

Sean la serra contre lui, la faisant passer sur lui, plutôt qu’à côté, d’un mouvement de reins. Il se moqua de la légère douleur que cela lui provoqua puisqu’il avait Célia contre lui et lui rendait chaque baiser. Oh, et puis, elle avait dit qu’il était presque guéri. Mais si, c’est ce qu’elle avait dit ! Célia, de tout façon, était bien incapable de se souvenir de ce dont elle avait parlé. Elle avait peut-être un petit quelque chose sur le bout des lèvres ? … Ah oui, un Sean amoureux. Et qui semblait parfaitement d’accord avec elle sur le fait qu’il ne fallait absolument pas quitter ce lit avant au moins… quoi, deux jours ? Ça en laissait des possibilités intéressantes alors qu’elle était largement capable de compenser sa mobilité plus réduite. Il restait assis, il l’embrassait comme il le faisait, il utilisait correctement ses mains et le tour serait joué. En tout cas, quand elle ouvrit son corset pour qu’il y glisse les doigts, elle était sûre qu’ils étaient sur la même longueur d’onde.

– Pas raisonnables… sourit-il contre les lèvres de Célia.

Ça les résumait bien.

– Jamais, confirma-t-elle avant d’enlever un des remparts de tissu qui les séparaient encore et de revenir l’embrasser de plus belle.

Sean se moquait bien de ses blessures, et puis, en tout bon Démon qui avait accès à tous les Héritages, il se devait d’utiliser l’Héritage As’Corvaz pour ne plus sentir de douleur. Après tout, ça servait à ça. Parfaitement.

Un peu plus tard, gardant Célia allongée sur lui, Sean s’imaginait déjà dans un chalet d’Endrogèn, sous la neige, obligés de rester enfermés en attendant la fin du blizzard. Célia avait le même genre de rêverie alors qu’elle redécouvrait réellement le bruit sourd des battements de cœur de Sean sous son oreille. Si le Shaïness pensait avenir, elle savourait l’instant présent. Mais quelque part, elle avait aussi les yeux vers le passé, alors qu’ils se perdaient dans les filets de la lumière du jour que les rideau tirés laissaient passer.

– Sean… merci de me donner de nouveaux souvenirs… dans cette maison.

Sean se tira de sa rêverie, se rappelant où il était précisément et pourquoi Célia pouvait détester cet endroit.

– C’est vrai que… Tu as dit qu’on était chez toi.

Il l’embrassa doucement.

– Quand veux-tu que nous partions, Sean ? demanda-t-elle, consciente que lui aussi avait des choses à laisser derrière lui pendant un temps.

Sean soupira.

– Vite, je peux… je DOIS abandonner mes dossiers, on est censés être partis rapidement, presque une fugue.
– J’aime cette idée de fugue… Ce soir ? Après que Genzo soit passé ? Je préfère quitter Phoenix au plus vite et si on voyage en transporteur jusqu’Endrogèn, tu peux partir avec une seule activation de Vitae. On verra pour un autre Manipulateur de Corps sur place, si tu en ressens le besoin, qu’en penses-tu ?

Sean opina.

– Oui, parfait… donne-moi juste un téléphone ? Que je réserve quelque chose, qu’on ne se retrouve pas à la rue à Endrogèn…

Célia sembla hésiter tout à coup.

– Le seul téléphone est… dans le salon.

Sean comprit immédiatement et n’insista pas.

– Alors je te donnerai le numéro, appelle depuis une cabine, dit-il.

Elle reprit quelques couleurs et elle acquiesça de la tête. Puis elle sembla remarquer quelque chose.

– Sean… Tu n’as plus ton bracelet… constata-t-elle, sans avoir la moindre trace de reproche dans la voix.

Sean secoua la tête.

– Si. Quand je suis sorti, je n’ai pas voulu prendre de risques… il est dans un livre, chez moi.

Il était d’ailleurs soulagé d’y avoir pensé. Perdre le bracelet… Célia respira alors profondément, soulagée aussi, et se redressa.

– J’ai eu peur. J’avoue que je ne pourrais pas t’en faire un autre avant un moment, rit-elle. D’ailleurs, j’ai hâte de retrouver mon roux, ce brun est déprimant. Et je dois remettre mon rubis. J’ai dû l’enlever pour ne pas me faire remarquer en ville, mais son poids me manque.

Elle s’étira et finalement, s’assit sur le bord du lit avant de se lever et commencer à ramasser ses vêtements éparpillés un peu partout. Elle réalisa alors quelque chose.

– Sean, dans la chambre à côté, il reste des vêtements de Nathan… Je crois que tu vas en avoir besoin. Je te ramène quelque chose. Genre noir et sans fioriture ?
– Et pas ajusté.

Ignorer la friction quand il était avec Célia, pas de soucis. Quand c’était avec un vêtement agaçant, non. Elle revint un moment plus tard avec une chemise ample noire, à la coupe simple mais moderne, un pull gris au col roulé ainsi que deux pantalons, un jean et un pantalon à la coupe plus ample. Une paire de chaussures de cuir. Et surtout, elle portait son collier.

– Tu as de la chance, Nathan a toujours eu des vêtements Shaïness ici. A Trapeglace, tu aurais dû te contenter de la mode Elam Evir. Ça ira ce que je t’ai ramené ? Je ne suis même pas sûre que tu aies la même pointure que mon frère et tout a plus de trois ans. Il était plus mince à 14 ans… J’ai essayé de prendre ce qu’il y avait de plus grand.

Sean secoua la tête.

– Ça fera bien l’affaire le temps que j’achète des affaires à Endrogèn.

Il l’attira à lui, la faisant tomber sur le lit pour caresser bientôt le rubis du bout des doigts.

– Ce n’est pas comme si j’avais l’intention de rester souvent habillé…
– Oui, mais dans un transporteur de voyageurs, ne pas porter de vêtements, ça fait mauvais genre, mon cœur, dit-elle en papillonnant des yeux.
– C’est bien ce que je dis, en rit-il. Juste pour une fois, ça suffira. Sauf le pull, un col roulé, merci mais non.

Pas ajusté, il avait dit. Un col roulé, faites confiance à un Elam Evir pour choisir le pire de la mode Shaïness…

– Désolée, comme il commence à faire froid dehors, surtout de nuit, je me suis dit que ça ne serait pas superflu. Et il n’y avait que ça ou un manteau de soirée. A toi de voir.

Le fait qu’elle était toujours sous Sean allongée sur le lit ne semblait pas la déranger le moins du monde.

– Ou alors, je reste en chemise et tu me tiens chaud, proposa-t-il, lui caressant le flanc.

Célestes ce qu’elle lui avait manqué. Sa comparaison à une drogue était encore plus flagrante en la retrouvant après une séparation, il ne savait plus garder ses mains loin de sa peau. Célia revint l’embrasser, comme à chaque fois qu’elle en avait l’occasion, tout aussi accroc à son Shaïness que lui d’elle. Ça allait être fusionnel, ces vacances si ça commençait comme ça… Elle leva un sourcil.

– Tu ne veux pas non plus que je me glisse en dessous, histoire d’être sûr ?

C’est alors qu’ils entendirent le raclement d’une gorge venant de la porte de la pièce. Dans l’encadrement, Atsuhiko Genzo venait d’arriver pour les derniers soins. Et si Célia s’était rhabillée, ce n’est pas vraiment le cas de Sean. Mais il avait l’excuse d’être le convalescent de cette histoire. Il embrassa doucement Célia et la laissa quitter le lit pour recevoir ses soins, lui donnant le numéro de téléphone d’une chaîne d’hôtel de luxe dans une station de montagne qui serait bientôt recouverte de neige. Genzo lui donnait quelques derniers conseils – comme le fait de se ménager encore un jour ou deux qui resterait lettre morte, le médecin en avait conscience – quand Célia réapparut avec une petite note en main.

– Alors, j’ai réservé un chalet avec une très jolie vue, d’après les conseils du réceptionniste. Ils nous attendent à partir de demain soir.

Elle eut un sourire en tranche de courge pour Genzo.

– Vous voyez, notre malade va pouvoir se la couler douce pour une vraie convalescence.

Le regard bridé et noir de l’homme assez âgé pour être le père des deux Nobles face à lui resta impassible mais le Ven’Sakuraï soupira quand même avant de saluer la jeune femme d’un léger baise-main.

– Au moins, tu fais plaisir à voir, Célia. J’en suis heureux. Si tu as à nouveau besoin de moi, n’hésite pas.

Et il sortit, toujours mesuré et discret. Comme un vrai Ven’Sakuraï. Sean sourit en tendant la main vers la belle rousse.

– Tu disais ? Chalet, vue…

Le médecin ? Oui, oui, le médecin. Mais il était parti, le médecin.

Le lendemain, ils s’envolaient donc pour Endrogèn et, malgré le fait que Sean essayait de faire comme s’il était presque prêt à allez courir un marathon, il dormit quasi tout au long de leur vol de plusieurs heures. Célia veilla sur son sommeil, lui offrant souvent son épaule en guise d’oreiller, ou bien tenant sa main pour d’interminables caresses du pouce sur sa peau. Elle profita de ce temps pour écrire une longue lettre à Nathan et le prévenir de cette escapade. Elle ne doutait pas que leur mère se ferait un gigantesque film romantique en l’apprenant, mais Célia, cette fois, trouvait cette idée très amusante. Parce qu’elle avait son Sean endormi juste à côté d’elle. En fait, ils n’en avaient pas conscience, mais de nombreux passagers les prirent pour un jeune couple en lune de miel, ou bien partant pour une retraite méritée alors que l’homme endormi sans cheveux ni sourcils avait quand même de sérieux airs de grand malade. Si peu conscience que Célia ne comprit pas pourquoi une gentille dame un peu voûtée par l’âge, la félicitait alors que tout le monde descendait du transporteur. Sean ne valut pas mieux, absorbé par l’observation du paysage encore automnal de la montagne. Phoenix était une mégalopole où les saisons se ressemblaient toutes un peu. Mais ici, c’était différent.

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4 Comments

  1. Eh bien, je ne suis peut-être pas encore bien réveillée mais… je n’ai pas trouvé de faute ! Bravo ! 😀

    Je plussoie, Théodor est fabuleux sur cette illu ! J’adore.
    Et puis j’aime bien aussi l’idée qu’on va aller visiter Endrogèn, je n’ai jamais trop exploré le pays Elam Evir !
    Ils s’en sortent bien, les deux tourtereaux, ils gagnent des vacances. 😉

    • Vyrhelle

      27 juin 2016 at 11 h 48 min

      Yeah ! Je savais que je finirais par avoir un chapitre sans faute \0/… maintenant, récidiver, ça serait cool !
      Sinon, oui, un peu de choses positives, c’est quand même nécessaire parfois. Vu ce qui attend nos deux têtes brûlées d’ici quelques temps, valait mieux les bichonner un peu. Sadique ? Oui, et ?
      Quant à Théodor, j’en suis très fière ! Il a la parfaite tête de l’emploi *3* ( oh, je viens de remarquer que j’avais oublié de faire sa chevalière de Duc ! Faut que je corrige ça )

  2. Théodor est MAGNIFIQUE!!! J’adore!!!

    • Vyrhelle

      27 juin 2016 at 1 h 57 min

      Je l’ai plutôt bien réussi malgré mon envie furieuse de piquer du nez quand je l’ai fait XD

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