Le temps d'un tango

Fanfiction par V. Gomez et A. Conroy

Partie II : Le Front des souffrances

18 janvier 978

Le Front des Immortels. Cette chaîne de montagnes qui marquait la frontière entre le Sud de Fardenmor et le Nord-Est de Kadam Hel avait très certainement porté un autre nom, en d’autres temps. Mais après 978 années de guerre, depuis la cission entre les deux royaumes qui avait marqué la naissance de Fardenmor, avec l’avènement du Phénix, son leader devenu roi au masque d’or, plus aucun Fardenmorien ni aucun Hélian n’était capable de le citer. Ces monts enneigés, alignés comme une colonne vertébrale de roche, avait été un obstacle naturel qui avait certainement sauvé le jeune royaume “Quérulent” durant les premières années de guerre mais avait ensuite littéralement enlisé le conflit en son sein, durant des années, des décennies, des siècles… A présent, plus aucun de ses sentiers, plus aucune de ses cluses et de ses ravins, plus aucune de ses vallées encaissées ou plateaux venteux, n’avait été épargnés par la violence des combats entre les Quérulents et les fidèles de la Stellaire. La chaîne entière avait bu le sang de tellement de combattants que personne ne pouvait les dénombrer. Pas même les estimer. Peut-être était-ce pour cela que le paysage du Front n’était jamais beau, rarement ensoleillé. Son aspect le plus habituel en était sinistre et froid, humide et déprimant quelque fut la saison. En tout cas, ce n’est pas Célia qui aurait pu dire le contraire quand qu’elle descendit du transporteur militaire qui l’avait conduite jusqu’au camp d’hiver. Ses maigres affaires dans un sac à la main, son fusil dans son étui sur l’épaule, elle leva le nez vers les nuages gris qui cachaient en grande partie les sommets qui auraient dû être blancs de neige à la fin du mois de janvier. Même les forêts environnantes étaient noires, les valons d’un brun sombre d’humidité et les quelques tâches de neige visibles au loin ne parvenaient pas à contrebalancer tout ce gris. Quand au camp lui-même, ce n’était même pas la peine d’en parler. Célia n’avait pas fait deux pas qu’elle pataugeait déjà dans une boue gluante et omniprésente, aussi bien entre les tentes provisoires qu’entre les bâtiments de pierre du vieux fort plus en retrait. Un lieu et un paysage à l’image de son moral.

Elle mit une bonne minute à bouger, de s’être faite d’ailleurs bousculée par un soldat qui allait prendre son poste avec pas beaucoup plus d’enthousiasme qu’elle. Elle ne savait même pas par où commencer ses recherches. Elle s’enfonça quand même dans les allées de terre détrempée pour essayer de trouver quelqu’un pouvant la renseigner. Après un baraquement de bois qui servait peut-être de réfectoire, elle croisa un petit groupe de Khyans en uniforme qui essayaient de tromper l’ennui en discutant autour d’un brasero à la flamme timide. Ils la renseignèrent après quelques plaisanteries douteuses qui leur avaient valu de voir que l’Elam Evir était Noble, armée et pas d’humeur. Célia força alors l’allure pour quitter le camp principal et rallier le camp du Général Brice Eddard Elam Evir où elle espérait retrouver Frédéric.

Halte ! l’interpella un garde alors qu’elle approchait enfin du but. Qui êtes-vous et que venez-vous faire ici ?
Je suis le Commandeur Déchu Cordélia Amaris Elam Evir, soeur du Baron Avonis, énonça-t-elle en cachant la répulsion qu’elle avait à énumérer ces prénoms, titres et autres fioritures nobiliaires. Je viens voir un certain Frédéric.

A son intonation, difficile de savoir si c’était une bonne ou une mauvaise chose pour Frédéric de se retrouver face à cette Haut-Noble, et Célia de ne rien faire pour se montrer plus avenante : ça faisait deux heures qu’elle pataugeait dans la boue pour rejoindre ce cantonnement à l’écart du camp principal, quand elle était déjà sur le Front contre son gré. Elle n’était donc pas plus encline à se montrer diplomate ou conciliante que lorsqu’elle était descendue du transporteur. Le tout souligné par la tenue de chasse sombre pour laquelle elle avait abandonné ses vêtements habituels et qui lui donnait un air assez martial. Le soldat en haussa un sourcil.

Frédéric, hein ?

Il lui fit signe d’attendre et envoya un gamin prévenir les Aigles, nom que l’on donnait, sans grande originalité, aux membres de l’unité d’Eagle. Quand le gamin revint, il était accompagné.

Célia ! Mais qu’est-ce que tu viens te les geler ici ? C’est bon, Val, je la connais, rassura un Fred souriant.

L’Elam Evir laissa le dénommé Val retourner à sa garde et le gamin s’éloigner avant de s’approcher de son ami devenu soldat, mettant à profit ce petit laps de temps pour éviter de commencer sa salutation par une réplique cinglante.

Salut Frédéric. Tu as l’air d’aller bien et d’avoir réussi à obtenir ce que tu voulais.

Non, elle savait aussi se montrer polie avec les amis et ne pas de suite leur sauter à la gorge, malgré son envie grandiose de tourner les talons. Du coup, Frédéric était un vrai contraste vivant avec elle, aussi jovial qu’à son habitude.

Ouaip, et c’est fun. Mais et toi ? Tu n’es pas avec ton lover-boy ?

S’il voulait voir le visage de Célia, déjà pas très enjoué, se fermer en temps réel, il ne pouvait pas mieux s’y prendre.

Il a dû rester à Phoenix. Si je suis venue, c’est à propos d’une affaire qui me concerne. Y’aurait un endroit où on pourrait parler sans oreilles qui traînent ?
Oui, répondit-il avec plus de sérieux. Mais tu passes juste chercher l’info ou tu restes ? Parce que si c’est le cas, va falloir aller voir quelqu’un. Mon capitaine ou mon Colonel selon la situation.

Célia se gratta la tempe.

Justement, j’en sais encore trop rien. Disons qu’il y a de grandes chances que je reste quelques temps, même si ça ne m’enchante pas. Si tu te souviens de la conversation qu’on a eue sur tes motivations à venir dans une section de sniper, et bien disons que mes propres motivations m’ont finalement bien amenée à venir faire un tour du côté du Front.
Ooook, donc tu fouines dans les affaires du Front pour trouver une piste ou un gars. Donc je ne t’emmène PAS voir mon Capitaine. Viens, mais je te préviens, mon Colonel ? Deale avec lui comme avec un gamin hyperactif shooté au sucre.

Et avant qu’elle ne puisse fuir, il la guida sur les chemins boueux du camp et l’emmena voir Exclésiasth.

Ledit Exclésiasth était actuellement devant sa tente, penché sur ce qui devait être un chien. Probablement. Sans doute. Mais un colonel ne jouait pas dans la boue avec un chien… si ?

AhAAAH je te tiens, vile créatuuuuuure ! clamait l’officier qui tenait et retenait le chien qui bâilla férocement. Je t’ai interdit de manger mes chaussettes et là, tu m’en as piqué au moins trois !! Pas de la même fratrie en plus !!

Il se releva en tenant toujours le chien par son collier. L’homme devait avoir une vingtaine d’années, à tout casser. Grand, des épaules larges présageant une carrure assez massive dans quelques années, il portait une seule chaussette, sans chaussures ni bottes, un pantalon boueux et une chemise en mauvais état. Avec des cheveux ondulés noirs, retenus théoriquement par un lien de cuir qui en laissait s’échapper la moitié, il avait sur la joue une grande trace d’encre et de terre. Pas vraiment l’image qu’on se faisait d’un Colonel sur le Front.

Tu devrais avoir honte. Oh ? Freeedéric, tu es venu me dire que tu en as marre de ton Capitaine qui gueule fort ?
Non, rit le concerné. Colonel, je vous présente Cordélia, une amie avec qui j’ai passé mon diplôme. Elle devient… agent de liaison, entre le Front et l’arrière et…
– … et vous pouvez m’appeler Célia, dit-elle aussitôt qu’elle eut la parole avec un regard très explicite vers Frédéric.

Exclésiasth cligna des yeux et lâcha son chien, qui coula sur le sol, bâilla, et se rendormit.

Aham. Heu… une minute, vous voulez bien ? GAAAAREEEEEEEETH !!! SAM A BOUFFÉ MES CHAUSSEEEETTES, J’EN AI PLUUUUUUUS !!

Un jeune Shaïness, pas beaucoup plus âgé qu’Exclésiasth, sortit de la tente avec une attitude beaucoup plus mesurée et normale.

Si vous ne les laissiez pas traîner, aussi…

Hormis son uniforme réglementaire qui ne le distinguait pas spécialement des autres soldats et un physique assez passe-partout, il avait les cheveux bruns aux reflets étranges et des lignes fines sur le visage qu’on ne voyait que de très près, ce qui le rendait, par contre, bien plus remarquable.

… Vous aviez caché du bacon dedans et vous vous étonnez qu’il les mange ?

Frédéric adressa un sourire d’excuses à Célia. Si, si, je te jure que c’est mieux que d’être allés voir mon Capitaine ! Célia ne sut pas trop comment réagir. Elle était à la fois perplexe des attitudes de ces soldats et plutôt soulagée de ne pas avoir à faire à des gros bras qui se prenaient pour les sauveurs du monde. Elle se pencha un peu vers Frédéric sans quitter ledit Colonel des yeux.

Je peux vraiment dire exactement pourquoi je suis là, à ce gars-là ?
Oui. Il joue au gamin mais tu peux lui faire confiance, c’est promis, ajouta-t-il en chuchotant.

Face à eux, Exclésiasth était en train de s’outrer devant les accusations injustes de Gareth.

Mais si je planque le bacon dans mes papiers, il les bouffe aussi !! Il le trouve TOUJOURS !!

Il donna un petit coup de poing dans sa paume.

Je sais, je vais le cacher dans tes chaussettes à toi.
NON !! coupa Gareth.
Maiiiiiiis.

Le colonel se chamailla encore un peu avec le dénommé Gareth et se retrouva quand même avec des chaussettes, des bottes, une chemise correcte et sa veste, avec même les galons qui allaient avec, un pantalon propre. Et râla.

Rhaaa j’vais pas porter tout ça quand même !!
Vous avez rendez-vous avec le général Brice.
Moi ? T’es sûr ?
Voyons “sois dans mon bureau cet après midi sans faute ou je te colle au trou moi-même”, ça me semble pourtant clair.

Exclésiasth soupira et grommela, mais en revint enfin à Frédéric et Célia.

J’te jure, ça sert à rien, elle était parfaite ma stratégie, et c’pas ma faute si ce connard de Vance est tombé sur un os. Et trouve-moi à mangeeeeer ! Bon ! Et sinon, ravi, miss… Cordélia, c’est ça ? Bienvenue, tout ça, mais redites-moi ce que vous faites là ? Vous vous êtes engagée ?
Célia… dit-elle d’un ton neutre, avant de se mettre à parler quasiment d’une traite, sentant les limites de sa patience avoir été atteintes. Mon père a été assassiné il y a un peu plus de deux ans et l’une des pistes possibles pour retrouver le coupable m’emmène du côté de l’armée pour enquêter et essayer de récolter plus d’informations. J’ai besoin de savoir comment je peux concilier cette recherche et le fait que je ne suis pas une combattante. J’étais venue voir Frédéric pour qu’il m’aide à trouver une solution et il m’a amenée vers vous. Et non, je ne suis pas engagée.

Exclésiasth cligna des yeux, un peu surpris quand même.

Aham… tout ça ? Heu… ben… vous savez faire quoi ? Non parce que, on ne reste pas comme ça sur les lignes, hein. Alors que vous meniez votre petite enquête ? Ok, mais pas au détriment des batailles à venir.

Célia se sentait comme si elle avait été punie par un Magister de l’Académie et devait se justifier devant le Magister Suprême. Un grand moment de bonheur.

Je sais tirer, fabriquer mes propres munitions, je suis bonne en mécanique, je sais conduire à peu près tout ce qui a un moteur et je suis nulle en cuisine.

Le fait qu’elle était Haut-Noble, ça, elle l’oublia. Il lui avait demandé ce qu’elle savait faire, pas ce qu’elle était. Quand aux leçons de combat de Sean, autant les oublier pour ne pas donner envie à cette montagne As’Corvaz de l’envoyer se battre sur les lignes. Exclésiasth jeta un coup d’œil à Frédéric.

Tiens, ça m’en rappelle un autre, sauf que lui sait cuisiner. Autre chose ? Il n’y a rien là-dedans qui me permette de vous laisser crapahuter sur le Front en toute liberté.

Célia faisait un peu sa mauvaise tête et en même temps, il fallait bien qu’elle puisse trouver de quoi avancer… Alors elle ôta l’étui qu’elle avait dans le dos et que Frédéric ne pouvait que reconnaître. Elle en sortit son fusil customisé.

Je vous l’ai dit, je sais tirer, dit-elle agacée. Vous voulez que je vous montre ? Donne-moi une cible.

Exclésiasth haussa les épaules.

Si c’est pour tirer, allez voir Eagle, pas moi. Mais faudra vous engager.

Il leva les bras au ciel.

Rhoooooo, mais c’est pas dur, quand même !! “Je suis Haut-Noble et j’ai mes affaires à voir sur le Front, je peux vous aider mais je garde ma liberté de mouvement”, continua-t-il en prenant une voix aiguë et en minaudant. VOILA ! C’est ce que je voulais entendre, dit-il avec une voix normale. Vraiment ? minauda-t-il. Mais oui, ma chère, vraiment.

Célia baissa les yeux, remit lentement son fusil dans son étui, qu’elle replaça ensuite sur son épaule et elle fit demi-tour.

Bonne journée, messire, pardon de vous avoir fait perdre votre temps. A l’évidence, je n’ai rien à faire ici.

Elle se mit à marche pour quitter l’endroit. Exclésiasth mit la main en porte-voix devant la bouche pour lui crier après :

Les repas, par contre, c’est heure fixe au mess et trouvez-vous une tente !! Ah, et j’veux un minimum d’emploi du temps quand même !!

Il se tourna vers Gareth.

Mais pourquoi elle est fâchée ?

Pas très sûr de savoir comment rattraper le coup, Frédéric rejoignit Célia en quelques pas de course.

Je te jure qu’il n’est pas idiot. Il agit juste en tant que tel, essaya-t-il de convaincre l’Elam Evir.

Elle mit quand même le temps d’encore quelques pas avant de s’arrêter sans se retourner.

De toute façon, je n’ai pas vraiment le choix, dit-elle dans un demi-murmure.

Elle tourna un visage peu radieux vers Frédéric.

Mais si je m’écoutais, je serai déjà très loin d’ici.
Oh, tu n’es pas la seule, la rassura-t-il. Maintenant, tu as le choix : je te trouve une place près de l’intendance dans une tente des femmes ouuu je te colle dans la tente des filles des Aigles. La première, on te fichera la paix. La seconde, t’as plus de place et toutes les nanas sont des passionnées de tir. La conversation sera sûrement plus intéressante…
M’en fous, répondit-elle avait un haussement d’épaule digne d’une adolescente en pleine rébellion.
Alors la tente des filles, sinon tu vas tuer une cantinière, décida-t-il au vu de l’humeur de Célia.

Ce qui voulait dire prévenir Eagle… ooou le mettre devant le fait accompli quand il s’en rendrait compte. Célia regarda enfin du côté de Frédéric avec un air désolé.

Je te suis.
Ça va aller, Célia, lui sourit-il en serrant une main sur son épaule.

Du coup, il la conduisit directement jusqu’aux tentes des Aigles et toqua au montant de l’une des plus petites, mais qui avait le mérite d’être sur un plancher surélevé qui l’isolait du froid et de l’humidité omniprésents sur le camp.

Ouais ?
Hey, Leslie, je te présente Célia, elle va rester un peu sur le camp…
Et tu la colles ici et pas ailleurs parce queee ? demanda la Noble, assez grande, aux cheveux blonds essayant d’échapper à son chignon pour boucler tout leur content.
Parce qu’elle a passé le concours de Zelk avec moi ? Tu sais, ma pote qui le fait au fusil ?
Bienvenuuuue ! cria presque Leslie, les bras ouverts.

C’eut le mérite de ramener un sourire sur le visage de l’Elam Evir. Elle salua la jeune femme d’un signe de tête et jeta un œil sur l’intérieur de la tente. La décoration y était plus que spartiate, l’équipement rudimentaire et il n’y avait rien de visible pour dire qu’il n’y avait que des femmes qui l’occupaient. Elle n’était même pas particulièrement bien rangée et le gris-vert sombre y était omniprésent.

J’espère que je ne vous embête pas, Leslie. Je n’y connais absolument rien à l’armée, si je fais une bêtise, vous n’aurez qu’à me le dire.
Première grosse, grosse erreur : on arrête immédiatement le vouvoiement ! rit-elle. Viens, je vais te montrer l’essentiel, pose tes affaires sur ce lit, on virera le bordel que les filles ont laissé dessus tout à l’heure.

Elle lui montra où manger, où trouver les bassines pour se laver et, surtout, l’armurerie. Important, ça, l’armurerie ! Célia suivit et écouta sans se montrer très loquace. Ce qui ne lui ressemblait pas beaucoup, sauf qu’en temps normal, fallait-il encore le préciser, elle n’aurait jamais mis les pieds sur le Front pour tout l’or du monde. Toutefois, l’armurerie réveilla un peu sa curiosité. Elle se mit à observer les armes à disposition sans s’y attarder et surtout examiner les munitions. Elle n’aurait pas besoin des premières, par contre très certainement des secondes puisqu’elle n’échapperait pas à quelques missions, quoi qu’elle en pense. En retournant à la tente, abandonnant ses chaussures maculées de boue à l’entrée, Célia fit la connaissance des autres filles des Aigles : la Synarque Mia Shaïness, la Commandeur Ailée Qi Lin Ven’Sakuraï et son Incarna Xan l’accompagnant partout comme une jumelle siamoise. Parler de Zelk lui gagna leur sympathie. Sortir son bébé d’amour les fit sourire et, bientôt, chaque fille avait sorti son arme personnelle et comparait pièces et customisation. Au moins, Célia se sentait moins en décalage avec ces nouvelles connaissances qu’avec le reste du camp dont elle essayait d’oublier l’existence. Mais quand elle se mit à repenser à Sean, elle prit aussitôt l’initiative de lancer une conversation. N’importe laquelle ferait l’affaire.

Et euh… les missions que l’on va avoir, c’est de quel genre ? demanda-t-elle soudain alors qu’on ne l’avait plus entendue depuis un bon quart d’heure.
Ça varie, répondit Leslie.

L’As’Corvaz était Commandeur Déchu, comme Célia, et maniait deux armes de poings qu’elle était en train de nettoyer.

Il y a quelques années, on avait un Colonel complètement con. Mais le nouveau, il est peut-être immature, mais sur un champ de bataille… il faut voir les plans qu’il nous sort. Souvent, il place un ou deux Aigles à des positions stratégiques pour abattre des snipers adverses ou des officiers. On fait aussi pas mal d’assassinats, des personnalités Hélianes surtout. Politiques ou militaires.

Célia resta silencieuse pendant un instant, alors qu’elle nettoyait son fusil au moins pour la troisième fois alors qu’il n’en avait pas eu besoin dès la première.

Des assassinats, répéta-t-elle à mi-voix.

Elle se traita d’idiote de ne pas y avoir pensé plus tôt. Qu’espérait-elle ? Qu’elle serait dans l’armée avec une arme et qu’elle abattrait des cerfs de combats et des pigeons kamikazes ? Qi Lin hocha la tête.

Ah, c’est la particularité de l’unité. Tu n’as jamais tué, Célia ? demanda-t-elle directement.

Célia leva un air pas très mature, avec une bouche en biais.

Tu parles bien d’êtres ayant moins de quatre pattes et aucune aile, je suppose, hein ? Dans ce cas, non. Je tirais pour la chasse principalement, parfois pour le sport comme certains disent, mais surtout pour le plaisir. Mais il va bien falloir que je m’y mette…

Elle n’avait pas vraiment le choix, vu que le but final de tout, c’était peut-être, voire très certainement d’abattre un homme. Et encore plus certainement plusieurs… En tout cas, les filles autour d’elle avaient toutes une opinion bien  marquée sur la question.

Ça vient tout seul, lui assura Mia avant de faire jouer ses doigts sur la seule mèche rouge de ses courts cheveux noirs dans un geste machinal.
Le plus facile, c’est de devoir te défendre, la première fois, soupira Leslie.
De toute façon, c’est eux ou toi, conclut Qi Lin. Au premier, tu sais si tu pourras recommencer ou non.

Célia ne se sentit pas vraiment rassurée par ses affirmations, alors qu’elle regardait tour à tour toutes ces femmes qui tuaient sans visiblement en ressentir de remords. Elle déposa son fusil dans son étui et se passa les mains sur son visage pour les perdre dans sa chevelure lâche.

Mais qu’est-ce que tu fais là, Célia ? pensa-t-elle en fermant les yeux. Qu’est-ce que tu fais là ?

Les filles respectèrent son silence et son malaise. Elles, elles avaient toutes choisi leurs voies depuis longtemps mais elles comprenaient très bien le conflit de la nouvelle venue. Célia se retrouva bientôt seule, mais Xan, l’Incarna de Qi Lin, passa près d’elle avant de sortir.

Célia ? Regrets et remords, ce n’est pas la même chose, dit-elle avant de partir elle aussi.

Célia l’observa s’éloigner puis retourna à ses pensées. Elle n’avait qu’un seul regret à avoir : celui de ne pas enquêter. Des remords ? Elle craignait justement d’en avoir, à accomplir des assassinats, des meurtres dans des missions auxquelles elle n’avait pas eu l’intention de participer. On ne lui laissait juste pas le choix si elle restait trop longtemps. Alors il ne lui restait qu’une solution : remonter la piste de la moto militaire au plus vite et quitter cet endroit avant d’avoir justement des remords. Mais par où commencer ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Et c’était bien ça le nœud du problème. Comment agir vite quand on ne sait pas quoi faire ? Elle s’allongea sur le lit de camp qu’on lui avait attribué, tira la couverture sur elle et elle s’y recroquevilla sans même se déshabiller. Elle passa les doigts sur son rubis, caché sous ses vêtements.

Sean, je n’y arriverai pas… Je veux m’en aller…

LOGO PHOENIX copie

Heureusement pour Célia, elle avait sur le Front un ami qui ne connaissait que très peu le sens du mot “défaitisme”.

Hey, Célia, t’es encore là-dedans ? Ça va être l’heure de manger, pis après j’ai un peu de temps alors faut voir pour ton histoire, si je sais pas ce que tu cherches ça va être plus compliqué. Tu viens ?

Le long silence qui lui répondit était très prometteur…

Hey, Célia ? Célia, tu dors pas déjà, quand même ? Oh, Cordéliaaaa ? Cordyyyy, j’ai faim !
Va chier, Frédéric ! lui répondit une voix étouffée par l’épaisseur d’une couverture.

Frédéric ricana.

Donc tu dors pas. Allez, il fait faim, et si on traîne, crois-moi, dans “lard-patates”, on n’aura que les patates. Alleeez, Célia, bouge !

Puisque qui en avait été question plutôt dans la soirée, Célia dut avouer qu’à ce moment précis, elle eut un regret : ne pas avoir une arme à portée de main. Ce qui fut une bonne chose pour la survie de Frédéric, pour son rythme cardiaque en tout cas. Et forte de ce constat, Célia dut se résigner à bouger, sinon elle ne s’en débarrasserait pas. C’est qu’elle commençait à le connaître le bestiau.

Ça va, j’arrive, maugréa-t-elle en quittant son lit.

Elle se retrouva devant Frédéric avec une mine affreuse. Des yeux rouges, le teint d’une couleur approchante et les cheveux en bataille. Frédéric siffla.

– Hé bah… c’est un peu tôt pour le mal du pays, beauté. Allez, renifle un bon coup. Manger, ça aide. Et ensuite, tu me diras précisément ce que tu cherches, que je t’aide quand même.

Célia opina en reniflant de manière pas très élégante. Elle eut un tout début de sourire. Elle adorait Frédéric et il venait une fois de plus de lui rappeler pourquoi.

C’est bon ce qu’ils servent, au moins ?
Elle est bonne celle-là, tiens, ricana-t-il à nouveau. Non, Célia, ce n’est pas bon. C’est nourrissant, ça tient au corps, ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas “bon”.

Elle soupira. Hormis quelques essais culinaires Seanesques, elle revenait de trois mois de restaurants et cuisines raffinées… Ça allait faire un changement assez brutal. Mais en l’occurrence, elle se rendait compte qu’elle avait faim et que vu son état, elle n’allait pas être regardante. Ils se retrouvèrent bientôt devant leurs assiettes et celle qui s’était résignée à manger sans espérer apprécier, ne fut pas trop déçue.

Ouais, ça tient au corps…
Ce n’est pas comme si tu ne pouvais pas te le permettre. Tu es toujours aussi sculpturale, beauté. Bon, par contre, les cheveux, ils ont morflé, tu as fait quoi, un shampoing à l’acide ?

Elle leva les yeux pour regarder une mèche de son front.

Non, ils sont juste pas coiffés. Oui, je sais, c’est assez effrayant quand on a pas l’habitude. Un lavage, un coup de brosse et ça ira mieux.

Frédéric remua ses cheveux courts.

Oh, oui, pareil ! minauda-t-il. Tu veux qu’on se fasse des nattes ?

Il finit le nez dans sa fourchette à cause de la chiquenaude dont Célia le gratifia à l’arrière du crâne.

Estime-toi heureux que je le fasse pas à la mode Haut-Noble, andouille.

Mais au moins, elle souriait enfin. Frédéric ricana.

Ah, parce que là, c’était pas fort ?

Le sourire de la jeune femme fut proche du rire et Frédéric commençait enfin à faire ressortir la Célia de la ferme.

Non, et tu le sais très bien.

Frédéric papillonna des yeux.

Moi ? Mais quand aurais-je eu l’occasion de me prendre des taloches de ta part ? Je suis tellement sageee ?
Visiblement, ça t’a manqué, parce que si tu continues, tu vas en avoir une autre.

Frédéric glissa une main contre son propre cou, menton relevé.

Oh oui frappe-moiiii.

Cette fois, Célia pouffa, manquant de recracher les pommes de terre qu’elle venait de mettre en bouche. Puis elle lui tapa dans l’épaule.

T’es con, Fred !

Frédéric leva les bras au ciel.

Miracle ! Après presque deux ans, je suis passé de Freideriche arh à Fred ! Woohoo, un surnom !

Réalisant alors à quel point elle allait mieux, Célia lui adressa un large sourire.

Et tu peux pas savoir à quel point je suis heureuse que tu sois là…

Son expression à lui se fit plus douce.

Ça fait du bien de te voir un peu.

Célia redevint plus sérieuse, mais restait souriante, et ça, c’était une belle victoire à mettre au bénéfice du Khyan.

J’aurai dû prendre des nouvelles plus tôt. Ce n’était pas très sympa de ma part, dit-elle en regardant son assiette. Pour ma défense, les derniers mois ont été plutôt chargés. Et toi ? Comment tu t’en es sorti depuis le diplôme ?

Frédéric sourit.

Pas trop mal, j’ai empêché Sean de se noyer, après j’suis arrivé ici, j’ai convaincu Eagle de m’engager, et depuis, c’est cool.

Célia ouvrit des yeux énormes.

Comment ça, tu as empêché Sean de se noyer ?!

Frédéric écarquilla les yeux. Ohoh.

Il… t’a pas dit ? Non, mais c’était rien, parce que l’assassin s’est raté, en fait !
L’assassin ?! dit-elle encore plus sidérée et blême.

Frédéric grimaça.

S’il t’a rien dit sur le Mille-Visages, moi, je dis plus rien !

Voilà, Sean, cadeau. Célia s’accouda à la table et planta ses mains devant sa bouche. Elle soupira profondément.

Il a failli se faire tuer dans l’explosion d’une chambre froide renforcée en métal lunaire… dans laquelle il était enfermé…

Elle tourna des yeux hantés vers Frédéric.

Et maintenant, je sais que ce n’était vraiment pas un “incident” isolé… et je dois rester ici avant que les preuves que je cherche disparaissent ? … Alors qu’il est… en danger ?

Frédéric lui prit la main.

Hey, Célia, regarde-moi. Il n’est pas handicapé, ton homme. Et maintenant, il est sur ses gardes.

Elle rejeta le contact d’un geste d’humeur vif et nerveux.

Mon père non plus n’était pas handicapé et sur ses gardes… siffla-t-elle avec une colère nouvelle, alimentée par sa peur et son impuissance.

Frédéric soupira. Félicitations, Fred, elle souriAIT.

Célia, tu ne peux pas rester derrière lui et lui tenir la main tout le temps.

Célia baissa la tête et repoussa son assiette à moitié entamée.

– … Non, je ne peux pas. Pourquoi crois-tu que je suis ici et pas à Phoenix alors que je rêve de sauter dans le premier transporteur venu pour le retrouver ?

Elle appuya son front sur sa main, son coude sur la table.

Je suis ici parce que je cherche le meurtrier de mon père… Je ne veux pas me retrouver à chercher celui de Sean. Je ne le supporterai pas.
Célia, soupira le soldat, avec cette mentalité, tu vas sursauter à des ombres. Sean est capable de se défendre. Il a son nom et sa Dynastie derrière lui. Hey, même son père ! C’est un con mais un héritier, il n’en a qu’un.

Elle mit un temps conséquent à ouvrir à nouveau la bouche après ça. Cherchant visiblement à se rassurer avec les paroles de Frédéric et le dernier argument était plutôt bon. Célia avait beau détester Théodor Moonshade, l’homme avait les moyens de protéger son fils. Enfin s’il ne le massacrait pas lui-même après le coup de l’escapade à Endrogèn… Au moins repenser à ce magnifique pied-de-nez eut le mérite de la calmer un peu.

Plus vite je règle ce pour quoi je suis ici, plus vite je pourrai retourner là-bas.
On en revient donc à ça : qu’est-ce que tu cherches ? Qui ? Quoi ? Est-ce qu’il va falloir flirter avec la légalité ?
N’en parlons pas ici, dit-elle en se levant. Je ne connais personne… Je n’ai pas confiance.

Une fois dehors, un peu à l’écart du camp lui-même, ils s’assirent sur le léger accotement rocheux d’un chemin peu utilisé, et quand Célia fut certaine qu’il n’y aurait pas de curieux, elle commença ses explications.

L’hiver dernier à quelques jours du Solstice, un homme s’est introduit dans la maison de ma famille à Trapeglace. Un assassin commandité que Sean a tué pour me défendre. Mais mort, on n’a jamais réussi à connaître son identité et donc remonter à son commanditaire. Hormis un petit détail que mon frère n’a découvert que récemment.

Célia se pencha un peu plus vers Frédéric et parla plus bas. Elle n’avait aucune envie qu’on l’entende et que les hypothétiques preuves qu’elle cherchait n’en viennent à disparaître. Si elle en devenait ridicule par excès de zèle, elle s’en fichait.

L’homme est arrivé en motoneige. Mais un modèle exclusivement militaire qu’on ne trouve pas dans le civil. Donc je suis venue ici pour remonter la piste de cette fameuse moto.

Célia sortit un papier plié qu’elle avait glissé dans la poche pectorale de son gilet de chasse.

J’ai le numéro de série du moteur et le modèle exact de l’engin. Reste à voir comment je peux la retrouver, alors que je n’y connais pas grand chose au système militaire. Elle sera peut-être enregistrée sur des registres d’intendance. Si c’est le cas, ça me donnera peut-être un nom de bataillon où elle était censée être utilisée. Bref, faut que je cherche une aiguille dans une motte de foin, en gros.
Pas si terrible, surtout pour une moto. Personne ne laisse un véhicule Shaïness disparaître, ils sont trop précieux sur le Front. Parce qu’en plus d’être très utiles, ils sont bien plus difficiles à se procurer qu’à Phoenix même, et donc rares. Il y a forcément quelque part un bon d’achat, une fiche d’attribution, un bon de perte… et rien que le fait que ce soit une motoneige, elles ne sont pas confiées à n’importe qui, et qu’une ait disparu, on a dû en parler. Je vais me renseigner.

Célia rangea son papier et soupira avant d’aspirer un grand bol d’air frais. Ça lui fit du bien.

Pendant ce temps, je vais essayer de me faire à cet endroit. J’ai vraiment peur de ce qui va me tomber sur le coin du nez, t’as pas idée.
En même temps, si tu apprends à t’endurcir, ce n’est pas plus mal, tenta de la rassurer Frédéric. Le jour où tu croiseras l’assassin de ton père, il faut que tu soies capable de tirer sur un être humain.
Je sais bien, dit-elle tout bas. Il faudra que j’apprenne à vivre avec ça après…
Vivre, c’est le mot. Ne laisse pas les morts te bouffer la vie. Ici, tu tues pour protéger, pour venger, pour que ceux qui ne peuvent pas le supporter n’aient pas à le faire. Pour que ton frère trouve une nana et se marie, pour que ta famille et tes amis soient a l’abri. Tu vois ?

Célia eut un léger sourire après l’allusion à son frère, qu’elle ne voyait pas du tout marié… Les arguments de Frédéric étaient bons, elle ne perdit pas ce sourire, léger mais présent.

Oui, je crois. Je pense qu’il faudra que je me le répète souvent, mais je peux faire ça pour ceux auxquels je tiens. Au moins, un temps.
Tu sauras très vite si tu as l’état d’esprit capable de faire la part des choses, dit-il avec un sourire qui répondait au sien. Si oui, tu pourras rester. Si non, soit tu auras le réflexe d’arrêter de toi même, soit je te mettrai un coup de pied aux fesses, promit il.

Il se retrouva avec une Célia qui lui prit le bras et posa sa tête sur son épaule.

Merci, Fred.
De rien.

Puis, plus gamin, il ajouta.

Tu vas voir, laisse-moi un mois, j’t’emballe !
Tu tiens vraiment à mourir jeune, toi, dit-elle sans bouger d’un pouce.

Il ricana.

Nan, j’vais finir vieux, ce serait dommage de rater l’occasion d’être un vieux râleur !

Il n’eut pas de réponse, mais une Elam Evir, Commandeur Déchu, sœur de Baron, héritière d’une des plus vieilles familles Fardenmorienne… qui venait de s’endormir sur son épaule. Fred rit à nouveau et la souleva dans ses bras, la ramenant à la tente pour l’allonger dans son lit, en se faisant la remarque à lui-même qu’elle ne pesait presque rien.

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19 janvier 978

Le réveil de Célia fut surprenant : première fois qu’elle se levait aux trompettes de l’appel. Un réveil brutal qui finit, grâce à un faux mouvement, sur le sol de la tente sans que la jolie rousse ne comprenne rien. Pour la noblesse, on repassera. Elle s’assit à même ce sol de bois en essayant de se rappeler où elle était et surtout ce qu’elle faisait là. Sa coupe de cheveux était intéressante en tout cas. Le fait qu’elle était juste en tunique courte aussi. Sans compter que le foulard à son cou avait bougé et ne cachait plus son rubis, seule chose raffinée et élégante dans l’aspect général de la jeune femme qui n’était pas du matin.

Debout Sunshine ! rit Mia. Je sais pas si tu veux te taper l’entraînement, mais si tu veux, tu es la bienvenue. On va aller tirer.

Célia secoua la tête en guise d’approbation. Dans tout cet inconnu, tirer était une variable qu’elle connaissait et qu’elle maîtrisait. Quelque chose de stable dans lequel elle pourrait se retrouver. C’est pour ça qu’elle ne mit pas longtemps à s’habiller, se faire une tête à peu près correcte et suivit les filles de la tente jusqu’à l’espace d’entraînement, fusil sur l’épaule, dague à la ceinture et munitions en besace. Sur place, Frédéric lui dit bonjour d’un sourire, les autres filles aussi, mais il y eut aussi un militaire qui ne souriait pas. Âgé d’une bonne quarantaine d’années, l’homme au physique noueux, à la chevelure courte d’un brun délavé et au visage taillé au couteau fixait Célia de ses yeux sombres.

Frédéric, pourquoi ton amie est-elle sur mon terrain d’entraînement ? grogna Eagle.
C’est la faute du Colonel Exclésiasth, m’sieur. Il a dit oui, couronna le Khyan, sans remords. Mais vous aurez pas à râler, on est de la même école.

Ça attira des regards appréciateurs sur Célia – et un ou deux incrédules.

Je vois. Mademoiselle, si une démonstration ne vous dérange pas… dit le Capitaine.

Heureusement que Célia avait eu le temps de se réveiller correctement pour s’exécuter sans risque de se ridiculiser. Elle aurait pu tricher avec Suprêmes Psychosens, un Art inné, hérité directement dans le sang par son père, et qui permettait de viser terriblement juste, mais ça n’aurait pas eu autant d’impact. Surtout quand elle avait toujours l’impression de tricher en l’utilisant. Alors la plupart du temps, elle en oubliait jusqu’au fait qu’elle le possédait. En particulier depuis son année chez Zelk. Elle se plaça donc, tira une stel de sa poche et réitéra le petit tour au fusil de son diplôme, dague comprise. Elle devait avouer qu’elle le faisait avec un naturel de plus en plus marqué. Quand la dague planta la stel dans le tronc d’un arbre non loin, elle reprit une position neutre et tourna la tête vers le capitaine Eagle.

Vous voulez voir autre chose ? demanda-t-elle sans la moindre trace d’arrogance, c’était une simple question.

Eagle secoua la tête.

Non, ça me suffit. Allez, bande de feignasses, cessez donc de bailler aux corneilles !

L’entraînement commença alors et Célia de vite admettre que cette partie de la vie militaire ne la dérangeait pas trop. Le tir, pas de souci, c’était son domaine. Les courses d’endurance, elle n’était pas contre non plus. Ça manquait de moteurs et de roue, il y avait toujours trop de boue, mais ça allait… Les combats par contre, c’était vraiment, mais alors vraiment pas son truc… Heureusement, Sean l’avait remise à niveau, parce que dès qu’Eagle constata l’étendue de ses lacunes dans ce domaine, il ne la lâcha plus. Elle voulait suivre son entraînement ? Elle allait devoir le faire en entier ! Surtout qu’avec ses capacités de tireuse, son Rang et son tempérament, elle avait un sacré potentiel que le Capitaine comptait bien exploiter ! Et comme Célia ne faisait pas sa mauvaise tête et le laissait faire, il avait bon espoir de la voir progresser rapidement. Après tout, l’Elam Evir savait quelles étaient ses lacunes et y pallier n’était pas une mauvaise chose. Il n’y avait que deux problèmes à ses yeux : elle aurait préféré passer ce temps à ses recherches, et devenir une tueuse n’était pas dans ses projets d’avenir. Une divergence de point vue entre elle et Eagle qui ne lui permit pas d’être très bien vue par pas mal de monde dans l’unité. Du coup, durant ses premiers jours parmi les Aigles, elle faisait de son mieux pour ravaler ses répliques habituelles et rester auprès de la seule personne qu’elle connaissait dans le coin, qui ne viendrait pas lui rappeler qu’elle n’était pas à sa place sur le Front, à savoir Frédéric. Surtout qu’elle attendait justement après les informations qu’il allait pouvoir glaner pour elle, à propos de cette fichue motoneige, pour espérer filer au plus vite. Motoneige qu’elle aurait volontiers envoyée dans les dents de Eagle, ce matin-là, si elle continuait à finir le nez dans la boue toutes les deux minutes ! Heureusement, avant qu’elle ne craque, Eagle passa à la partie agréable de l’entraînement et ils purent tirer tout leur saoul sur des cibles. Sur les pas de tirs militaires, Célia avait à chaque fois l’impression de se retrouver au milieu d’un cours de Zelk où tous les élèves auraient eu un excellent niveau initial. Qu’une balle n’atteigne pas le centre d’une cible était impensable, les compétitions se faisant sur des centièmes de millimètres et sur la vitesse. Elle dut admettre qu’avoir négligé son entraînement depuis l’obtention de son diplôme, se fit un peu sentir. Elle ne faisait pas ridicule, il ne fallait pas exagérer, mais elle se rendit vite compte que si elle voulait briller, il allait falloir vraiment travailler. Perspective qui lui plaisait assez, en fin de compte.

Frédéric mit quand même presque une semaine à obtenir des informations utiles. Mais dès qu’il les eues, il les transmit à Célia.

Alors, on a eu un vol de cinq motoneiges y’a un an et demi, environ. On en a retrouvé trois, vendues au black, et il a été supposé que les deux autres avaient suivi la même voie. Les mecs qui ont fait le coup venaient tous de la même organisation.

Il sortit plusieurs papiers dont une carte du pays où s’affichaient plusieurs points rouges.

Là, les SK, un groupe para-militaire. Ils ont un quartier général – un grand QG – pas très loin d’ici, à Soul City, mais ils ont des succursales un peu partout… dont une juuuuste là.

Le point rouge qu’il pointa était en plein comté de Trapeglace, à moins de dix kilomètres du domaine Avonis. Célia examina les informations avec beaucoup d’attention, les lieux, ainsi que les noms.

Je n’y connais pas grand chose, avoua-t-elle. Mais ça me paraît plutôt intéressant comme coïncidence. Un groupe para-militaire, généralement, ça fait quoi comme boulot ? On peut avoir embauché l’un d’entre eux pour une tentative d’assassinat chez un Noble ?

Elle montra ensuite le QG sur la carte.

Si je me rends là-bas, je peux trouver des infos, tu crois ?
Oui, je pense. Le problème des para-militaires c’est que, pour rire, on a tendance à dire qu’ils n’aiment ni les civils ni les militaires. Et les SK? C’est l’incarnation de ce cliché. Si tu débarques là-bas, en tant que l’un ou l’autre, ils seront plus fermés que le regard d’un Ven’Sakuraï.

Il soupira.

Mais ouais, c’est le genre de milice privée qu’on peut engager pour à peu près n’importe quoi, s’ils sont pas trop regardants.
Je vois. Mais dans ce cas, s’ils ne sont pas trop regardants, est-ce qu’il est quand même possible de retrouver la trace d’un commanditaire ?
Oooh, rassures-toi, ils ne sont pas regardants sur les demandes, mais ils gardent des traces pour se protéger ! Tout ce qu’on a à faire, c’est trouver les papiers. S’ils ont été engagés pour un tir, il y aura une trace. Peut-être codée, par contre.
Codée ? Alors, j’arriverai peut-être à en sortir quelque chose. Dans le cas contraire, je sais à qui demander. J’ai eu des cours de cryptologie à Bosth, l’été dernier. En tout cas, je devrais pouvoir au moins identifier des codes pour des listes de commanditaires au milieu de dossiers de comptabilité et de frais de matériel.
Ooooh, des cours de cryptologie ? Mmmh, je te vois déjà en tenue de cuir sexy pour t’infiltrer… Rrrrr.

Célia haussa un sourcil.

Pourquoi du cuir ? C’est stupide, le cuir est bruyant à chaque mouvement. Le lycra, c’est beaucoup plus adapté.

Frédéric prit une couleur un peu rosée, les yeux dans le vague, avant de tousser et de s’éclaircir la gorge.

Ouais, du… lycra. Hem. Donc ! Une excuse pour débarquer là-bas sans qu’ils ferment tout à double tour…

Célia fit comme si elle n’avait pas vu la réaction de Frédéric et poursuivit.

Je me présente comme une cliente. Je repère les locaux, les bureaux et j’observe leurs installations. J’y retourne à la nuit tombée pour récupérer ce dont j’ai besoin.
Bien sûuuur, ils vont te laisser visiter tous leurs p’tits bureaux ! Ou alors, tu emmènes quelqu’un avec toi, par exemple, un Khyan exceptionnellement sexy, et pendant que l’un fait le client, l’autre repère les lieux pour revenir à la nuit tombée.

Elle observa alors de la tête au pied, le grand brun assis à côté d’elle.

Reste à régler qui fait le client, qui fait le repérage. Parce que j’ignore si c’est une bonne idée que je me pointe comme une fleur là-bas, fille d’Hughes Avonis, alors qu’ils ont peut-être tué mon père et sûrement eut une jolie somme pour ma tête.

Elle réfléchit un instant en silence.

Ou alors je me grime. Dans tous les cas, l’un de nous deux doit se déguiser, parce que toi tu as plus “militaire” marqué sur le front que “Khyan fortuné cherchant gros-bras à embaucher pour basse besogne”.

Frédéric se tapota le menton.

Mmmh, pas faux. On a un mec qui déguise pas trop mal, mais j’ai jamais fait. Et toi ?

Célia eut un sourire en coin.

J’ai un peu d’expérience. Mais je manque de matériel. Tu penses que ton “mec” peut avoir genre des lentilles de contact colorées, de la coloration temporaire pour cheveux ? Et surtout il me faut d’autres fringues, si je veux faire une cliente crédible. Là, j’ai vraiment rien dans mes affaires qui pourraient aller. Une idée d’où je pourrais trouver ça ? Parce que demander à mon frère de m’envoyer quoique ce soit depuis Trapeglace, ça va mettre une éternité à arriver… Remarque, si les infos sont toujours là-bas après plus d’un an, je ne suis pas à quelques jours près.

Frédéric balaya les questions du revers de la main.

T’inquiète, notre gars a ça, ce n’est pas la première fois qu’on doit se déguiser, il a de tout. On doit pouvoir entrer partout. Pour l’instant, j’ai pas fait grand chose dans le genre, mais je te jure que d’autres Aigles, ouais.
C’est vrai ? s’étonna-t-elle, réellement surprise. Je ne savais pas que c’était le genre de chose qu’un groupe de snipers pouvait avoir à faire. C’est… bizarre, non ?

Frédéric secoua la tête.

Nope. D’abord parce qu’il bosse avec une autre unité qui fait plus dans l’infiltration, et ensuite, parce que pour approcher une cible, il faut parfois pouvoir se fondre dans le décor. On ne reste pas que sur le Front, on va pas mal derrière la ligne de front, en plein cœur de Kadam Hel parfois ou ailleurs. Patrick, la dernière fois, pour abattre un capitaine Hélian en vacances, il est allé jusqu’à Golem. Parti blanc comme un Elam… cul, revenu marron foncé, j’te jure.
Hé, tu peux te moquer des Elam Evir devant moi, hein. Je suis la première à pas hésiter à le faire, rit-elle. J’aurai donné n’importe quoi pour être Shaïness, alors tu vois… Et on peut pas dire que j’ai le teint coloré… Bon en attendant, tout ça se présente plutôt bien. Reste plus qu’à aller voir ton “mec”.

Puis elle eut un air perplexe et retint le bras de Frédéric qui allait se lever.

Attends ! Ils risquent de m’envoyer à Kadam Hel, moi aussi ? demanda-t-elle tout à coup, comme si c’était une éventualité plus qu’étrange.
Bah, tu n’es pas techniquement une Aigle, mais peut-être, oui ? Si ça te pose un souci, il faut juste que tu le dises à Exclésiasth. Mais ouais, ça se peut.
En fait, j’en sais rien. J’ai jamais mis les pieds en terres Hélianes et pour cause… Ce sont nos ennemis et ils m’abattraient à vue avec plaisir s’ils savaient que j’étais plutôt haut placée dans la Noblesse “Quérulente” comme ils disent.

Elle eut une expression plus lointaine, que Sean avait appris à détester.

Mais doit y avoir de belles choses à voir là-bas, aussi…
Ah bah ça… La cité de Nacre, baby, je dirai juste ça. Toi qui veux voyager, tu devrais aller voir. Un peu de teinture et hop, discrétion assurée !

Les yeux de l’Elam Evir devinrent aussi pétillants que ceux d’une petite fille à Noël.

Tu crois que c’est jouable ? Vraiment ? J’avoue… que c’est tentant. Tu y es déjà allé, toi ? T’en parles comme si tu connaissais.
Ouaip, répondit-il sans hésitation. Un mec de leur État-Major à abattre pendant qu’il allait visiter une maîtresse. J’en ai un peu profité. J’aurais eu tort de me priver !
C’est clair, rit-elle en ayant encore des rêves plein les yeux. Ouais, ça me plairait bien d’y aller…

Puis elle se secoua.

Mais j’ai des choses à faire avant. Alors, on va voir pour me déguiser ?

Frédéric riait trop pour répondre.

Toi, tu n’as pas compris ce que je racontais ou tu aurais pas dit “clair” !, ricana-t-il. La Cité de Nacre se nomme aussi la Cité des Plaisirs. C’est la Baronnie de la plus belle courtisane de Gaëon.
Ah ouais !? s’exclama-t-elle en écarquillant les yeux. Et donc… ok. Tu t’amuses comme tu veux, hein ? Je me passerai des détails par contre… Ils ont l’air de savoir s’amuser les Hélians quand même, pour des arriérés médiévalistes.
Oh, y’a des régions BIEN arriérées, va, ricana-t-il. Mais pas la Cité de Nacre. Et la baronne… Célia, cette femme, c’est du sexe à l’état pur, paraît qu’elle a un deal avec un Céleste, y’a rien qui lui résiste, homme, femme, moine…
Fred, tu baves, là, constata-t-elle d’un air blasé.
Yep, et toi tu me donnes envie d’y retourner. BON ! Xavier et ses déguisements.

Ledit Xavier avait lentilles, teintures, robes adaptées et même des prothèses légères qui lui changeaient la forme du nez et des pommettes. Et le militaire de vite constater que Célia n’avait aucun mal à utiliser tous ces artifices. Pas encore une experte, mais suffisamment bien formée pour avoir les bons gestes de base. Il l’aida un peu et le résultat fut assez sidérant. Quand Fred la vit réapparaître, elle était d’un brun noir très marqué, sur des cheveux lissés et tressés à l’As’Corvaz. Sa peau était légèrement hâlée, sans être foncée, des yeux noirs et une forme de visage beaucoup plus typée des cultures du sud du Cratère. Mais surtout, elle donnait l’impression d’avoir presque trente ans. Le tout dans une tenue tout de même Shaïness qui lui faisait des hanches plus larges et des formes plus pulpeuses. Oui, elle était tout bonnement méconnaissable.

Alors ? sourit-elle, elle-même très satisfaite du résultat.

Frédéric lui tourna autour.

Alors est-ce que si, techniquement, tu n’es pas toi, je suis moins mort si je t’embrasse ? Tu es à tomber.

Elle eut un sourire en coin et une posture avec les mains sur les hanches qui lui donnait cette attitude plus désinvolte et séductrice.

Ce ne sera plus un danger mortel pour toi que le jour où ça entrera dans la catégorie “cas de force majeure” qui pourra être expliqué à Sean, sans qu’il le prenne mal. Ça te va comme deal ?

Frédéric réfléchit, puis opina.

Ok, je vais donc demander une mission pour un couple à Eagle… rit-il.

Célia leva les yeux au ciel, mais en riant à moitié et en n’ajoutant rien sur le sujet.

Allez, en route, j’ai envie de me débarrasser de cette histoire de SK au plus vite. D’ailleurs, on a un moyen de locomotion pour y aller autrement qu’à pied comme des clampins ? Parce que ma moto, je l’adore, mais elle est restée à Phoenix.
Pendant que tu te faisais belle, j’ai négocié tout ça avec Eagle, annonça Fred. J’ai un tir à faire, du coup, mais ça peut attendre qu’on ait fini. Prenons des chevaux, c’est plus discret qu’une moto dans le coin.

Ils partirent donc ensemble, pour deux jours de chevauchée, Célia emportant son propre fusil, incapable de s’en séparer, et ils étaient en chemin quand elle aborda avec Frédéric un sujet qui lui trottait dans la tête depuis leur départ. Ça lui évitait de trop penser à son fessier endolori.

Dis, ton tir… Tu crois qu’on pourrait le faire ensemble ?

Elle détourna un peu le regard.

Histoire que je sache de quoi je suis capable sans risquer de rater une mission… que si je n’arrive pas à tirer, tu seras là pour assurer le coup.

Après une petite seconde de perplexité sur la soudaineté de la question, Frédéric hocha la tête.

Ça marche, c’est même une bonne idée. Mais te stresse pas pour ça, on en reparlera quand on en aura fini avec les SK.

Préparer le camp pour la nuit leur rappela la ferme, et ils passèrent la soirée à discuter de leurs cours avec Zelk, se demandant ce que devenait Joaquim – Helen, bizarrement, ne les préoccupait pas – avant de mettre en place leurs gardes et de dormir un peu. Célia avait pourtant du mal à se faire au changement de vie assez radical qu’elle expérimentait. D’une vie on ne peut plus Shaïness, elle se retrouvait à vivre comme une Nomade en pays médiévaliste. C’était déroutant mais au bout d’un moment, elle prit le parti de comparer ça aux parties de chasses de plusieurs jours qu’elle faisait avec son père, il n’y avait encore pas si longtemps. Le reste du trajet lui parut alors moins bizarre.

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8 Comments

  1. Ah et je confirme :
    « – Aller, en route, » s’écrit « Allez, en route » : l’injonction se met à l’impératif, c’est devenu une locution invariable.

  2. Super chapitre, l’histoire avance bien, et Fred est vraiment adorable. C’est le genre de perso auquel on ne peut rien refuser. 😀

    J’adore la tête de Célia au « saut » du lit. XD

    Corrections :

    18 janvier 978
    plus aucune de ses vallées encaissées ou plateaux venteux, n’avait été épargnés
    -> épargné (aucun : accord au singulier)

    humide et déprimant quelque fut la saison
    -> quelle que fut

    les quelques tâches de neige
    -> taches (sans accent, sinon c’est un travail)

    s’être faite d’ailleurs bousculée
    -> s’être fait d’ailleurs bousculer (se faire bousculer : quand 2 verbes se suivent, le second est à l’infinitif, et le participe passé de faire est une exception au niveau des accords)

    – Mais si je m’écoutais, je serai déjà très loin d’ici.
    -> je serais

    Puisque qui en avait été question plutôt dans la soirée, Célia dut avouer
    -> Puisqu’il en avait été question plus tôt…

    19 janvier 978
    cessez donc de baillez aux corneilles !
    -> bailler

    – Oooh, rassures-toi,
    -> rassure-toi (impératif, pas de s)
    Et on peut pas dire que j’ai le teint coloré…
    -> j’aie (subjonctif dans la complétive)

    • Vyrhelle

      15 septembre 2016 at 17 h 16 min

      Merciiii, corrections faites.

      Et Célia un peu moins « classe », ça s’imposait ! Elle est loin d’être toujours à son avantage 😀

  3. Un long chapitre (avec deux illustrations !!) très agréable à lire avec lequel, arrivé à la fin, je n’ai qu’une envie : continuer à lire la suite !

    Moi qui voulait du Fred… Je suis servi ! Et on a du Fred de qualité cinq étoiles, là ! Ah, je suis bien content de ce chapitre. Entre le coup du « Lard-Patate » et celui des oignons dans le kebab de la dernière fois, je m’identifie énormément à ce personnage qui ressemble beaucoup au genre de trublion que je joue dans mes parties de JdR. Et oui, je confirme, Fred est parfait !

    Le Colonel cache bien son jeu, je suis curieux de savoir si on le verra effectivement en « action » à un moment, parce que j’ai beau croire Fred, c’est assez difficile de l’imaginer quand il est sérieux ! Je suis curieux de savoir si on en verra un peu plus sur Eagle aussi, voire sur les camarades de chambrée de Célia. (Me demandez pas pourquoi, je crois que j’ai une affection pour les personnages secondaires xD)

    En tout cas, vivement la suite !

    A.

    P.S : Une petite typo pour la route !
     » Puisque qui en avait été question plutôt dans la soirée  » >>> « Puisqu’il en avait… » ?

    Ah, et, je ne suis pas certain de ça, mais il me semble que l’injonction « Allez » se conjugue à l’impératif et non à l’infinitif. Donc Frédéric devra revoir un peu sa conjugaison pour haranguer Célia (mais c’est peut-être pour ça qu’elle veut lui tirer dessus !).

    • Vyrhelle

      15 septembre 2016 at 17 h 13 min

      Non, je suis pas du tout en retard pour répondre, c’est une question de relativité…
      Bon plus sérieusement, j’ai fait les petites corrections. Y’a pas à dire, on en laisse toujours passer, quelque soit le nombre de relectures que l’on fait.
      Sinon, pour le Colonel, on le verra qu’occasionnellement, c’est vraiment un personnage très secondaire. Y’aura quelques passages qui laisseront deviner son potentiel, mais sans plus. Je me concentre beaucoup plus sur les personnages principaux pour pas me disperser dans une histoire déjà assez complexe.
      Où Fred sera très présent ! 😀

  4. Freeeeed!! Un amour ce gars!!!
    Exclesiasth!!! A se demander comment ce gars peut passer Général!!! (Pauvre Gareth, et tous les futurs « Gareth »!! xD)

    Vivement la suiiiiiite!!

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