Le temps d'un tango

Fanfiction par V. Gomez et A. Conroy

27 avril 980

Quand le téléphone sonna au domaine Avonis, Nathan et Sinaï étaient en train de s’occuper des jardins. Le printemps était arrivé et avec lui, la perspective du bal que Célia et son frère avaient planifié pour son retour prochain. Alors le frère comme son Incarna, dans l’espoir de nouvelles qui se faisaient désirer, s’étaient attelés à préparer les lieux pour l’événement et tromper l’attente. Le jeune Baron sut que quelque chose n’allait pas dès qu’il vit Madame Esmé apparaître dans l’encadrement de l’une des hautes portes-fenêtres de l’arrière de la maison et qu’elle l’appela d’une voix blanche en triturant son tablier blanc.

– Monsieur, au téléphone… C’est un certain général Exclésiasth qui veut vous parler de toute urgence. A… A propos de mademoiselle Célia.

Nathan et Sinaï blêmirent de concert et l’Elam Evir fut au salon avant même que la cuisinière ne bouge de sa place. Ce qu’il apprit le força à prendre appui au mur. Pourtant, il dut bien trouver la force de se reprendre afin de gérer la suite et quand le militaire raccrocha, c’est le combiné toujours en main que Nathan se mit à chercher maladroitement un calepin sur son bureau, un calepin que Sinaï lui tendit de l’avoir trouvé avant lui. A l’intérieur, il y avait le numéro de la clinique de Lee.

Il ne fallut qu’un appel de quelques minutes pour que le médecin prenne les choses en main et ne s’occupe de tout préparer pour le rapatriement de Célia sur la clinique, au soulagement très relatif du frère qui fut dans le transporteur familial dans l’heure qui suivit. Ismaël n’avait jamais autant poussé les moteurs de l’appareil et Nathan fut à la clinique en fin de soirée pour se retrouver dans une salle d’attente trop silencieuse, se rongeant les sangs en attendant d’en apprendre plus sur l’état de sa sœur. Lee lui avait promis de s’informer de tous les détails que le général s’était gardés d’énumérer au téléphone.

Quand la porte qui lui faisait face s’ouvrit enfin, le jeune Elam Evir avait bondi sur ses pieds pour s’élancer vers le médecin. Sauf que ce ne fut pas Lee qui apparut dans l’encadrement, mais un Sean qui avait les mâchoires si serrées qu’il semblait bien incapable de parler. Nathan en sentit tout sang fuir le haut de son corps alors qu’il fixait le Shaïness sans un mot. Un silence pesant tomba sur la salle d’attente alors que les deux Nobles se fixaient avec une intensité qui trahissait leur inquiétude mutuelle malgré leurs visages fermés. Ce fut Nathan qui finit par aller se rasseoir, la tête basse, sans un mot tandis que Sean rallia un coin de la pièce pour attendre. Plus d’une demi-heure s’écoula avant que Lee ne fasse son apparition et ne soit presque assailli par les deux Nobles.

– … j’ai pu parler au médecin militaire qui s’occupe actuellement de Célia, annonça-t-il sans hésitation. J’en sait bien plus sur son état et je peux vous dire que ses jours ne sont pas en danger. Elle va être rapatriée ici dans la journée de demain. Mais ce n’est pas tout et je crois que vous devriez vous asseoir.

Il fixa Sean d’un air plus que fermé et sérieux.

– Tous les deux.

Nathan et Sean s’obstinèrent à rester debout. Lee soupira puis annonça aux deux hommes ce que Célia avait enduré, mais surtout ce qu’elle avait gagné et perdu avant même que l’un d’eux ne soit mis au courant. Nathan dut s’asseoir. Sean dut quitter la pièce, la clinique et même la ville.

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28 avril 980

Cette nuit-là, Nathan fut bien incapable de fermer l’œil et le personnel médical le vit régulièrement errer comme une âme en peine dans les couloirs de la clinique. Il savait que Célia n’arriverait pas avant de très longues heures mais il était incapable de quitter les lieux et de se rendre à la demeure familiale de Phoenix. Il se sentait affreusement coupable d’avoir laissé sa sœur prendre tous les risques, quand il était resté à jardiner à Trapeglace et qu’elle était torturée et perdait son enfant ! Il avait fini par retourner une énième fois dans la salle d’attente, le front dans les mains à craindre l’état dans lequel Célia allait lui revenir et maudissant le Cratère entier, et lui le premier.

Un peu après l’aube, il était toujours dans la petite pièce quand il vit Sean réapparaître. Le Shaïness semblait encore plus secoué que la veille au soir et s’approcha de Nathan avec un pas hésitant qui ne lui ressemblait pas.

– Messire, avez-vous la liste des cibles de Célia avec vous ? demanda-t-il sans préavis ni salutation, avec beaucoup de sérieux et une froideur dérangeante.

L’Elam Evir leva un visage dur, cachant sa perplexité derrière une animosité envers le Shaïness que lui-même n’arrivait pas justifier.

– Quelle importance ? Pourquoi vouloir cette liste ? Ne l’avez-vous donc jamais lue ?
– Non, répondit Sean laconiquement. Célia m’avait demandé de ne pas m’impliquer, j’ai respecté sa demande. Mais aujourd’hui, je dois vérifier quelque chose. Alors avez-vous cette liste ?

Nathan baissa les yeux en soupirant.

– Je ne l’ai pas, admit-il. Mais je la connais par cœur. Si vous avez de quoi noter.
– Ce ne sera pas nécessaire, répondit le Démon avec assurance. Dites-moi.

Nathan se mit alors à énumérer les noms des deux listes qu’il avait élaborées en collaboration avec les Instances du Comté de Trapeglace, taisant les noms Fardenmoriens pour les noms Hélians, véritables cibles de Célia. Il y en avait une quinzaine et Sean l’écouta sans dire un mot, mais son sourcil eut un tressautement assez explicite à l’énoncé de deux noms et sa mâchoire se serra un peu plus. Nathan en inclina la tête sur le côté de perplexité.

– Que se passe-t-il exactement ? demanda-t-il, pas du tout dupe.

Sean en eut un regard plus dur encore.

– Je n’en sais encore rien. Je vous tiens au courant.

Le jeune Duc ressortit alors de la pièce en abandonnant Nathan à pas mal de questions et à un doute insidieux que le politicien n’arrivait pas à faire taire. Il sentit son animosité contre le sombre Shaïness augmenter un peu plus. Mais ce que Nathan ne vit pas, c’est que Sean n’avait pas fait quelques mètres dans les couloirs de l’hôpital qu’il s’était mit à presque courir, le teint blême, une horreur et une colère grandissantes lui dévastant les entrailles. Il démarra l’Elit en trombe pour arriver à son bureau du palais en ayant manqué de provoquer plusieurs accidents sur le trajet. Il se mit alors à ressortir des dossiers par dizaine, les épluchant avec une fébrilité incontrôlable, troublant l’ordre habituel de la pièce. Il était encore à ses recherches, avec la porte de son bureau restée étonnement ouverte, quand la haute silhouette d’un grand Shaïness à la peau noire et à la carrure imposante, portant l’uniforme des Gardes Royaux, s’arrêta sur le seuil.

– My Lord? demanda l’homme avec un salut martial impeccable.

Sean le foudroya littéralement d’un regard glacé qui fit se raidir l’importun, avant d’en revenir à ses dossiers.

– Falcon, tu tombes bien, dit-il alors que l’homme pensait déjà quitter les lieux. Les noms de Shawl Shaïness et Archibald, Néophyte Elam Evir. Dans quelles affaires ces noms sont-ils apparus ?

De sa voix assez grave, l’homme répondit rapidement, passant sous silence sa surprise : pour la première fois depuis qu’il connaissait Sean Moonshade, celui-ci n’arrivait pas à replacer un détail de ce genre. Quand la mémoire du Démon était devenue légendaire chez les Gardes du palais. Il entra dans la petite pièce, braquant automatiquement ses yeux noirs sur les dossiers éparpillés.

– Attendez, ça me dit quelque chose.

Il mit une bonne minute mais finit par saisir un dossier parmi ceux étalés sur le bureau. Il l’ouvrit et après avoir tourné quelques pages, pointa une liste du doigts.

– Ici.

Sean lui arracha presque le dossier des mains pour constater par lui-même. Les deux noms étaient bien au milieu d’une demi-douzaine d’autres, une liste de potentiels agents Fardenmoriens infiltrés à Kadam Hel, pour le compte privé d’Amaury Azli, un des anciens parrains de la pègre de Phoenix que Sean avait évincé deux ans plus tôt.

– Des Ombres, murmura-t-il en grinçant des dents.

On était loin de simples Hélians assez pris dans le collimateur des Instances du pays pour que Célia soit utilisée comme exécutrice de basses besognes. Sean se mit alors à parcourir le dossier de long en large alors que Falcon se demandait s’il devait prendre congé ou non. Mais alors qu’il était sur le point de le faire, il se retourna, sous le coup d’une sorte d’illumination.

– Ça n’a peut-être rien à voir, commença-t-il.

Sean le fixa aussitôt de ses yeux d’acier. Falcon avait beau avoir l’habitude, ça restait déstabilisant ce genre de regard.

– Quand nous avons mis toute la famille Azli hors course, continua-t-il pourtant, les Instances avaient commencé à vous chercher des noises à la demande d’un Noble de la Cour… Rhaaa ! Son nom ne me revient pas.
– Le Baron De Casotti, l’informa Sean qui dégageait une aura encore plus inquiétante.

Falcon n’en menait pas large, surtout quand il vit le Shaïness se lever d’un bond et frapper le bureau d’un poing qui laissa une profonde marque sur le bois.

– Il est mort !

Sean de quitter ensuite les lieux comme une tornade, dossier sous le bras, laissant bureau et Garde Royal derrière lui, au grand soulagement de Falcon qui n’avait jamais vu le Démon perdre son sang froid.

Revenu à la clinique, Sean engagea alors une longue conversation avec un Nathan un peu dépassé par la pluie de questions que lui adressa le Shaïness. Mais la conclusion à laquelle finirent les deux hommes les laissa plus que silencieux. Nathan était bon politicien, mais pas encore excellent, manquant encore d’expérience et il avait été entraîné sur plusieurs mauvaises pistes par une manigance bien ficelée, qui l’avaient orienté vers plusieurs mauvais noms, dont ceux de Shawl et d’Archibald. Des cibles qui étaient en réalité des appâts pour piéger Célia. Rien de surprenant alors d’avoir vu Hyl’ioss apparaître à chaque fois, on s’était bien arrangé pour le prévenir… Et le responsable de tout ça n’était pas le mystérieux ennemi des Avonis, mais le Baron De Casotti. Un des ennemis déclaré de la Dynastie des Moonshade, un ennemi de Sean.

Le dossier termina sur une chaise de la salle d’attente alors que Sean s’asseyait enfin, avec une lenteur à la hauteur de l’horreur qu’il réalisait. Célia, sa Flamboyante, sa belle Elam Evir, avait failli se faire tuer, deux fois, avait fini en prison Héliane, avait été torturée, avait perdu un enfant. Leur enfant… et il ne pouvait même pas mettre le blâme sur sa quête désespérée. Parce que tout ça le visait lui. Le Baron de Casotti avait réussi là où le propre père de Sean avait échoué et le Shaïness n’avait rien vu venir, n’avait pas su la protéger. Il en était pâle à faire peur. Il ne la laisserait plus jamais partir. Il la garderait avec lui, ne laisserait plus personne l’approcher, pour la protéger, la garder en sécurité,… Enfermée comme Ylis Rhéa, lui chuchota la voix de Célia et il en eut un vertige qui lui fit fermer les yeux.

De son côté, Nathan observait le Shaïness avec une colère qu’il essayait de refouler mais qui lui rongeait les entrailles. Déjà parce qu’il se sentait stupide d’avoir été ainsi dupé, stupide de n’avoir rien vu venir. Mais surtout parce qu’il n’arrivait pas à pardonner à l’homme qui lui faisait face de l’avoir mise plus en danger qu’elle ne l’était déjà. Qu’au lieu de la protéger comme il l’aurait dû, il avait manqué de la condamner !

Dans ce silence toujours trop lourd, ils se cantonnèrent à fixer le sol alors que tous deux savaient qu’ils allaient devoir assumer leurs erreurs. Le Shaïness, le premier.

– Messire Avonis… commença soudain Sean d’une voix volontairement mesurée.

Se tournant vers Nathan, il attendit que le jeune homme roux lève ses yeux brûlants vers lui.

– Elle ne sourira plus, pas avant longtemps, dit le Shaïness. Et moi… après ça, je ne peux plus promettre de réussir à le lui rendre. Je l’emprisonnerai à vouloir la protéger. Je la détruirai, Messire Avonis, en voulant l’aimer.

Nathan blêmit en entendant les paroles de Sean. Puis il prit le temps d’évaluer la situation, de savoir ce qui était le mieux pour Célia et il finit par devenir terriblement sérieux, les mains croisées devant le menton, ses yeux bleus braqués sur le Shaïness, fort de sa colère grandissante.

– Alors il ne vous reste plus qu’à tenir parole, messire Moonshade.

Nathan saurait ramener son sourire à sa sœur. Un autre homme peut-être y arriverait aussi. Mais le Démon en face de lui jetait les armes, alors autant qu’il s’en aille. Et vite avant que l’Ange ne perde son calme apparent.

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2 mai 980

Dès l’arrivée du transporteur militaire, Lee avait pris toutes les mesures nécessaires pour que Célia dorme plusieurs jours durant. Le Ven’Sakuraï était plus que compétent et l’avait déjà prouvé, mais cette fois, il ne pouvait pas soigner en même temps les blessures du corps et des âmes de Célia. A l’obliger au sommeil, il put faire au moins disparaître les stigmates physiques de ce qu’elle avait subi. Il n’y eut personne pour contester sa décision, ni Nathan ni Sean n’ayant le cœur à la voir se réveiller quand il furent face à ce qu’il restait de la jeune femme. Frédéric partageait ce sentiment, même s’il fut le seul à supporter de rester continuellement à son chevet. Nathan avait beau se faire violence, il dut quitter la chambre à de très nombreuses reprises alors que la culpabilité le tiraillait à lui en faire mal. Quant à Sean, il ne donna aucun signe de vie durant quatre jours, provoquant la consternation du Khyan qui n’en fut que plus déterminé à veiller sur son amie.

Puis, Lee jugea qu’il aurait été imprudent de continuer les somnifères et il laissa Célia se réveiller d’elle-même. Quand elle ouvrit les yeux, Fred était dans la chambre, bien sûr, mais Sean aussi. Prévenu par Lee et arrivé à peine quelques instants plus tôt, le Démon lui caressait doucement la main avec un sourire encourageant à son adresse. Trop groggy pour réagir rapidement, Célia laissa la caresse sur sa peau lui rappeler qu’elle avait connu ce genre de contact doux par le passé. Mais le cœur de la jeune femme manqua un battement quand elle comprit qui était là, à justement caresser sa main. Elle devint blanche à faire peur et regarda leurs mains jointes parce qu’elle n’arrivait pas à soutenir le regard bleu sur elle. Sean tendit la main pour lui relever le menton.

– Célia ? Ma Célia, regarde-moi, qu’est-ce qu’il y a ?

Elle eut une expression douloureuse, s’éveillant pour ne même pas goûter la paix à laquelle elle aspirait. Est-ce que Sean ne savait pas déjà ? Fallait-il que ce soit elle qui lui dise ce qui s’était passé ? Elle ouvrit la bouche mais rien n’en sortit. L’air soucieux, Sean s’assit à moitié sur le lit et l’attira contre lui.

Fred se leva et les laissa, se sentant de trop. Mais Célia le regarda sortir avec l’envie de le retenir. Il était venu la sauver, il ne l’avait pas quittée jusque là. Elle ne voulait pas qu’il parte, mais elle ne réussit qu’à lever une main timide qu’il ne vit pas. Alors elle resta contre Sean. Avec ses sentiments contradictoires et violents qui faisaient que l’étreinte était presque douloureuse. Elle essaya pourtant de trouver des détails qui la ramèneraient à des temps plus heureux. Elle écouta les battements du cœur de Sean et ferma les yeux.

– Je suis … tellement désolée, Sean…

Sean lui embrassa le front.

– Chht, mon amour, c’est terminé. Tu es en vie et je ne te laisse plus jamais partir. Ça sera bientôt derrière nous.

Visiblement, il ne savait pas. Elle eut un hoquet nerveux et elle leva un visage défait.

– Sean… ils ne t’ont donc rien dit ? Ça ne pourra plus être … comme avant.

Sean fronça les sourcils, jouant parfaitement le rôle qu’il s’était imposé.

– Comment ça ? Bien sûr que si…

Le visage de la jeune femme se déforma un peu plus et ses mains se crispèrent sur ses vêtements.

– Ils m’ont fait choisir… entre vous… vous tous… et… et mon… notre… … bébé.

Sean lui caressa le visage, l’expression toujours confuse.

– Oui, je sais. Et ?

Célia perdit le peu de couleur qui lui restait et elle eut un mouvement de recul maladroit. Elle manqua de tomber du lit. Elle avait une expression médusée pour Sean.

– Tu…

Elle avait du mal à respirer. Elle cligna des yeux, comme pour essayer de se réveiller de ce nouveau cauchemar.

– Mon bébé, Sean !! Ils l’ont volontairement tué parce que je ne voulais pas vous trahir !! Te trahir !!

Ses yeux se mirent à regarder en tous sens, elle se saisit le cuir chevelu les mains crispées.

– Notre… bébé…

Sean lui caressa la joue.

– Je sais, Célia, mais au final, ça t’a sauvé la vie, et ça revient au même. Je t’en prie, je ne comprends pas pourquoi ça te mets dans un tel état.

Ces mots lui brûlaient les lèvres, lui ravageaient le cœur, mais Sean restait impassible en surface, sachant que c’était le meilleur moyen pour qu’elle le jette loin hors de sa vie.

– Pourquoi ? répéta-t-elle en le regardant comme s’il s’était transformé en quelqu’un d’autre.

Elle se recula un peu plus dans le lit, loin de tout contact, loin de cet inconnu.

– Pourquoi !

Et la tempête explosa en un cri inhumain qu’elle émit à s’en briser les cordes vocales. Elle leva une main et le frappa. L’autre main suivit et elle se mit à frapper de plus belle, tentant de le repousser.

– Pourquoi ! Sean ! Pourquoi ! Pourquoi !

S’était-elle donc trompée à ce point sur lui ? Était-ce une nouvelle torture des Hélians ? Avait-elle perdu l’esprit pour vivre un éternel cauchemar ? Elle se mit à le griffer, hurlant à nouveau.

– Monstre ! Va-t-en ! Va-t-en !! Tu n’es pas Sean !! Tu n’es pas lui !! Va-t-en monstre !!

Sean lui attrapa les mains.

– Célia, bon sang ! Mais qu’est-ce qui te prend ?? Tu sais que je ne veux pas d’enfants ! C’est aussi bien qu’il n’ait pas survécu !

Elle se stoppa net et elle le regarda avec une haine qu’il n’aurait jamais cru voir dans ses yeux clairs au milieu de ses cheveux roux en bataille.

– Sois maudit Sean. J’aurai pu sauver l’enfant… j’aurai dû sauver mon enfant…

Elle se crispa pour lui hurler la suite.

– Hors de ma vue !!!

Sean fit un pas vers elle, sachant que Nathan n’attendait que ça. Le frère de Célia entra dans la chambre comme un dément, et projeta Sean hors de la chambre, l’envoyant violemment rencontrer le mur du couloir.

– Si vous osez reparaître devant moi, Messire Moonshade, je vous Défierai, je vous détruirai ! Hors de nos vies !!

Il claqua la porte et Sean resta là plusieurs minutes. C’était fait. Il en resta amorphe, comme vide de tout avant de trouver la force de se lever et de quitter le couloir en silence. Fred lui barra le passage, l’air sidéré.

– A quoi tu joues, mec ?
– Laisse-moi passer, Fred, dit Sean d’une voix trop neutre.
– Non ! Elle a besoin de toi ! contra le Khyan dans un élan nourri de son incompréhension.
– Non. Non, elle a besoin de tout, sauf moi, trancha Sean d’un ton aussi impérieux qu’il était mesuré.

Il poussa le Khyan hors de son passage et quitta la clinique. Il monta dans cette voiture que Célia lui avait elle-même offerte et il conduisit jusqu’à sortir à nouveau de la ville. Il s’arrêta dans un champ, déjà dévasté quatre jours plus tôt, loin de tout… Et là, seulement là, Sean abandonna son masque et poussa le cri de rage et de douleur qu’il retenait. Il en tomba à genou, hurlant en s’en distordre la gorge alors que sa Symbiose éclatait autour de lui, dans une onde d’énergie pure qui ravagea tout sur plusieurs mètres. Il frappa le sol, hurlant à en perdre le souffle et pleurant sa peine. Par amour pour elle, pour la protéger, il venait de sacrifier son propre bonheur, se condamnant à une solitude amère et à en porter tous les regrets. Juste pour elle. Juste pour elle qui n’en saurait jamais rien.

Loin de là, Célia laissait aussi sa rage et sa peine éclater. Même Nathan eut du mal à la maîtriser avant qu’elle ne ravage sa chambre. Il dut, à contrecœur, activer son Distinguo pour quasiment l’assommer. Elle termina sur le lit, haletante et avec le regard fou, incapable de se calmer encore. Son frère se força à la maintenir immobile, allongé sur elle de presque tout son poids, la serrant de toutes ses forces alors que la douleur dont il était le témoin le faisait frémir.

– Célia, tu n’es pas seule, сестра. Je suis là, je serai toujours là.

Il caressa son front la sentant doucement lâcher prise.

– On va rentrer à Trapeglace. On va te soigner. On va pleurer ton bébé… On va faire ce qu’il faut pour toi… Tu verras…

Sa voix s’étrangla dans sa gorge nouée et il la libéra pour la serrer, cette fois, avec beaucoup de douceur contre lui.

– сестра, s’il-te-plaît, ne me laisse pas toi aussi.

Il se mit alors à pleurer à son tour dans le secret des boucles rousses, sa main caressant le dos et la nuque de sa précieuse sœur meurtrie. Célia, elle, ne bougea plus, semblait étrangement calme et elle posa une main sur le bras de son frère qui releva la tête, surpris.

– Cordélia…
– Ramène-moi à la maison, мой брат. Ramène-moi…

Dans l’encadrement de la porte, Fred ne savait pas quoi faire. Sinon que Célia le regardait fixement, avec ce même sourire triste. Fred ne comprenait pas ce que venait de faire Sean, ne comprenait pas ce qui s’était passé et ne comprenait pas comment elle pouvait encore sourire.

– Célia…

Il approcha d’un pas, n’osant pas faire plus.

– Célia, je te l’ai dit, je suis là. Je viens avec toi si tu me laisses faire.

Elle cligna doucement des yeux. Elle sourit un peu plus puis son sourire s’évanouit totalement et sa tête retomba sur l’épaule de son frère. Nathan, un peu perplexe de la réaction de sa sœur, regarda vers celui qu’il ne connaissait qu’à peine de nom, qui n’était qu’un Khyan, mais qui apaisait Célia par sa seule présence. C’était juste un ami, avait-elle dit.

– Alors venez, monsieur, annonça Nathan d’une voix qui lui donnait bien plus que son âge. Je crois que Célia va avoir besoin de tous les gens qu’elle aime autour d’elle à présent. L’armée devra se passer de vous quelques temps.

Fred hocha la tête mais s’il s’avança de quelques pas, il ne put que rester debout à côté du lit, laissant le frère réconforter la sœur, ne sachant pas trop où était sa place dans tout ça.

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Quelques jours plus tard

Ce soir-là, les Aurores d’Acier avait encore fait salle comble et Rayleigh, avec la satisfaction du travail bien fait, traversait le bar en esquivant les derniers clients et rejoignit le zinc pour recevoir sa paye. Le patron y préparait un large verre d’un mélange plutôt surprenant pour une fin de soirée. Le grand Shaïness haussa un sourcil en souriant un peu nerveusement.

Avec c’que tu mets là-dedans, tu comptes tuer qui ? ironisa-t-il.

Le patron, ordinairement un homme assez ouvert et prompt à la plaisanterie, se contenta de lever vers lui un regard noir. Il n’était pas jouasse.

Ton ami, dit-il d’un ton sec. Qui a entrepris de vider mes stocks. Ceux que je ne suis censé remplir qu’une seule fois par an et qui me coûtent une fortune, PLUS une enquête, PLUS une inspection, au vu de la rareté et de la dangerosité des alcools qui s’y trouvent.

Il n’était VRAIMENT pas jouasse. Rayleigh en perdit le sourire.

Il est encore là…

A sa simple intonation, ce n’était à l’évidence pas une question. Mais un triste constat qui le fit ensuite soupirer. Le DJ saisit alors la commande d’un air entendu.

– … et difficile de dire non à un mec capable de transformer le bar en…

Il croisa le regard de son patron et marqua un temps de silence.

Je crois que je ne vais pas finir cette phrase et aller voir cet ami, qui me fait réaliser parfois à quel point je n’ai pas besoin d’ennemi avec lui dans les parages.

Ça n’eut même pas le mérite de dérider l’homme qui lui faisait face et n’avait visiblement pas l’intention de lui verser son cachet avant que le problème « ami encombrant » ne soit réglé. C’est ainsi que Rayleigh se retrouva sur le seuil d’un petit salon privé, à l’arrière de la scène, pour constater l’étendue des dégâts. Il n’aima pas du tout ce qu’il vit, mais ne rien faire aurait été contre ses principes. Il posa le verre si chargé en alcool qu’il était parfois surpris de ne pas le voir fumer, et s’assit en face du sombre et ô combien dangereux Haut-Noble.

Sean, tu comptes rentrer un jour ou je dois te ramener un oreiller pour dormir ? Et un seau pour éviter de ruiner la moquette ?

Le verre lui fut presque arraché de la main et le Noble, avant même de lui répondre ou ne serait-ce que lever la tête, le but. D’un trait, cul-sec, comme s’il n’y avait pas assez d’alcool dans ces quelques centilitres de liquide pour envoyer un Khyan directement en coma éthylique. Seulement après, le Shaïness daigna-t-il relever les yeux vers lui.

Et quels yeux. Rayleigh connaissait Sean depuis longtemps, les deux Shaïness s’étaient connus à l’Académie de Phoenix, et le DJ était probablement la seule et unique personne que le Haut-Noble ait connu là-bas qui avait été assez têtue et bornée pour rester en contact avec lui et pour devenir un ami au fil du temps. Par conséquent, il avait déjà vu Sean dans de nombreux états, était à peu près certain qu’il connaissait certains aspects du jeune homme qui étaient complètement inconnus au reste du monde ( peut-être à l’exception du futur Roi et de la jolie rousse) et pensait qu’il avait vu le pire du Shaïness après l’avoir accompagné sur une opération de « nettoyage » dans les tréfonds de la pègre de Phoenix.

Il avait tort.

Les yeux que Sean leva sur lui étaient terrifiants. Le bleu-gris habituel avait laissé place à un noir profond, les pupilles dilatées par la dose indécente d’alcool ingérée par le Haut-Noble, ne laissant qu’un fin anneau d’acier autour de ce vide sans fond, et ils brillaient de colère et de furie, au point que le DJ fit un pas en arrière, par pur instinct de préservation.

C’est toute l’opinion que tu as de moi, Rayleigh ? demanda Sean, la voix glaciale.

Il ne haussa pas le ton, ne donna même presque aucune intonation à sa phrase, et c’était mille fois pire que s’il avait hurlé. Le DJ en déglutit sans s’en cacher, puis se ressaisit en se forçant à se rappeler qui exactement il avait en face de lui. Il se gratta le front en cherchant un peu ses mots. Juste histoire de…

Non, tu sais très bien que non, dit-il avec le plus grand sérieux.

Vu la situation, l’honnêteté et la franchise étaient de mise.

Et si c’était le cas, je ne serai pas ici, en ce moment à… risquer ma peau… tester sa résistance cardiaque… espérer voir l’aube… me demander comment je vais t’en convaincre. Et surtout, là, de suite, je commence à me poser de sérieuses questions sur les raisons qui se cachent derrière ton état. Parce là, je peux jurer sur mes dreads que je n’aurais jamais cru possible de te voir dans cet état un jour.

Sean eut un infime soupir mais la fureur dans ses yeux diminua d’un cran et la pression dans la pièce diminua, laissant Rayleigh reprendre une respiration normale.

La raison ? dit Sean, contemplant le fond de son verre vide.

En temps normal, jamais Rayleigh n’aurait eu une réponse, et il le savait. Sean n’était pas le genre d’homme ni d’ami à avoir de longues et profondes discussions sur ses sentiments et les raisons derrière ses actions. Il aimait ses secrets et ne faisait pas aisément confiance, et jamais vraiment totalement. Obtenir une explication de sa part, surtout en ayant à peine demandé, aurait été extrêmement louche en temps normal. Si Sean s’expliquait spontanément, vous pouviez être sûrs et certains qu’il s’agissait au mieux d’un mensonge mais, plus que probablement, de ce qu’il voulait vous faire croire. Mais cette fois… Cette fois, Sean était ivre. Pas juste éméché ou gris, mais bel et bien ivre et donc, pour la première fois en présence de Rayleigh, pas totalement maître de lui, de ses pensées… et de sa langue.

C’est moi, la raison. Apparemment, je suis un tel connard qu’il est facile de croire que…

Il s’interrompit.

Penses-tu que j’ai des limites, Rayleigh ? Morales.

Rayleigh haussa un sourcil. Les gens saouls, il connaissait. C’était le genre à poser de profondes questions existentielles à une table, mais il sentit qu’avec le Haut-Noble imbibé qui lui faisait face, ça pouvait déraper. Et la pièce manquait cruellement d’alcool, là, de suite. Pour lui, évidemment, mais Sean n’ayant rien laissé, il ne put que lever les yeux au ciel.

Les tiennes, je dirais. Celles qui te conviennent ou que tu as acceptées car tu les pensais justifiées. Tout le monde a des limites, tu ne fais pas exceptions à la règle. Tes limites ne sont juste pas les mêmes que tout le monde. Tout simplement parce que tu es né pour ne pas être comme tout le monde. Vous êtes quelques rares dans le Cratère à devoir faire avec et parfois oublier que malgré tout ça, vous n’êtes que des hommes.

Sean fit rouler son verre vide entre ses doigts, espérant qu’il se remplirait par magie, même s’il savait qu’il avait beaucoup trop bu.

Oublier… intéressant concept. Je ne suis pas celui qui a oublié.

Il leva son verre pour un toast symbolique.

A Nathan Avonis. Qui me prend pour le démon de mon Rang.

Sean baissa le bras comme s’il allait se contenter de reposer l’objet mais, avant que le verre ne touche la table, il l’envoya valser avec tant de force que le verre éclata contre le mur. Ça ne sembla pas apaiser le Haut-Noble, au contraire, alors qu’il se levait pour faire les cent pas. Ou tout du moins essayer, devant se rattraper à la table pour rester droit.

Ce qui résulta en un vol de table rejoignant le verre brisé. Rayleigh hésitait fortement entre un retrait stratégique et peut-être vital et la volonté réelle d’aider un ami qu’il admirait depuis des années. Le voir comme ça lui fit serrer les mâchoires et les poings. Et quand Sean perdit encore l’équilibre, sans plus rien pour l’empêcher de tomber, c’est un bras sûr qui le retint. Rayleigh murmura plus à son oreille qu’il ne parla.

Je sais pas ce que ce mec a pu te faire, Sean. Et pour le moment, je m’en fous. On va aller prendre l’air, tu vas souffler un peu et quand tu te sentiras, tu videras ton sac. Ok ?

Sean hocha vaguement la tête, peu habitué à être saoul au point de ne pas tenir debout, et laissa le Shaïness l’emmener dehors par une porte de service à l’arrière du bar. L’air plus frais fit du bien à l’esprit embrumé d’un Sean qui, après deux minutes, n’eut plus besoin de Rayleigh pour tenir debout. Il restait toutefois adossé à l’un des murs de la petite arrière-cour où ils étaient, isolés du reste de la ville, entre une bouche d’égout et une benne à ordures.

Célia est repartie pour Trapeglace, lâcha-t-il finalement.
Ah… laissa échapper le DJ.

Derrière la simple phrase du Démon, l’évident sous-entendu était criant : c’en était visiblement fini de sa relation avec la jolie rouquine qu’il fréquentait depuis plusieurs années. La seule femme qui n’avait jamais réussi à dompter le sombre Moonshade, en qui il avait confiance et qu’il aimait à visiblement en perdre les pédales dans un peu trop d’alcool. Restait cette histoire de Nathan Avonis… Rayleigh n’était pas trop idiot pour arriver à quelques suppositions logiques.

Et ce Nathan ? C’est qui dans l’affaire ?

Sean leva les yeux vers le ciel, mais n’y trouva aucun réconfort, le ciel noir et parsemé d’étoiles complètement caché par d’épais nuages.

Son frère. Elam Evir typique qui pense avoir toutes les réponses par le simple fait qu’il respecte les traditions. Foutu donneur de leçons de mes…

Il secoua la tête. S’il continuait, il allait simplement s’énerver une fois de plus.

Je lui ai menti. Je lui ai servi un odieux mensonge avec un visage impassible, et ils n’ont… il n’a même pas sourcillé. Mais c’est un politicien, il n’est pas idiot, malgré tout. Il est capable de mentir, et de détecter des mensonges. Pour m’avoir cru aussi vite… c’était ce qu’il voulait entendre. C’était ce qu’il s’ATTENDAIT à entendre.

Là, son ami tiqua un peu et son expression le manifesta ouvertement. D’inquiet, Rayleigh semblait à présent très perplexe.

En gros, tu as menti à ta rouquine et son frère pour qu’elle s’en aille. Et tu as du mal à digérer qu’ils soient tombés dans le panneau, et pire que le frérot en ait profité pour éloigner sa sœur de toi. J’ai bon ?

Vu la tronche très « avenante » de Sean, Rayleigh avait sa réponse.

J’ai bon. Donc, maintenant, ma question est pourquoi as-tu menti, Sean ? Tu l’adores cette nana.

Sean pinça les lèvres et, durant un instant, ressembla terriblement à son père.

Oui. Je l’adore, au point qu’elle ne quitte jamais totalement mes pensées. Ce n’est pas sain, ou romantique, Rayleigh. C’est obsessionnel.

Il était assez conscient de lui-même pour voir cette immense faiblesse dans sa relation avec Célia. Une faiblesse qu’ils avaient tous les deux joyeusement et volontairement ignorée.

J’ai menti à Nathan Avonis pour qu’il l’emmène loin de moi aussi vite qu’il le pourrait. Parce que je serai revenu sur ma décision.

Parce que, malgré sa résolution, rester loin de Célia alors qu’elle avait besoin de lui, il n’aurait pas pu. Il aurait cédé. Mettre des centaines de kilomètres entre eux lui paraissait un excellent frein à ses pulsions.

– J‘ai menti à Célia pour qu’elle me haïsse.

Parce qu’elle ne devait plus l’aimer. Pas quand elle se reconstruirait totalement autour de cet amour, qu’il en deviendrait plus que son amant. Il deviendrait son ancre. Ils en seraient mille fois plus dépendants l’un de l’autre, au point que Sean finirait par ne plus supporter cette situation. Si elle n’explosait pas en premier à l’idée d’être devenue dépendante et infirme, il se sentirait enchaîné à un pâle spectre de la femme qu’il aimait.

S’ils ne se séparaient pas maintenant, elle finirait comme Ylis Rhéa ou bien, il finirait par la tuer.

C’était l’évidence qui s’était imposée à lui dans cette salle d’attente, quand il faisait face à son frère. Il n’y avait qu’un pas de l’amour à la haine et il se savait capable de le franchir si Célia restait l’ombre d’elle-même. Non, il refusait d’en venir à mépriser Célia comme il avait fini par le faire pour sa propre mère, trop faible pour garder une raison de vivre. Non, il voulait qu’elle se reconstruise, qu’elle renaisse de ses cendres. Mais pour ça, elle avait besoin d’une émotion puissante, pour survivre à la perte d’un enfant, pour se reconstruire après pareille torture. Alors il lui en avait donné une.

Bien sûr Rayleigh n’eut jamais toutes ces explications. De toute manière, Sean ne les aurait données à personne, même sous la torture et son ami de se contenter de sa courte phrase, n’ayant aucun besoin de détails pour comprendre, plus ou moins, ce par quoi passait son ami. C’est peut-être pour ça qu’il eut un geste qu’il n’aurait jamais eu d’ordinaire à l’adresse du Démon. Il lui saisit la nuque et l’incita à le regarder droit dans les yeux.

Tu aimes cette femme au point que pour son bien, tu t’imposes de souffrir de l’avoir loin de toi, et tu doutes encore d’être un type bien ?

Rayleigh approcha un peu plus son visage, comme si raccourcir la distance entre ses mots et le crâne du Sean allait aider ses neurones ensuqués à faire les bonnes connections.

Sean, je connais pas un putain de mec dans cette ville qui aurait même envisagé de s’infliger ça. Et je m’inclue dans le tas. Et tu oses te demander si t’es un connard ? T’es juste un trop bon menteur…

Sean resta silencieux et immobile, et Rayleigh eut le temps de se demander si se rapprocher autant, si mettre sa main sur la nuque d’un Haut-Noble en colère et sur les nerfs était vraiment une bonne idée. Mais heureusement pour lui, Sean n’aimait pas tenir debout uniquement grâce à un mur et avait commencé à éliminer l’alcool. Après tout, en pareille concentration, le puissant spiritueux pouvait clairement être considéré comme un poison identifiable et néfaste à son corps, permettant une utilisation très efficace de l’Héritage Lo’k qui brûla bientôt tout l’alcool dans ses veines. Aussi avait-il les idées plus claires et n’envoya-t-il pas voler son ami pour son « attaque ». Mais il se dégagea d’un coup d’épaule.

Tu as tort, Rayleigh. Je ne suis pas un type bien.

Il lui tourna le dos et le DJ sut avec certitude que, cette fois, tenter de le rattraper ou de le toucher ne serait pas bien pris.

Parce que j’aurais préféré qu’elle ne me croie pas.

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Partie II « Le Front des souffrances »
Down de Jason Walker ft Molly Reed

10 Comments

  1. Encore un chapitre qui remonte le moral ! J’ai adoré, même si je n’ai pas tout compris, (on aura peut-être des informations plus tard), si c’est quelqu’un qui en veux à Sean, il doit quand même y avoir quelqu’un qui veut détruire la famille de Célia puisque son père s’est fait tuer avant qu’elle ne soit en couple avec Sean. C’est le seul point qui me dérange, (si on met à part le fait que ce soit trop triste et que moi je veux qu’ils restent ensemble).
    L’illustration est très belle, et je trouve que dans sa souffrance, on voit que Sean reste très jeune (même si plus mature vu qu’il est noble, …), on voit vraiment qu’il est brisé, le rendu est très bon.
    Sinon par hasard je me demandais, je pourrais pas faire le bêta lecteur pour la suite ? C’est pour aider bien sûr hein, pas pour pouvoir tout lire d’un coup ^^!
    P.S : quid de la maison sur l’île ?
    P.P.S. : As-tu un pdf disponible pour que je relise tout d’un coup ?
    Vivement vendredi prochain ! A bientôt

    • Vyrhelle

      19 février 2017 at 1 h 17 min

      Désolée, si ça n’est pas assez clair, je vais revoir ce chapitre pour mieux expliquer alors.
      Parce que la famille de Célia a bien un ennemi. C’est un fait. Mais on ne sait pas qui il est, ni ses motivations. C’est une menace d’arrière-fond, qui parfois se fait oublier mais frappe régulièrement ( Célia et Nathan ont réchappé tous les deux à des tentatives d’assassinats).
      Et justement, tout le monde le sachant, personne n’a soupçonné qu’il y avait une autre menace, visant Sean indirectement en s’en prenant à Célia. En gros, Célia avait deux menaces au-dessus de la tête sans même le savoir.

      Sinon pour l’image, je l’aime bien mais un petit truc me chiffonne quand même dessus. Mais je verrai plus tard. Là, je l’ai trop eue sous le nez pour trouver ce qui me dérange XD

      Par contre, pour la bêta-lecture, reparle-moi s’en vers fin avril. J’ai du boulot par dessus la tête actuellement, je n’aurai même pas le temps de remettre le nez dans les textes avant cette date. Mais je te préviens de suite, il n’y aura que le livre 1, le 2 étant le livre le plus en chantier. Et la fin du livre 1 va te faire hurler si tu n’as pas la suite XD
      A toi de savoir si tu pourras ensuite attendre le livre 2 jusqu’à cet été voire la fin de l’année…

      Quant à la maison de l’île… on ne l’oublie pas 😉

      • Ah d’accord. Il y a donc 2 menaces mais une qu’on ne soupçonnait pas. donc il en reste toujours une.
        D’accord pour la bêta lecture, je t’en reparlerai fin avril alors. je pourrais attendre pour la suite, et si je peux aider… Et puis je me suis habituée à avoir envie de hurler de frustrations à la fin de chaque chapitre alors un peu plus un peu moins… mais c’est ce qui fait le charme des bonnes lectures!

  2. Merde, j’avais réussis à ne pas exploser de la journée et il a fallut que je tombe sur ce chapitre pour la finir… T_T
    Je vais t’avouer un truc, a chaque fois et d’autant plus en connaissant déjà l’histoire, j’ai beau savoir que Célia a toutes les meilleures excuses du monde, je peux pas m’empêcher de la détester, l’espace d’un instant, de ne pas voir à travers le masque de Sean… (oui, dsl y’a parti pris! xD)

    Et la musique de fin de partie…. T_T… voilà tu m’achevé…

    • Vyrhelle

      19 février 2017 at 0 h 28 min

      Ah, en temps normal, elle aurait vu et compris. Mais là, après plus de quatre jours de sommeil forcé, deux mois de drogue et de torture, elle ne peut pas. C’est bien ce qui rend tout ça si injuste. J’suis la première à avoir envie de la secouer en lui criant « ouvre les yeux ! »

  3. Rahhhh, la suite, la suite, la suite (PS: rassure moi, y’a un happy end? Sinon, je lit plus moi, c’est trop triste)
    Allez, la Célia, elle va se rendre compte qu’il y a un truc qui cloche ! Ou alors Ian va la remettre dans les pattes de son Sean.

    • Vyrhelle

      17 février 2017 at 21 h 05 min

      Y’a 3 livres entiers pour toute l’histoire, on en est qu’au 2/3 du premier… ça peut pas être aussi simple… Mais promis, y’aura des moments beaucoup plus cool, du tout mignon à nouveau. Bon, pas que ça, mais je spoile et oui, à la toute fin, c’est une happy end. J’aime pas non plus les drames <_<;

  4. Ah bah vi… il l’a plutôt bien pris Sean en effet… ahem…
    Bon, comme prévu, la réaction a été bien explosive, même si finalement, il ne l’a pas montré : trop bien savoir mentir et contrôler les apparences , ça aide pas toujours… Que de rebondissements !

    Nous voici donc dans l’attente de savoir comment va se passer la suite…
    Mais bon en tout cas : vive Fred ! xD

    • Vyrhelle

      17 février 2017 at 21 h 09 min

      Oh oui, vive Fred ! Et j’avoue, j’ai hâte de retourner à des chapitres plus cool, j’en ai un peu marre de piocher dans mes kleenex w__w;

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