banniere_fb27bAu matin, Nathan s’inquiéta immédiatement de la soudaine rechute de mélancolie qui frappait sa sœur, alors qu’après le succès de la fête, il pensait au contraire la voir encore dans l’euphorie de la soirée. Mais sans se poser trop de questions sans réponse, il s’évertua à lui remonter le moral. Ça impliqua, entre autre, de localiser Desdémone à sa place. De son côté, se faisant violence, Célia le rejoignit vers la fin d’après-midi pour l’aider et essayer de le rassurer. Peut-être aussi pour se motiver elle-même à ne pas se laisser aller. Elle devait s’habituer aux départs de Sean. Elle devait arriver à avancer malgré tout. Car elle avait beau faire, c’était leurs retrouvailles qui étaient des parenthèses dans leurs vies et elle devait accepter cette idée. Retrouver Desdémone et surtout la convaincre allait, au moins, être un défi suffisant pour lui occuper l’esprit, alors que l’espionne aurait eu tendance à ne plus vouloir être trouvée par Célia, puisque cette dernière avait raté un de leurs rendez-vous.

– … en tout cas, merci pour la fête, Nathan. Elle était parfaite.

Un sourire se dessina lentement sur le visage de Nathan alors qu’il avait les yeux dans la paperasse. Il avait peut-être été… momentanément aveugle à certains instants, mais on lui avait raconté ce qu’il avait manqué et il se réjouissait pour sa sœur. Il n’en fit juste pas mention, de peur de la braquer quand elle se remettait enfin à sourire.

Je suis heureux qu’elle t’ait plu, elle était après tout exclusivement pour toi.

Célia eut un léger rire amusé, avec ce petit air que Nathan avait appris à redouter.

Mais j’ai cru constater que tu en avais profité aussi, petit frère.

Les joues de Nathan se colorèrent légèrement.

Mmmh ? demanda-t-il, l’air innocent.
Tu as disparu pendant une partie de la soirée, tu ne crois pas que je n’allais pas remarquer ça.

Célia donnait l’air d’un chat devant un bol de lait.

Rappelle-moi, son prénom c’est … Sonia, Sefa…

Nathan soupira. Fichues grandes sœurs qui savaient tout !

– Sofia, marmonna-t-il, faisant pour une rare fois son âge, voire plus jeune.

Célia en jubilait, c’était presque trop facile.

– Sofia ! Oui, c’est ça. La petite cousine du baron de Bosth, si je ne me trompe pas. Plutôt jolie en tout cas.
Par alliance, avait encore marmonné Nathan.

Elle piocha dans les gâteaux que Dame Esmé avait préparés à leur intention pour l’heure du thé.

Il faudra la réinvitée alors. Vous étiez trop mignons tous les deux.

Elle mordit dans le pavé aux amandes, ses préférés, ne parvenant pas à cacher son sourire amusé. Il en soupira.

Tu n’es pas trop vieille pour espionner ton frère ?

Elle se pencha vers lui pour l’obliger à la regarder dans les yeux.

Ja-mais… il faudra te faire à cette idée. Les grandes sœurs c’est fait pour ça.

Elle s’accouda alors au bureau, plantant son menton dans ses paumes.

Alors ! Elle est comment ? Je veux tout savoir !
Gentille, répondit Nathan avec un sourire doux. Je ne suis pas aussi Shaïness que toi, Célia. J’ai tout juste trouvé le courage de lui offrir une fleur. Il n’y a encore rien, et qui sait si elle reviendra, Bosth est de l’autre côté du pays.

Célia haussa un sourcil.

Tu es vraiment en train de te trouver des excuses, ou je rêve là ?

Elle agita un doigt devant lui.

Si elle t’intéresse, à toi de créer des occasions. C’est tout. Comme si tu n’étais pas assez malin pour trouver de quoi la revoir. Et puis, comment savoir si elle te plaît vraiment si tu te contentes d’une soirée ?

Elle enfonça sa tête dans ses épaules avec un sourire en tranche de courge.

Et la prochaine fois, tu pourras oser le baiser sur la joue !

Nathan lui tira la langue.

Vipère, je ne suis pas non plus un enfant de six ans…

Elle eut un air plus doux, mais sans réduire son sourire.

A mes yeux ? Tu es toujours un petit garçon, parfois. Mais je te rassure, ça arrive de moins en moins souvent ! Ça devrait pas grandir les petits frères… Bon allez, raconte-moi ce que vous vous êtes dit. Je veux tout savoir !

Nathan s’exécuta avec un soupir. Il avait bien été gentil à l’extrême, parlant de tout et surtout l’écoutant parler. Un coup de foudre romantique dans les règles. Cela fit sourire Célia de bout en bout, appréciant le fait que son frère grandissait et surtout prenant enfin sa vie en main, après l’avoir mise entre parenthèses pendant près de deux ans pour s’occuper de leur mère. Elle en était plus qu’heureuse.

Autre considération mise à part, tu es un excellent parti pour bon nombre de jeunes filles dans tout le royaume, donc s’il s’avère que c’est vraiment elle qui te plaît, il va falloir que tu batailles un peu. Elle n’est pas de la Haute Noblesse, contrairement à nous. Ça va faire jaser.

Elle en eut les yeux qui brillaient d’amusement.

Donc, tu n’es pas mon frère pour rien, sous tes airs de gentil garçon !
Je crois qu’on ne pourrait pas le nier, même sans ça, s’amusa-t-il. Nous ne sommes pas si différents. Si ?

Célia lui passa une main sur la joue.

Je dirais que nous sommes complémentaires… Et maintenant, si on se remettait au travail ?

Nathan eut un mouvement de tête net et déterminé.

Après une fête pareille, j’ai eu des conversations intéressantes et, vraies ou fausses, j’ai d’autres pistes que Zamir El. Quand tu auras terminé avec Desdémone, j’aurais eu le temps de contacter les Instances de Trappeglace et j’aurai une liste concrète de noms. Mais Célia, certains sont Hélians…
Hélians, répéta-t-elle en fronçant les sourcils. Hum, j’avoue que je préférerai ce genre de piste, pour être honnête avec toi. Que des nobles de Kadam Hel s’en prennent à un Haut-Noble Fardenmorien, d’une dynastie déjà présente au début de la guerre ? Ce serait lâche, mais presque logique. Contrairement à un complot interne à notre pays. Je crois que moralement, je le supporterai mieux.

Nathan soupira.

Je sais, nous sommes deux. Mais malheureusement les deux sont des possibilités.

Célia soupira en croisant les bras sur la table.

Oui, et que si enquêter à Fardenmor est déjà délicat, ça le saura d’autant plus à Kadam Hel. Les cours de Desdémone ne vont vraiment pas être un luxe.

Elle se mit à réfléchir à voix haute.

Les Aigles, tu sais, l’unité de snipers et de Forces Spéciales dans laquelle j’étais sur le Front, ils étaient pas mal dans les affaires d’infiltration aussi. En retournant là-bas, il y aurait peut-être moyen que je puisse aller à Kadam Hel avec au moins un appui militaire non négligeable en échange de missions pour leur compte.

Elle soupira ensuite.

Et va falloir que j’apprenne à parler le Stellaire… Misère… Desdémone va se faire un plaisir de me martyriser avec ça.

Nathan lui fit un sourire en coin.

Ah quoi ça ressemblait, déjà… Hmm… “Cordélia, tu es sûre que tu ne veux pas apprendre le Stellaire avec moi ? Oh noooon, Nathan, ça ne me serviraaaa à riiieeen, laisse-moi bricoleeer…” singea-t-il, se souvenant d’une conversation datant de plus de dix ans, lors de vacances académiques.

Elle plissa les yeux.

Ça, c’est mesquin, Nathan. Je parle déjà l’Elam Evir, le Fardenmorien et le Shaïness. J’avais aucune envie de me lancer dans une quatrième langue qui n’est utilisée qu’en royaumes Stellaires où j’avais bien l’intention de ne jamais mettre les pieds.

Elle fit la moue.

Sincèrement, à l’époque, j’aurai trouvé mille fois plus intéressant d’apprendre l’As’Corvaz, ou pire  le Lo’kindjaleph ! C’est pour dire !

Nathan rit et, s’il ne dit rien, dans ses yeux dansait l’humour : lui parlait les deux langues en question, adorant apprendre et lire. Célia se fit plus méfiante devant l’attitude de son frère.

Oh non, non non non non non ! Je te vois venir, tu ne me feras pas apprendre toutes ces langues ! Le Stellaire, et basta !

Nathan haussa un sourcil.

Et si un message codé est en Lo’k ? Utilise une règle de grammaire As’Corvaz ? Je suis certain que Desdémone se fera un plaisir, tu verras.

Déjà que le Ven’Sakurai de Célia avait grandement progressé grâce à l’immersion… La jeune femme était blasée, mais à un point. Elle était sûre que son frère se vengeait pour ses moqueries à propos de Sofia.

Je retire ce que j’ai dit, tu n’es pas un gentil garçon !

Tu l’as dit, je suis ton frère, conclut-il avec un air satisfait.

Il eut droit à un gâteau dans la bouche pour qu’il se taise. Avant que tous deux ne se regardent fixement quelques secondes et se mettent à rire autour de leur thé. Ils reprirent alors leur recherche de Desdémone et Nathan en profita pour apporter les premières bases de Stellaire à sa sœur. Qui en fin de compte ne fut pas mauvaise élève et se plia à l’exercice sans trop rechigner. Ils finirent dans la bibliothèque où elle put lire ses premières pages de Stellaire en donnant quelques frissons à Nathan quant à sa prononciation. Au moins, il ne s’était pas mis dans l’idée de lui apprendre les langues mortes ! Il savait que ce serait pousser le bouchon un peu loin.

Trouver Desdémone ne fut pas simple. La persuader de reprendre l’enseignement de Célia fut une vraie épreuve en soi, mais l’Ombre Quérulente finit par accepter. Seulement, à l’annonce de ses futures actions en pays Hélian, Célia dut bel et bien apprendre le Stellaire, la géographie de Kadam Hel, la politique des grands Comtés frontaliers… Si les deux premières disciplines ne posèrent pas réellement de problème – elle retint toutes les cartes en moins de deux jours – la troisième était une toute autre histoire. Célia avait toujours été imperméable à la politique et là, elle se faisait réellement violence pour ne pas tout envoyer balader et gâcher les précieux enseignements de l’espionne. Elle savait qu’elle n’aurait pas une autre chance.

Mais ils ne pourraient pas s’entre-tuer entre eux une bonne fois pour toute, non ? Plus de nobles, plus de Front et je n’aurai plus mal à la tête !

L’homme de quarante-cinq ans extrêmement convaincant qu’était Desdémone en ce moment eut un sourire en coin.

Si seulement. Il existe de nombreux plans pour terminer la guerre via politiques et assassinats. Mais tu découvriras qu’il y a toujours quelque chose pour les faire échouer, les rendre inutiles ou une action quelconque pour qu’ils ne soient pas suffisants.

L’espionne fondait d’ailleurs de grands espoirs quant à l’ambition actuelle des Acäcio de Tournerive. Un Comte Hélian et sa femme, indifférents voire même Pro-Quérulents, qui avaient les cartes en main pour provoquer un véritable chaos dans la politique Héliane… Une vraie aubaine si près de la frontière et du Front mais… Célia scruta son professeur, perplexe.

Le conflit profite donc à des gens trop nombreux ou trop bien placés pour qu’on parvienne à le stopper. Et ce depuis presque mille ans ? J’ai du mal à voir quel genre de profit, mais c’est effrayant si c’est effectivement le cas.

Desdémone opina.

Ne l’oublie pas. Mais n’enquête pas dessus, lui interdit l’experte. Tu n’es pas une Ombre, et même les Ombres les plus expérimentées du palais préfèrent ne pas trop s’attarder sur le sujet.

Desdémone garda ensuite un silence entendu avant de vérifier les traductions de son élève, puisque, officiellement, Célia était la secrétaire d’un traducteur à l’ambassade de Shen Ming. Célia, qui commençait à en avoir marre des cols montants et droits de la mode Ven’Sakuraï, haussa les épaules.

J’ai déjà bien assez à faire avec les enquêtes concernant ma famille pour ne pas aller mettre le nez dans ce qui de un, ne me concerne pas, et de deux, risque de m’apporter des ennuis plus gros que moi.

Pas douée en politique, peut-être, mais Célia n’était pas idiote non plus. Desdémone hocha la tête.

Sage décision.

LOGO PHOENIX copie

Après un mois à regarder passer des courriers plus ou moins confidentiels en dix-huit langues dont la plupart en dialectes Ven’Sakuraï et n’ayant jamais eu le même faciès deux semaines d’affilée – le personnage de Desdémone étant censé être un vrai coureur de jupons -, Célia était libre, avec en main, de quoi trouver Desdémone en décembre. La première chose que fit Célia en sortant de l’ambassade, fut donc d’aller se changer. La mode Ven’Sakuraï lui était devenue insupportable et elle manqua de peu de brûler les vêtements qu’elle portait. Elle les abandonna sans vergogne dans la chambre d’un hôtel quelque part sur le trajet de son retour à Trapeglace.

Nathan, la prochaine fois que je dois voir Desdémone et qu’elle m’habille encore en Ven’Sak’, je me fais seppuku !

Nathan rit.

Ah, au moins, tu t’imprègnes de la culture! dit-il. Alors ? Ton Stellaire ? Le reste?
Je m’en sors plutôt bien, dit-elle dans un Stellaire quasi parfait.

Elle gardait un accent encore un peu nasal qui faisait un peu trop provincial, mais tout à fait honorable.

Très bien ! Tu vois ce n’était pas si difficile, répliqua-t-il dans la même langue.

Nathan avait aussi un accent. C’était le cas dans la plupart des langues qu’il parlait d’ailleurs, puisque son savoir était surtout littéraire.

Non, concéda Célia. Au final, le Fardenmorien et le Stellaire ne sont pas si éloignés que ça dans leur structure et le vocabulaire. Mais j’ai intérêt à ce que mon parlé soit parfait si je ne veux pas finir Désintégrée…

Elle fit une grimace ridicule d’une sorcière de carnaval, complétant le tableau de ses doigts crochus sur la tête pour mimer des cornes.

– … à Kadam hel, Leto ou Sérénie, je suis une vile Quérulente !

Nathan secoua la tête.

Selon les endroits où je t’envoie, certains n’auraient jamais remarqué le moindre accent dans ta phrase. Mais oui. Sois prudente.
Je vais continuer à travailler ça quand je serai de retour chez les Aigles. Ils sauront m’aider. Et puis j’ai Frédéric qui m’a déjà proposée d’aller visiter la Cité de Nacre à Tournerive. Ça peut être amusant.

Nathan fronça légèrement les sourcils. Il avait entendu les rumeurs de la Cité de Nacre et de ses sulfureux Barons.

… Je le connais, ce Frederick ?
Frédéric, pas Frederick, et tu ne l’as jamais rencontré, mais c’est le Khyan qui a eu son diplôme aux cours de Maître Zelk avec Sean et moi. Tu sais, c’est lui qui m’a permis d’entrer chez les Aigles. C’est un très bon ami.

Nathan fit le lien avec le “Fred” dont elle avait déjà parlé. Le nom était très Shaïness… Plus des rumeurs d’un Edénien… Sa sœur n’avait pas eu cette intonation mélancolique en prononçant le prénom de l’héritier Moonshade…

Juste un ami ? demanda-t-il, suspicieux.

Célia sembla trouver la question plus que saugrenue.

Frédéric ? Oh oui, juste un ami, je t’assure.
D’accord, accepta Nathan. Allez, pose-toi, je te parlerai de la liste de noms après le festin de Madame Esmé.

Célia ne se fit pas prier et alla comater dans la bibliothèque, profiter du calme et de son atmosphère particulière. Plus encore que sa propre chambre, elle avait toujours aimé cette pièce, même si les livres qui s’y trouvaient, c’était surtout bon pour Nathan et Sinaï, qu’ils les lisent pour eux-mêmes ou qu’ils lui en fassent la lecture… Quant au repas, elle lui fit un véritable sort.

Les Ven’Sakuraï avec leur riz gluant et leur poisson cru… rien ne vaut un bon sauté de bœuf à la sauce au vin avec des pommes de terres rôties !

Non, elle n’aimait pas la culture Ven’Sakuraï en général. Elle soupçonnait Desdémone de s’en être rendue compte et d’avoir choisi leurs identités à Shen Ming par pure vengeance mesquine. En tout cas, elle rattrapait son manque évident de nourriture Elam Evir. Elle était en train d’essayer de digérer devant un petit café quand elle remit enfin le sujet de l’enquête familiale sur le tapis.

Bon, alors, et cette liste, ça donne quoi ?

Nathan sortit un papier de la poche de son veston. Dessus, plus d’une dizaine de noms, dont six Hélians, et il lui expliqua à chaque fois les possibles liens avec leur famille ou pourquoi ils auraient pu vouloir tuer Hughes Avonis. Les coudes sur la table, pour tenir son front à deux mains, Célia était atterrée.

Tout ça ? laissa-t-elle filer sans vraiment le réaliser. Mais par où je commence ? Y’en a tellement !
Par les Hélians, dit Nathan. Les autres, je peux encore enquêter de mon côté, mais pour Kadam Hel, c’est beaucoup plus compliqué. Ça ira ?

Célia prit une profonde respiration en se redressant.

Il va bien falloir. Le seul problème que j’ai actuellement, c’est que je n’ai récupéré ni mon fusil, ni mes affaires…

Elle soupira.

– … tout était chez Sean.

Nathan se tendit légèrement.

Je suis sûr qu’il te rendra tout, tu peux même lui écrire, qu’il les envoie ici ou sur le Front…

Elle leva un regard sombre vers son frère.

Je lui ai déjà demandé de tout porter à Andreï. Mais je ne sais pas s’il a pu déjà le faire.

Nathan lui fit un sourire.

Alors appelle Andreï. Nous avons le téléphone, vois-tu, depuis qu’une adolescente a traité nos parents d’arriérés quand elle avait huit ans…

Célia se leva aussitôt, mais sans manifester un grand enthousiasme. Elle se retrouva devant le téléphone et hésita assez longtemps pour que Nathan en vienne à se poser des questions. Mais certainement pas les bonnes. Célia était juste mal à l’aise. Pas d’appeler Andreï, pas de savoir si Sean avait eu l’occasion d’accéder à sa demande. Non, elle s’en voulait de laisser Nathan dans l’illusion qu’elle s’était éloignée de Sean. Ce qui n’était vrai que physiquement. Elle qui ne cachait jamais rien à son frère… Elle passa finalement le coup de fil et attendit. Andreï lui confirma que toutes ses possessions étaient bien chez eux, en parfait état. Elle raccrocha lentement et revint vers Nathan, souriante mais avec à nouveau, l’éclat de son regard brouillé par la mélancolie.

Andreï confirme que tout est chez nos parents à Phoenix. J’y passerai rapidement avant de rejoindre le Front.

Dès lors, elle ne parla plus de Sean. Elle préférait éviter le sujet pour ne pas avoir à mentir. Nathan mit cela sur le compte d’une séparation un peu douloureuse, et ne fit pas de commentaires. Quelques jours encore et Célia quitta le domaine pour le Front, avec un détour aussi rapide que possible par Phoenix. Là-bas, dans ses affaires, Célia retrouva tout, et même quelques cadeaux cachés ici et là.

Tout sauf son collier. Ce qu’elle aurait assez mal pris s’il n’y avait eu un petit mot glissé avec l’un des chargeurs de son fusil : Sean lui rendrait son collier en personne.

LOGO PHOENIX copie

<- Chapitre précédent                                              Chapitre suivant ->