Le temps d'un tango

Fiction par Vyrhelle et A. Conroy

11 mars 983

Alti Kel’antan, Meldan pouvait tenir, sans forcer, plus d’une semaine sans dormir. Autant dire qu’une nuit à veiller Célia, pour rendre à ses cheveux leur splendeur originale, et surveiller les alentours pour la laisser profiter d’un sommeil mérité, ne fut ni difficile, ni désagréable. Il ne quitta son poste que quelques minutes après l’aube pour trouver une vieille cafetière, de l’eau, ce qui ressemblait vaguement à du café et mettre le tout sur le feu. L’odeur fut ce qui fit frémir les narines de la belle endormie. Elle n’avait pas encore ouvert les yeux que l’appel de sa boisson favorite la faisait se redresser lentement, sortant son nez de sous sa couverture de laine grise. Elle grogna un peu, comme protestant d’être déjà réveillée mais finalement bailla à s’en décrocher la mâchoire. Elle ouvrit enfin les yeux, avec difficulté.

– Du café ?

Elle passa alors sa main dans ses cheveux et trouva que quelque chose clochait. Elle tira sur une mèche bouclée et la regarda en louchant.

– … sont coiffés…

Meldan eut un sourire trop innocent pour être honnête.

– Probablement un toupidek. De petits esprits farceurs de la nature. Ils déplacent vos petits objets, se cachent dans les rainures des écorces, font craquer les branches la nuit et… démêlent les cheveux.

Il tira le café du feu.

– Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il vaut, rien ne se compare à un bon guram, mais il n’y avait que ça.

Célia resta immobile un instant, comme si son cerveau avait du mal à se mettre en marche.

– Toupidek ? Connais pas…, dit-elle finalement, complètement crédule à ce qu’il venait de lui sortir comme énormité.

Elle préféra s’approcher du nectar noir et chaud qui l’attirait comme un aimant.

– J’ai jamais goûté de guram. Seulement du hama. Mais rien ne peut être pire que le café de garnison, que je bois quand même… Alors pas d’inquiétude, je ne suis pas difficile.

Elle tendit les mains, espérant sa tasse. Meldan versa le précieux liquide dans un petit récipient de métal et le lui tendit.

– Hama ? Je ne connais pas, admit-il.

Lui, c’était son café de l’Hutandara ou rien ! Célia accueillit la tasse avec bonheur, respirant l’odeur avec délice.

– Le hama est la seule chose que les Darhàn ont de bien. Mais je goûterai volontiers du guram, si l’occasion se présente.

Elle but alors une première gorgée de sa boisson et soupira d’aise.

– … il est immonde, mais ça fait rien.
– Ça reste du café, rit Meldan.

Ils burent l’ignoble soupe noire en silence avant que Meldan ne se mette à s’étirer consciencieusement.

– Il fait beau, le temps est idéal pour voyager !

Elle resta à savourer sa boisson, les yeux à nouveau dans le vague, avec un vague sourire plus marqué au mot “voyager”.

– Oui, on dirait bien, confirma-t-elle avant de prendre un air plus fermé. Reste plus qu’à slalomer entre les patrouilles de goranii, les points de péages et les points de contrôles.

Elle leva sa tasse.

– Enfantin.
– Oui, assez, rétorqua un Meldan sérieux pour une fois. Mais je répète mon invitation d’hier soir : venez avec moi. Vous pourrez ainsi descendre vers l’Hutandara et de là, je vous servirai de guide jusqu’aux Terres Sauvages. Je doute juste que votre moto aime le terrain.
– Ça dépend de quel genre de terrain on parle. Elle est plus robuste que bien des motos et assez polyvalente. Mais elle est lourde. Elle tiendrait sûrement, mais c’est moi qui vais vite déchanter si ça se transforme en rallye cross.

Célia soupira en regardant Meldan se prendre pour un chat et se contorsionner les bras.

– Je n’ai jamais visité l’Hutandara… Mais je ne me sépare pas de ma Grande Dame.
– On a des routes, sourit Meldan. Mais elles sont plutôt faites de terre battue et pas forcément régulières, il faut s’enfoncer plus dans le cœur du pays pour trouver des routes plus élaborées. Aux abords des frontières, le mode de transport principal reste les pieds ou les pattes.

Il roula des épaules et attendit que quelque chose craque avant d’être satisfait.

– Sinon, la route gorani, oui. J’estime être un bon éclaireur pour éviter les goranii.

Célia eut un moment de réflexion qui la rendit plus silencieuse alors qu’elle réalisait que Meldan s’incluait systématiquement au voyage, quelque fut la direction proposée. Ce constat la mettait mal à l’aise. Pourtant, après des mois de solitude et une nuit en paix à ses côtés, elle devait avouer que l’idée ne lui déplaisait pas non plus. En tout cas, elle n’était pas contre tenter un bout de chemin avec lui.

– Sinon, vous connaîtriez un endroit où je pourrais la faire garder ?

Elle ramena son attention sur lui.

– A choisir, l’Hutandara me tente bien plus que Gora. Je veux voyager, pas encore et toujours jouer les courants d’air.

Meldan réfléchit.

– Oui, dans un village peu après la frontière, je sais à qui on pourra la confier, dit-il. Et récupérer des chevaux.

Célia eut un sourire timide mais franc. Puis elle se mordit la lèvre inférieure, comme une gamine prête à faire une bêtise avec beaucoup de satisfaction. Elle s’était décidée à tenter l’aventure.

– Va pour l’Hutandara.

Elle en avait les yeux pétillants d’émotion. Meldan opina, heureux de pouvoir constater quelques petits changements encourageants chez l’Hasperen. Mais il avait envie de faire tellement plus. Car la jeune femme face à lui n’était qu’un ersatz de la Célia de Keranor qui, en quelques danses, avait marqué son esprit et son cœur. Enfin, c’est l’impression première qu’elle donnait alors que Meldan était convaincu qu’en l’éloignant de Gora et surtout de cet Hyl’ioss, elle retrouverait sa force passée. Loin de se douter de tout cela, Célia prit quelques instants pour finir son café, puis abandonna enfin sa couverture et rassembla ses maigres affaires. Ils prirent ensuite la route, direction plein sud.

Si la cache de Célia n’était pas très loin de la jungle hutani, ils en eurent tout de même pour plusieurs heures de trajet avant d’apercevoir la frontière. Mais ils le firent sans souci notoire : la région était trop rurale pour que les goranii puissent surveiller tous les accès au pays indépendant voisin. Surtout qu’ils n’imaginaient pas Célia allant au sud, dans l’Hutandara, la pensant depuis longtemps remontée vers le nord. Une erreur qu’ils avaient déjà fait à plusieurs reprises, pensant toujours que la Dissonante devait rentrer à Keranor faire le rapport de ses missions. Alors qu’elle n’y avait plus mis les pieds depuis près d’un an… Meldan avait volé au-dessus de la moto, surveillant les alentours, arrivant à garder l’allure même quand Célia accélérait. Il ne redescendit que lorsqu’ils approchèrent la frontière et le véritable mur d’arbres délimitant nettement le début du pays Kel’antan. Et ce, avant même que le Wana, fleuve-frontière, ne soit visible.

C’est en passant un pont d’accès au-dessus des eaux vives de ce large cour d’eau, que Célia avait connues d’un peu trop près quelques années plus tôt, qu’elle aperçut les seuls hommes en armes de tout le trajet. Pas de Pisteurs goranii, mais de simples gardes-frontières hutanii plus ou moins dissimulés de part et d’autre de la route. Elle sut d’instinct qu’il y en avait sûrement le double qu’elle ne voyait pas, et quand temps normal, elle n’aurait jamais pu aller plus loin. Mais comme Meldan avait repris rapidement sa forme humaine et l’accompagnait, personne ne leur refusa l’entrée. Quelques mots dans la langue Kel’ que Célia comprenait très peu et ce fut réglé. Si elle avait été une élève plus attentive à la politique du Creuset, elle se serait certainement posé quelques questions sur la facilité évidente avec laquelle on les avait laissés passer. Mais comme ce n’était pas le cas, elle en arriva à la conclusion erronée qu’il était juste simple d’entrer dans l’Hutandara.

Meldan reprit ensuite son vol et à peine avaient-ils franchi l’orée véritable de la forêt que Célia se retrouva dans un autre monde. L’air était différent, il faisait plus humide, plus chaud, le paysage n’avait rien à voir avec ce qu’ils avaient laissé derrière eux. Elle en stoppa rapidement sa moto, en coupant même le moteur afin d’apprécier pleinement la découverte de ce nouveau lieu. Elle devait lever les yeux jusqu’au plus haut des arbres pour arriver à discerner le ciel à travers tellement de branchages que ce n’était que de petites taches bleues. Les arbres, immenses comme des immeubles de Phœnix, étaient peuplés d’une vie discrète mais bien présente, chantante, colorée et vive. Meldan, qui semblait vraiment peu enclin à apprécier de voyager près de l’énorme engin mécanique, avait profité de l’accalmie sonore pour atterrir près de Célia et retrouver à nouveau sa forme humaine.

– C’est fantastique, souffla la jeune femme fascinée.

Meldan sourit, fier, comme s’il avait sa part de succès dans le spectacle qu’était l’Hutandara.

– N’est-ce pas ? Attendez de voir le village, Heru Lotëu est un maître architecte.
– Herulotëu ? C’est son prénom ? Ou son nom complet ?, demanda Célia, peu au fait des noms Kel’antan.
– Ah oui, pardon, s’excusa Meldan en souriant. Loteü est son prénom, mais Heru correspond à votre “My Lord” keranorien. On dit Hiril pour une dame d’ailleurs. Apprenez-le, vous l’entendrez sûrement quand on s’adressera à vous. Par habitude, les hutanii ont tendance à les utiliser plus souvent que nécessaire.

Se rendre au village que visait Meldan ne fut pas toujours aisé avec la moto, mais à part quelques passages difficiles, ce fut juste un peu… remuant. Meldan eut la finesse d’esprit de ne faire aucune remarque désobligeante sur le côté inadapté de la machine élysiane à deux roues en terres hutanii… Pas fou. Surtout que Célia était endurante et ne se plaignait pas de l’exercice rigoureux que demandait les routes de terre battue. Elle avança à son rythme, mais fut quand même soulagée d’arriver à destination. Enfin, si destination il y avait. Elle ne voyait rien ressemblant à un village devant elle à part quelques rares et ridicules petites cabanes éparses. Jusqu’à ce qu’elle suive des yeux le vol de Meldan qui la dépassait et qu’elle en vienne à monter son regard plus haut… car le village était dans les arbres ! Des plate-formes de toutes les formes possibles, couvertes ou fermées, étaient suspendues au-dessus du vide, reliées entre elles par des dentelles de passerelles. Ce qui vint à l’esprit de Célia en voyant ça, c’était d’être devant un arbre de Nœl géant, où les gens vivaient dans les décorations. Les couleurs ne collaient pas avec la fête Kristaris de Métal, mais son ressenti fut le même que pour une enfant devant le fameux sapin.

– Meldan, c’est…

Elle eut un léger rire incontrôlé. Elle n’avait pas imaginé ce genre de chose. Oui, elle en avait entendu parler ou l’avait peut-être lu dans les livres poussiéreux de son frère. Mais le voir en vrai… Elle en resta immobile un bon moment. Meldan reprit à nouveau sa forme humaine, atterrissant près d’elle d’un mouvement naturel d’avoir été pratiqué des milliers de fois.

– Grand ? Vivant ?

Parce que le village était on ne peut plus habité. Les enfants couraient sur de fines passerelles à des mètres au-dessus d’eux comme s’ils étaient sur le sol, des adolescents passaient de branches en branches pour le principe de ne pas passer par les chemins “faciles”. Fenêtres et portes semblaient être une seule et même ouverture dans de nombreux cas…

– Heru Meldan !
– Lotëu !

Célia et lui avaient à peine atteint la première plate-forme en empruntant une large passerelle incurvée, qu’un Kel’antan à la coupe qui aurait fait pâlir d’envie bien des “punk” d’Elysia, aux larges tatouages sur les zones nues du crâne et sur le visage, avançait à grands pas vers eux. La discussion qui s’engagea aussitôt fut en hutani, si rapide et accentuée que Célia n’en comprit pas les trois quarts. Mais le résultat fut une des cabanes du sol pour sa Grande Dame et un repas gargantuesque dans le plus haut des arbres-maisons du village. Célia fut d’ailleurs heureuse de se rappeler que ces arbres-maisons, les Kel’antan les nommaient hālau, car elle put prononcer son premier mot dans la langue locale. Bien sûr, Lotëu faisait des efforts pour communiquer, mais il ne parlait pas un mot de keranorien et parlait plutôt en impérial avec Célia, ou ralentissait son hutani, mais Meldan traduisait plus souvent qu’à son tour. Au moins, la jeune femme n’avait pas autant souri depuis des siècles. Elle se sentait gauche et complètement décalée par rapport à tout le monde, mais les gens étaient si chaleureux qu’elle n’avait que son sourire pour toute excuse. Elle resta quand même assez effacée derrière Meldan, se reposant sur sa présence pour observer tout ce qui l’entourait, sans être noyée sous les questions dans une langue qu’elle ne maîtrisait pas, avec la difficulté supplémentaire de mots déformés par un très fort accent et dans un dialecte qu’elle n’avait jamais entendu.

Ikti et Loteü

A côté de ça, la nourriture était excellente, exotique et dépaysante à souhait. Célia y fit honneur tout en lorgnant allègrement sur la tenue d’une ou deux des femmes assises à leur table. Car avec son pantalon élimé aux genoux, sa chemise rapiécée et son gilet griffé de partout, en comparaison, elle se sentait comme une clocharde. Surtout qu’il y avait là quelqu’un qui prenait la tenue de Célia comme un affront personnel : la fille aînée de Lotëu était une beauté ebène d’une quinzaine d’années qui avait un goût prononcé pour l’esthétique. Avec des cheveux figés dans une coiffure complexe à l’aide d’une boue rouge et de fins filaments d’argent pur, elle était vêtue de très fins tissus ocre et de bijoux aussi complexes qu’élégants. Une jeune Seigneur qui n’avait sans doute pas souvent l’occasion de connaître les travaux manuels et qui devait s’en féliciter. A peine le déjeuner fini, elle se planta devant Célia en lui parlant très rapidement.

– Ikti demande si vous voulez bien l’accompagner. Elle dit que vos vêtements doivent vous tenir trop chaud, traduisit Meldan.

Célia avait compris les mots “vêtements”, “chaud” mais elle était à peu près sûre d’avoir aussi entendu “atroce” et “honteux” dans les dernières phrases de la jeune Kel’. Mais vu que cette dernière lui souriait, c’était probablement juste à propos de ses habits.

– Si elle a quelque chose à me prêter, je ne suis vraiment pas contre, répondit Célia, un peu gênée. J’espère juste que ça na va pas faire trop bizarre sur moi, avec mes cheveux roux et mon teint de craie.

Elle accepta l’invitation d’un mouvement de tête et suivit la dénommée Ikti sans trop se faire prier. Alors qu’elles remontaient une première large passerelle, Célia réalisait à quel point tout autour d’elle lui paraissait surréaliste. La veille encore, elle se faufilait en criminelle dans des rues sordides d’une cité gorani où la mort pouvait l’attendre à chaque coin de rue. Or là, elle semblait déambuler dans un drôle de rêve trop coloré. Tous ses sens étaient sollicités à chaque instant par une nouveauté ou quelque chose d’inédit. La hutani qui l’escortait, comme son père, faisait de son mieux pour être comprise et s’appliquait à faire découvrir son monde. Ce qui était tout bonnement artistique sans Meldan. Oh, il n’aurait rien eu contre le fait d’assister aux essayages, mais le jeune homme tenait à la vie… Les deux jeunes femmes durent se résigner à échanger des signes et leurs vocabulaires restreints, réussissant à faire quelques beaux contresens ici et là. Mais la bonne humeur resta de mise. Arrivées à ce qui devait être un appartement, Ikti sortit bientôt d’un coffre des tenues par dizaines. Dans des teintes vertes surtout, mais rien de vraiment pratique pour voyager. Plutôt juste de quoi avoir moins chaud et être à l’image de la plupart des habitants du village. Pour Célia, c’était difficile de savoir quoi choisir, ou tout bonnement, savoir comment certains vêtements se portaient. Tout était tellement différent. Elle finit par arrêter son choix sur quelque chose de simple, dans un tissu assez vaporeux d’un léger gris-vert doux et sobre, mais elle sollicita l’aide précieuse de la jeune Kel’antan pour ajuster la tunique correctement. Elle poussa même le vice à demander de faire quelque chose pour ses cheveux. Bref, quand Célia réapparut, elle ne faisait toujours pas hutani, mais la tenue lui allait à ravir : la tunique était composée de grands rectangles de tissus qui étaient noués ensemble de manière savante pour créer un bustier court et une jupe fendue de bas en haut qui reposait sur les hanches. Une large ceinture la maintenait en place, quelques liens de cuir brun ajoutaient des détails de sophistication à l’ensemble. Quant aux cheveux de la rouquine, ils avaient été tressés sur le crâne, mais laissés libres depuis la nuque, conservant les boucles naturelles de sa chevelure très Hasperen. Pieds et bras nus, elle avançait dans un silence plus agréable que le claquement de ses talons hauts sur les planchers de bois. Mais ce qui dénotait dans tout ça, c’est que moins couverte, l’on voyait davantage un nombre assez impressionnant de cicatrices, plus ou moins profondes, principalement sur l’arrière de son corps. Des blessures qu’aucune utilisation de Vitae n’avait estompées, qui avaient cicatrisées d’elles-mêmes et qu’Ikti avait remarqué avec une certaine consternation. Sur une peau si fine et si blanche, ces cicatrices devaient être quelque chose proche de l’insulte pour la Kel’antan car elle ne put cacher son indignation derrière la barrière de la langue. Célia ne rétorqua rien. Comment expliquer à la jeune fille qu’elle ne voulait pas faire disparaître ces cicatrices ? Qu’elles lui étaient… douloureusement précieuses ? Célia en fit quand même quitte pour l’application d’une crème à la forte odeur de plantes sur tout son dos avant d’être enfin libérée. Et quand elle retourna dans la pièce principale de l’hālau, elle fut accueillie par des sourires appréciateurs et quelques compliments en Kel’antan.

– Vous êtes splendide, sourit Meldan, qui s’était changé aussi.

Déjà, sa chemise s’était volatilisée quelque part. Il portait juste un pantalon et un collier complexe de cuir et de pierres. Ça laissait beaucoup de peau nue, tout ça.

– Lotëu nous invite à rester quelques jours, si vous n’êtes pas pressée de traverser le pays pour rejoindre les Terres Sauvages.

Elle eut du mal à ne pas montrer qu’elle détaillait Meldan avec un peu plus d’intérêt, maintenant qu’elle pouvait voir qu’il était plutôt bien bâti. Mais se reprenant assez vite, elle sourit chaleureusement à Lotëu.

– Je sera honneur, essaya-t-elle de dire dans la langue Kel’ avec un accent épouvantable, mais beaucoup de bonne volonté.

Elle rougit un peu puis tourna la tête vers Meldan.

– Je n’ai aucun impératif que ceux que je me donne. Je resterai volontiers. Je découvre l’Hutandara et j’avoue que c’est … dépaysant.

Meldan traduisit donc la réponse plus détaillée de Célia et se fit un plaisir de confirmer qu’ils acceptaient tous les deux l’invitation.

– Tant mieux, ça me laissera le temps de trouver deux bons chevaux. Le seigneur voisin en élève des excellents, précisa Meldan, ravi.

Elle eut un air un peu gêné tout à coup.

– Alors il faudra en profiter pour me donner quelques cours. Je suis une piètre cavalière.

Le Kel’antan eut l’air surpris.

– Vraiment ? Je ne suis jamais monté sur un de vos… motocycles, mais j’aurais cru que c’était similaire ?
– Ça n’a pas grand chose à voir, dit-elle en se grattant le front. Je vous l’assure. Un jour, je vous ferai essayer ma Grande Dame si ça vous amuse de faire la comparaison, mais dans ce cas, la belle route goudronnée sera de rigueur.

Elle se redressa et prit une attitude plus calquée sur celle des gens autour d’elle, commençant à utiliser presque automatiquement un réflexe de mimétisme initié par Lady de Winter, des années plus tôt.

– Je n’ai que rarement eu l’occasion de me déplacer à cheval. Mais j’apprends vite. On verra comment je m’en sors d’ici notre départ.

Le village de Loteü

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4 Comments

  1. Vive l’Hutandaraaaaa!
    Les deux illu sont magnifiques, et le lien direct sur la grande version de l’image, c’est mieux!! (j’avoue avoir toujours fait mes commentaire d’image ici que sur l’image elle-même!! ^^)

    • Vyrhelle

      6 avril 2018 at 20 h 15 min

      C’est ce que je me suis dit quand j’ai vu cette option. Je vais voir pour la généraliser progressivement à tout le blog. Progressivement… parce que ça va me demander d’éditer touuuus les posts XD

  2. Pourrions – nous avoir la chance de voir Celia et Meldan dans leur tenue Kel’ ? Je suis sure qu’un Meldan torse nu et une Celia habillée dans une de vos belles créations vestimentaires feraient du plus bel effet …
    Encore bravo pour votre retour littéraire et vos superbes illustrations !

    • Vyrhelle

      6 avril 2018 at 23 h 42 min

      C’est prévu au programme dans les chapitres à venir. J’allais pas passer à côté de ce genre de choses 😛
      Et merci beaucoup ! Je fais de mon mieux pour que ça vous plaise ^_^

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