Le temps d'un tango

Fiction par Vyrhelle et A. Conroy

23 juillet 983

Après deux semaines à s’occuper de cette affaire déroutante, et constater un autre cambriolage dans le centre-ville, suivi de deux agressions à mettre sur le compte des nouveaux troubles-fêtes, Sean dut se rendre à l’évidence que les Triades n’avaient pas menti. Les Commandos qui surveillaient discrètement leurs activités étaient unanimes, ce n’étaient pas des membres de ces familles qui étaient derrière les assaillants, les Darhàn masqués. Oui, masqués, parce que c’était devenu leur signe distinctif que d’apparaître à chaque fois avec des masques de bois aux couleurs vives d’animaux grimaçants stylisés, dans le plus pur style du royaume de Xinzo. Un singe, un renard et un dragon étaient les plus souvent décrits par leurs victimes. De plus, il n’y avait aucun doute sur le fait qu’ils étaient Darhàn et Seigneurs, chacun ayant utilisé, durant le cambriolage, le Grand Laï de cette Caste pour atteindre une fenêtre à l’accès difficile et laissé des traces caractéristiques de semelles d’avoir marché sur les murs… Mais ce qui préoccupait vraiment le Démon, c’est que dans tout ça, les autres clans du Quartier Rouge semblaient encore moins impliqués que les Triades. Il allait donc falloir plus d’informations et pour cela, attendre de nouvelles attaques, espérer des rumeurs, recouper les indices, deviner les intentions réelles de ces fauteurs de troubles. Bref, rester à l’affût.

Sans vraiment s’en rendre compte, les jours avaient filé et Sean réalisait bientôt qu’il n’avait pas eu l’occasion de parler à Ian, quand il était hors de question de laisser leur lien se dégrader davantage qu’il ne l’était déjà. Certes son ami était retourné dans la Fosse, puisque l’été était la période la plus riche en combats, mais ce n’était pas une excuse. Après avoir donné ses ordres et confié les commandes des affaires en cours à Falcon, Sean avait donc embarqué à l’héliport de Phœnix dans un héliporteur militaire avec un ou deux dossiers sous le bras à étudier durant le trajet. Pour finir par atterrir sans tambour ni trompette dans la zone Est de la Fosse. Il faisait rarement le déplacement, mais ce n’était pas la première fois qu’il venait. Sauf que si le camp d’hiver, bien plus au nord, avait une position et une implantation stables, ce n’était pas le cas du camp d’été qui variait selon les mouvements de la ligne de front et les variations du terrain. Retrouver le “général Ian, Ange et Kristaris de Métal du Deuxième Cercle” s’avérait toujours plus hasardeux durant la saison chaude. Surtout quand les gardes à l’entrée de sa tente lui annonçaient que ledit général était sorti… Au bout d’une heure à aller de tentes de commandement en tentes d’intendance, Sean commençait vraiment à se demander où avait bien pu passer son ami. Il voulait discuter de choses importantes, pas perdre son temps à encore lui courir après.

Jusqu’au moment où il fut saisi d’un doute… et prit la direction de la ligne de front. Là où aucun Suprême Alti ne devait se trouver, encore moins prendre part au combat, selon une règle ancestrale acceptée par les deux camps en présence. Car ni Dissonants, ni Harmonii n’avaient envie de voir des êtres aux capacités défiant les lois même de la physique venir changer la donne dans un conflit déjà bien trop sanglant… Le Creuset n’avait pas besoin d’y ajouter des catastrophes potentielles dignes de cataclysmes ambulants, dont Ian faisait partie ! C’est donc bien là que Sean le retrouva, l’air absolument ravi, donnant des ordres tout en étudiant une carte recouverte d’annotations et de figurines, dans ce qui était à l’évidence son plan d’attaque. Au moins n’avait-il pas complètement transgressé les règles.

– Quand je pense que tu as toujours détesté jouer aux échecs, spécifia Sean sur un ton plutôt détendu, comme si tout ça était parfaitement normal.

Ian leva une main dédaigneuse et balaya l’air devant lui, sans lever le nez de ses cartes. Les officiers autour de lui n’en faisaient pas autant, déjà figés d’avoir reconnu le Duc d’Umbras. Le plus proche de Ian donna aussi discrètement que possible un coup de coude à son roi, général et supérieur, mais Ian l’ignora.

– Je ne déteste pas jouer aux échecs, môsieur Sean, juste jouer contre toi. Ou contre mon père. Bon, alors, je disais donc que l’unité de BoraaaAAAAAAAH Seaaaaaan ????

Cette fois, le Démon avait toute l’attention de Ian. Un Ian qui ne s’attendait visiblement pas à de la visite.

– Maiiiiiis j’ai rien fait, qu’est-ce que tu fous lààa ?!

Sean fut ravi de constater que la réaction de son ami était totalement prévisible et fidèle à l’ordinaire. Il s’approcha de la table, observa les manœuvres présentées et ajusta la position d’une unité un peu trop exposée dans un geste que Ian aurait sûrement fait s’il n’avait été interrompu.

– Je suis venu te proposer d’aller boire un verre, l’invita Sean avec simplicité. Mais tu es occupé, on dirait.

Ian cligna des yeux, un peu surpris par le ton bien plus habituel de Sean que celui qu’il avait eu ces derniers temps. Il en sourit comme un idiot, toussota et se redressa.

– Oh… hé bien, je suppose que j’ai le temps… après la bataille ?

Sean s’assit alors naturellement sur une chaise un peu en retrait du auvent qui servait de centre des opérations.

– J’ai tout le mien. Tu permets que j’observe ? Ça m’occupera.

Ian sourit et opina.

– Bien sûr, pas de souci !

Il reprit la réunion, récapitula ses instructions avant de libérer ses officiers, sembla un peu ennuyé puis soupira.

– Je suppose queeeee jenaipasledroitdallerjoueraussiiiiii ?

Suprême Alti, c’était trop nul, on ne pouvait jamais s’amuser. Sean haussa les épaules avec un mouvement explicite des mains.

– J’ai bien peur que ce ne soit une loi que, même toi, tu ne puisses contourner. Je pourrais aller m’amuser à ta place, mais je n’ai pas pris mon armure. Alors, on va le prendre ce verre ?

Ian grommela.

– Après la bataille, j’ai dit. Même si je peux pas combattre, je peux donner mes ordres !!

Il passa à côté de Sean en soupirant mais resta sage. Tout le long des hostilités, il donna ses directives, modifia certaines formations, adapta sa stratégie. Et quelques heures et une victoire plus tard, il sourit à Sean.

– Voiiiilà, maintenant on peut boire ce verre. Et penser au général en face qui doit rager et manger ses bottes. Du moins, s’il respecte le pari.

Pari proposé dans une lettre qu’il lui avait fait parvenir et dont il n’avait obtenu aucune réponse. Aucun savoir vivre, ces goranii. Ian en ricana sans retenue, entraînant son ami. Il connaissait un coin, à l’écart d’un camp militaire actuellement un peu trop vivant et bruyant, qui serait parfait pour bavarder. Ils s’y dirigèrent, en récupérant au passage une bonne bouteille à l’Intendance.

– Tu as pensé à lui faire parvenir un peu de condiments pour les assaisonner, au moins ?, lança un Sean d’une humeur débonnaire qu’il n‘avait pas eu depuis une éternité.
– Nan, j’avais rien mais je lui ai suggéré d’en acheter du bon, parce que ses bottes sont sans doute mauvaises.
– Espérons qu’il perdra quelques dents dans l’affaire, conclut Sean en ouvrant la bouteille.

C’était un alcool léger qui ne leur ferait pas plus d’effet que de l’eau, mais son parfum était agréable. Il en servit deux verres et tendit l’un à Ian avant de saisir le sien. Il prit le temps d’une gorgée et d’un silence en regardant le paysage avant de se manifester à nouveau.

– Je suis désolé, dit-il sans détour.

Quand on savait qu’il ne s’excusait jamais de rien, la phrase avait son importance.

– J’ai réagi comme un enfant.

Ian était en train de boire quand Sean prononça les mots les plus inattendus possibles. Il en renversa son verre et manqua de recracher ce qu’il avait en bouche. Manqua, seulement. Il avait déjà trop gaspillé de ce bon alcool.

– Tu… tu es QUOI ??

Il secoua la tête, inspira et but à même la bouteille.

– Ooook. Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Sean ?

Sean leva les yeux au ciel, d’un gris bleu pas assez franc pour la saison, avant d’en revenir au fond de son verre.

– Je suis sérieux, Ian. Mais je me répèterai pas, si ça peut te rassurer.

Ian ricana et se servit un autre verre, remplissant à nouveau celui de Sean.

– Celle là, je t’en reparlerai encore dans cent ans, je te le garantis ! Et de quoi tu es désolé, bougre d’âne de tête de mule de Démon surprotecteur et paranoïaque ?
– D’être justement un bougre d’âne de tête de mule de Démon surprotecteur et paranoïaque. En tout cas, de l’avoir été pour de mauvaises raisons depuis plusieurs semaines, répondit-il en scrutant toujours le fond de son verre, mais sans donner mine de vouloir le boire.

Ian soupira et passa sa main sur son crâne.

– Tu sais… j’ai compris, je t’assure. Et moi, je m’en voulais de te rappeler certains souvenirs pas forcément très heureux.

Il hésita un instant, incertain quant à la suite, mais décida que Sean avait bien le droit à un peu d’explications. Ou, du moins, quelque chose qui pourrait lui faire comprendre ses propres réactions.

– Je l’aime, tu sais. Vraiment. C’est pas un coup de tête ou juste pour faire ch… ennuyer mon père.

Il ricana un peu.

– Bon, ok, si, au début, je t’avoue que ça a joué. Mais ça fait un bail que c’est terminé, ça. Elle est formidable. Et je refuse de perdre encore une fois une femme que j’aime assez pour envisager de l’épouser. Surtout que, là, même le grand, puissant et immortel Kerann-père ne peut rien dire !

Sean, qui avait écouté avec attention, leva bientôt les yeux vers Ian, les sourcils froncés.

– Encore une fois ?

Car le Kristaris de Métal était bien certain de n’avoir aucune idée de ce que ça sous-entendait. Ian grimaça puis poussa un long et grooooos soupir. Il se posa sur ses coudes, plus vautré sur le sol qu’assis, et fixa le ciel.

– Ouais. Encore. Pourquoi tu crois que je suis rentré du Collège à mes quinze ans plutôt qu’aux vingt prévus, hein ?

Il resta un moment silencieux, les yeux dans le vague, et c’est quand Sean crut qu’il ne dirait rien d’autre qu’il se mit à raconter.

– C’était… dans mon Collège. Tu sais… “là-bas”. J’avais peut-être douze ans quand j’ai commencé à vraiment faire attention à elle. On était dans la même année et elle était toujours gentille, toujours agréable avec tout le monde. Toujours calme et douce… sauf quand elle n’aimait pas quelqu’un. Là, c’était une autre histoire. Bref.

Il se redressa et remonta ses genoux sous son menton, un sourire nostalgique sur le coin des lèvres.

– Elle était Darhàn et les magisters faisaient ses louanges à tout bout de champ.

Il fit une petite moue.

– Pas les miennes, étrangement, et je continue à dire que si ce magister a eu une crise cardiaque, ce n’était pas ma faute !!

D’abord ! Accusation infondée et honteuse.

– Et puis, il s’en est remis. Bon, j’en étais où… ah… oui. A douze ans, j’ai commencé à la trouver jolie. A quatorze, on a commencé à sortir ensemble un peu plus sérieusement et même pas six mois plus tard, on était officiellement ensemble.

Ian secoua la tête, le regard plus orageux.

– Je n’en ai jamais parlé à mon père, évidemment, ni à personne d’ici. Mais alors que ça commençait à devenir réellement sérieux entre nous deux, j’ai reçu l’ordre de rentrer. Il m’avait fait surveiller…

Il haussa les épaules et reprit son verre.

– Je sais ce que tu vas dire. A quatorze, quinze ans, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’amourette, c’est trop jeune, bla bla blaaaaa je l’ai entendu, merci. Mais non.

Le jeune roi fit tourner le liquide ambré dans son verre, sans plus regarder Sean.

– Le Choix, je devais le faire à vingt ans. Je n’étais pas stupide, je savais que je disposais que d’un temps limité avec elle, mais même ça, ça n’a pas plu à mon père. Plutôt que de me faire confiance et me laisser encore ces cinq malheureuses années, il m’a annoncé que le temps était venu, que j’allais être adoubé et que je devais rentrer.

Ian eut un rire sec alors qu’il redressait la tête.

– Mon Choix a été tronqué, ma liberté raccourcie et tout ce que j’avais commencé à réellement apprécier… là-bas… détruit. Parce qu’il ne m’a pas fait confiance. Comme si j’avais pu renier mon devoir et mon pays, acheva-t-il en murmurant.

Sean resta silencieux après ces révélations, réalisant qu’il n’avait même pas soupçonné une seconde tout ce que son ami avait dû laisser derrière lui en revenant à Keranor. Lui n’avait eu l’impression que de retrouver un adolescent exubérant qu’il avait réellement sous-estimé. Ian était meilleur comédien qu’il ne l’avait jamais soupçonné. Il avait bien plus de points communs avec son ami qu’il ne l’aurait jamais cru.

– J’avais quatorze ans aussi. L’âge n’a rien à voir. On sait.

Le Démon vida alors son verre et saisit la bouteille des mains de Ian pour se resservir.

– Et si je suis là aujourd’hui, c’est que j’ai compris que tu aimes Kaede. Il m’a fallu un peu de temps pour l’accepter…

Il eut ensuite un sourire en coin.

– Mais soyons honnête, je ne suis pas encore prêt à lui faire confiance.

Ian leva les yeux au ciel, retrouvant son air amusé habituel sans même se forcer.

– Ha bah ça alors, pour une surprise, c’est une surprise !! Toi, ne pas faire confiance à quelqu’un ?? Tu ne faisais pas confiance à Nounou’s ! Et c’était mon DOUDOU !!

Il renifla avec un dédain marqué et tendit son verre.

– Perds pas la main. Ceci dit, tu as maintenant l’explication aux cheveux blancs de mon père, apparus dès mon retour.

Il lui avait tellement, mais tellement, fait payer cette décision… et il continuait.

– Ceci dit, c’est mieux comme ça. Elle est sans doute mariée, maintenant, heureuse, et très, très loin d’imaginer avec qui elle sortait vraiment. Enfin…

Au loin, on entendait les appels, les chants, les rires, les cris de douleur, aussi, et les hurlements d’un campement après une bataille gagnée. Ian écouta un instant avant de revenir à Sean.

– Eeeeet donc… plus besoin de me cacher quand je l’invite et qu’on sort ensemble, alors ? Parce que, bon sang, ce que tu peux être pénible !!
– Je suis payé pour être pénible, Ian. Et ça n’a rien à voir.

Sean changea alors d’attitude et d’expression pour quelque chose de plus professionnel.

– Je ne voulais pas t’empêcher de sortir avec elle. En tout cas, pas depuis un bon moment. Mais il se passe des trucs louches à Phœnix, ces derniers temps. Des attaques revendiquées mais par des Seigneurs que je n’arrive pas à identifier et pour le compte de quelqu’un dont je n’arrive même pas à deviner les objectifs. Des dangers que je ne contrôle pas, qui ne semblent pas liés à la Pègre et pourtant trahissent une vraie et minutieuse organisation. Je ne voulais pas te voir pris là-dedans.

Ian haussa un sourcil.

– Tu vois ? Tu me prives de tout ce qui est marrant. Quoi, tu craignais qu’on me tire dessus ? Aurait-on inventé une arme plus rapide que moi, ces derniers mois ? Ou un assassin que je ne regarde pas “courir” vers moi ( il mima les guillemets avec ses doigts ) pour me tuer, et si lent que j’ai le temps de faire une sieste ?

Il grommela quelque chose sur le fait qu’être Suprême Alti, c’était pas drôle d’abord.

– Ou ce sont des retombées politiques possibles qui t’ennuyaient ?

Il ricana et se leva, s’époussetant avec soin.

– Du coup, cette bataille étant terminée, mon amusement avec, je vais de nouveau être disponible, tu veux un coup de main pour régler ce souci ?

Sean allait répliquer qu’une arme assez rapide, non, effectivement, même lui n’en connaissait pas. Mais Ian n’ayant pas accès à la Résonance Inconsciente Hasperen, ni des yeux dans le dos, et une balle étant plus rapide que le son de sa détonation, il suffisait de tirer de loin pour l’avoir… Mais s’abstint. Il trouverait bien l’occasion de faire réaliser son erreur à son roi et ami avec d’inoffensives mais ô combien désagréables balles choquantes… Et puis, sa dernière question le ramenait face à son actuelle impuissance à régler le problème. Il afficha un air blasé et finit son verre.

– Ce serait avec plaisir s’il n’y avait pas le petit désagrément de ne pas savoir où frapper. Mais quand ce sera le cas, tu seras le premier averti. Je te dois bien ça. Ensuite, parce qu’en t’ayant avec moi, je n’aurai pas à redouter que tu provoques une catastrophe.

Frères

Ian s’insurgea immédiatement et protesta haut et fort.

– Heeeeey je te permets pas !! Je ne commets jamais de catastrophe !!

Il renifla et croisa les bras, boudeur et vexé, avant de laisser ses fesses retomber dans l’herbe jaunie par le soleil.

– Sauf quand je le fais exprès et c’est pas pareil !

Sean en resta totalement impassible.

– Il faudra plus que des chatons pour me convaincre, tu le sais ?

Ian le regarda un instant, sans comprendre.

– Des chatons ? Quels cha… aaaaah çaaaaa !!

Il ricana sans la moindre vergogne à ce souvenir.

– C’était pas une catastrophe, ça, c’était une vengeance personnelle envers mon cher père. Ce qu’il sait parfaitement.

Il avait un regard absolument angélique et un sourire parfaitement diabolique.

– Pour le reste, je suis innocent. De tout.
– Tu as vraiment cru que je pourrais croire à ce bobard ?, sourit Sean avec de l’amusement au fond des yeux.

Car soulagé d’être toujours aussi complice avec Ian, il sentait qu’il allait définitivement mieux. Il relança même la conversation, et les deux amis restèrent à parler pendant un très long moment, oubliant les sujets graves et sérieux pour des choses plus légères voire stupides.

Sean dut pourtant se décider à quitter la Fosse. Il avait du travail qui l’attendait à Phœnix et surtout il ne se sentait pas d’humeur à dormir dans un lit de camp. Il s’apprêtait à monter à bord de l’héliporteur quand un jeune soldat l’interpella.

– Un message pour vous Messire Moonshade, dit-il sans fioriture en tendant un pli cacheté.

Intrigué, le Démon l’ouvrit aussitôt pour découvrir une écriture manuscrite pressée et énergique.

Messire Moonshade, je voulais vous faire parvenir une missive quand j’ai appris que vous étiez sur le front. J’ai donc rédigé ce message à la hâte.

Le Major Cordélia Amaris Avonis va être officiellement déclarée comme portée disparue. Personne ne sait où elle est depuis presque 6 mois malgré de nombreuses enquêtes et recherches d’informations, autant à Gora qu’à Keranor. Les goranii ont renouvelé la prime pour sa capture, ce qui est rassurant, mais nous ne pourrons bientôt plus continuer les recherches. De plus, je commence à avoir quelques échos inquiétants sur l’intérêt grandissant des Corbeaux sur elle. Il serait judicieux de la déclarer en retraite anticipée pour que personne ne vienne à la considérer en désertion. Sa réputation la protège mais ça ne durera pas.

Je reste à votre service et continuerai à vous tenir informé sur cette affaire.

Capitaine Eagle.

Sean froissa le papier entre ses doigts. Mais ne manifesta rien de plus, sinon qu’il tourna un regard froid vers le messager.

– Dites au Capitaine que j’ai bien pris note de son message et que je m’occupe de ce qui doit être fait.

– Bien, my Lord, salua le soldat avant de disparaître.

Ce ne fut qu’à bord de l’héliporteur qui allait le ramener à la capitale qu’il se permit un long soupir. Il ouvrit ses doigts crispés sur le message et regarda la feuille froissée. Il commençait à se faire une raison. Célia ne lui reviendrait jamais. Parce que même si par miracle, elle refaisait surface, il était sûr de ne toujours pas pouvoir la protéger. Il n’avait même pas pu retrouver sa trace, comment imaginer qu’il pouvait la protéger de tous ses ennemis ?… Oui, il se faisait une raison, mais le simple fait de voir son nom écrit le troublait encore. Il regarda son poignet nu, referma sa main et se mit à fixer l’horizon.

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6 Comments

  1. comment ça visuel provisoire??? y’a du laisser aller!!!

    Bon voilà qui est mieux. Sean et Ian ne peuvent pas être en froid. c’est contre-nature!! xD

    • Vyrhelle

      7 juillet 2018 at 16 h 05 min

      Ouais, non, ils pouvaient pas. Ils sont condamnés à être amis envers et contre tout. Sean a pas fini de soupirer…

      … et c’est pas ma fauuuute, mon scanner il est tout mort T__T
      Mais le nouveau arrive en début de semaine, je pourrai finir très vite ^^

      • ça va c’est une bonne excuse!! xD, dur d’aller contre la technologie quand elle décide de faire des siennes!! ^^

        • Vyrhelle

          7 juillet 2018 at 22 h 25 min

          Surtout avec un scanner que j’ai depuis presque 20 ans ! Il a bien vécu, mais il m’a lâché d’un coup, sans prévenir ^^; Du coup, j’ai réalisé de manière un peu brutale à quel point je suis dépendante de ce petit outil…

  2. J’aime bien cette image.

    Bon, juste un verbe qui coince sur une phrase, sinon rien à redire !
    “Sauf que si le camp d’hiver, bien plus au nord, avait une position et une implantation stables, ce n’était pas le cas du camp d’été qui variant selon les mouvements de la ligne de front et les variations du terrain.”
    –> je pense que c’est “camp d’été qui variait..”

    Bon ces deux-là sont réconciliés au moins ! Bon par contre, il fait toujours de la peine Sean quand il pense à Célia… à suivre ! ^^

    • Vyrhelle

      23 juillet 2018 at 13 h 17 min

      J’avais envie de la faire depuis un moment pour illustrer le lien fraternel qu’il y a entre Sean et Ian. Elle mériterait encore quelques améliorations, mais l’idée est là.

      Et oui, Sean fait de la peine… Mais je ne peux rien dire de plus sans spoiler 😛

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