Le temps d'un tango

Fiction par Vyrhelle et A. Conroy

26 août 983

Le jour commençait à décliner quand la demeure Avonis se dessina au bout de la route. Célia s’était stoppée juste avant la grande porte d’entrée du domaine, qu’elle ne se souvenait pas avoir déjà vue fermée. Elle avait hâte de franchir la courte distance qui la mènerait à la grande demeure Hasperen. Mais en même temps, elle avait besoin d’un instant pour s’y préparer. Elle espérait juste qu’elle ne tomberait pas à un mauvais moment. Elle n’avait pas coupé le moteur de la moto et quand elle se décida, elle n’eut qu’à accélérer. Elle le fit de manière modérée, sans précipitation. Et peut-être pour la première fois depuis qu’elle savait conduire, elle ne fit pas voler le gravier sur son passage. Ils arrivèrent en quelques courtes minutes devant le grand escalier de marbre, elle coupa le moteur et se leva de l’engin pour faire face à la grande maison. Elle souriait doucement, le cœur battant d’être enfin rentrée. Nathan sortit du manoir comme s’il avait le diable à ses trousses et se figea en haut de l’escalier de marbre. Ce qui sauta aux yeux de Célia, c’est que son petit frère avait plus changé qu’elle ne l’aurait cru. A présent, hormis ses cheveux roux, il ressemblait terriblement à leur père et le bouc bien taillé qu’il arborait accentuait ce fait.

– Cordélia…, souffla-t-il, incrédule, l’observant comme s’il n’y croyait pas.

Puis il dévala les marches à toute allure.

– Cordélia !

Célia eut un sourire éclatant alors qu’elle se mettait à courir vers lui, dans un même élan. Elle se jeta à son cou et le serra contre elle, avec assez de force pour arriver à lui en faire peut-être mal. Mais elle était si émue qu’elle avait déjà les larmes aux yeux.

Frère et soeur

– Nathan… Nathan, répétait-elle le nez enfoui dans son cou.

Nathan la serra contre lui et lui aussi serrait trop fort, son visage dans les boucles rousses de sa sœur.

– Cordélia, j’avais tellement peur, de ne jamais te revoir ou…

Ou qu’on lui renvoie un corps.

– Oh, sestranka…

Elle ferma les yeux sans desserrer son étreinte.

– Je suis tellement désolée, mladshiy brat.

Nathan secoua la tête.

– Ça n’a aucune importance, tu es là, tu m’es revenue…, dit-il, pleurant contre son épaule.

Elle eut un léger rire alors qu’elle rouvrait les yeux et levait son visage pour embrasser sa joue.

– Oui, je suis revenue, Nathan.

Elle lui caressa le visage pour venir le prendre dans la coupe de ses mains.

– Je suis là. Et je vais bien.

Quand on savait comment et pourquoi elle était partie, c’était une phrase qui avait toute son importance. Nathan scrutait son visage, cherchait ses yeux, éberlué.

– Vraiment ? Oui, ton sourire… Depuis combien d’années ne t’ai-je pas vue sourire ainsi ?

Même avant la mort de Frédéric. Le vassali avait aidé sa sœur, mais il n’avait pas suffit.

– Comment, Cordélia ?

Célia tourna simplement son visage et regarda dans la direction de Meldan qui était resté en retrait. Elle tendit une main vers lui.

– J’ai eu de l’aide. Nathan, je te présente Meldan. Meldan, mon frère, Nathan.

En temps normal, Nathan aurait probablement grimacé. Un homme, encore, quand l’amour de Célia restait ce qui la brisait encore et encore. Mais Meldan lui avait ramené sa sœur, lui avait rendu son sourire et, pour ça, sa reconnaissance éternelle lui était déjà acquise. Il avança jusqu’au Kel’antan.

– Meldan, je vous serai à jamais redevable pour m’avoir rendu ma sœur.
– Nathan, l’honneur est mien, lui assura Meldan, rendant une poignée de main franche.

Célia était restée sur la même marche de l’escalier, les regardant avec un amour infini dans les yeux et se mordilla les doigts d’émotion et de joie. Elle avait un sourire si large qu’elle en avait déjà mal aux joues. Mais elle était on ne peut plus heureuse.

– Nous pourrions peut-être rentrer ? J’ai hâte de savoir comment vont Sofia et Sinaï.

Le sourire que Nathan lui envoya fut éblouissant et elle comprit vite pourquoi. En haut des marches, au bras d’un Sinaï qui avait aussi adopté le bouc, Sofia venait d’apparaître et le ventre de l’Hasperen était assez rebondi pour ne pas laisser de place aux doutes. Célia en ouvrit de larges yeux stupéfaits. Elle resta bouche bée un instant. Puis réalisant qu’elle était figée depuis plusieurs secondes, elle regarda vers son frère. Avant de s’élancer vers la jeune femme et venir lui prendre les mains dans les siennes.

– Oh Sofia, c’est fantastique. Je suis si heureuse de te revoir… Et…

Célia eut un rire nerveux, regardant Sofia, Nathan, Sinaï même… Elle était presque perdue.

– … et je suis si heureuse pour vous tous ! Toutes mes félicitations !

Elle en revint à son frère.

– C’est une merveilleuse nouvelle, Nathan.
– Quand Sofia me l’a annoncé, j’ai tellement espéré que tu reviendrais, Cordélia. Que tu serais là pour la naissance, que tu ne manquerais pas la venue au monde d’un autre Avonis… Et te voilà, sourit-il, les yeux encore brillants.

Elle s’approcha de lui, lui prit le bras et l’invita à sa suite. Elle tendit aussi une main vers Meldan, histoire d’être entourée des deux hommes qu’elle aimait.

– Rentrons, nous avons des tas de choses à nous dire, je rêve de me vautrer dans le canapé du salon et j’ai envie d’une tasse de chocolat et de hjortebakkels.

Meldan écarquilla les yeux.

– Les hjortebakkels, les beignets Hasperen, réalisa-t-il. Tu as appelé ton cheval Beignet !

Nathan regarda sa sœur, et éclata de rire, heureux comme jamais. Il retrouvait réellement sa sœur, la véritable tornade rousse qu’elle était ! Célia haussa les épaules.

– Avec sa tâche autour de l’œil, tu crois que j’aurai pu l’appeler autrement ? Bakkels, c’était parfait !
– Et moi qui ne retrouvais pas la traduction…, avoua Meldan.

Riant, Nathan les installa au salon. Madame Esmé vint en personne saluer Célia et la serrer dans ses bras, lui promettant milles délices de sa cuisine. Nathan haussa un sourcil.

– Une raison, Cordélia, pour que ton ami regarde notre cuisinière comme s’il s’agissait d’un monstre ?, demanda-t-il une fois la femme retournée à ses fourneaux.

Le rire de Célia résonna dans tout le salon, alors qu’elle regardait Meldan. Elle s’assit à sa place favorite dans le canapé, près de la cheminée, éteinte en cette saison, mais remonta ses pieds sur l’assise, comme à sa bonne vieille mauvaise habitude.

– Tu comprendras mieux quand tu auras vu Meldan manger, dit-elle en cachant très mal son hilarité derrière sa main.

Meldan s’était installé près d’elle et soupira sans s’en cacher.

– Kel’antan, se rappela Sofia. Petit appétit, Messire Meldan ?
– La plupart du temps, acquiesça le Seigneur de Faune.

Nathan rejoignit sa sœur dans son hilarité.

Pauvre homme.

– Je l’ai un peu mis en garde vis à vis de Madame Esmé avant d’arriver ici, avoua Célia en posant tendrement sa main sur celle du concerné.

Elle n’avait pas à cacher le lien qui la liait à Meldan. Il était évident. Mais contrairement à ce que Nathan avait pu voir jusque là de sa sœur amoureuse, il put constater un changement notable avec Meldan : elle ne s’accrochait pas désespérément à lui.

– Alors et ce bébé, il est prévu pour quand ?, demanda-t-elle avec un air de future tantine déjà prête à étouffer l’enfant de câlins et lui apprendre toutes les bêtises possibles.

Sofia fut la plus rapide à répondre, avec un air qu’on aurait volontiers qualifié d’euphorique.

– Janvier, dit-elle. Nathan dit que je pourrais descendre à Phœnix pour avoir un bilan médical complet, mais c’est loin, même en héliporteur, alors que je suis en bonne santé et satisfaite du suivi plus traditionnel de la sage-femme du village. En plus, je préfère attendre la naissance pour savoir si c’est une fille ou un garçon.

Célia ne sembla pas surprise.

– Oui, c’est à toi de choisir. Autant laisser l’option “héliporteur et hôpital” que s’il y a des complications. Et puis Nathan et moi sommes nés ici. Autant continuer la tradition.

Célia leva alors les yeux sur le plateau odorant que ramenait Madame Esmé. L’Hasperen en salivait déjà. Elle se leva et le récupéra avec un baiser sur la tempe de la cuisinière.

– Vous êtes la meilleure.

Elle revint alors au milieu du salon et déposa le plateau sur la table basse. C’est alors qu’une grosse boule de poile rousse sauta juste devant elle.

– Rogue ! Espèce de ventre sur patte !

Elle le saisit et le prit dans ses bras pour lui gratouiller le menton.

– Regardez-moi ça ! Tu as au moins doublé de volume !

Le chat se mit à ronronner alors que Sofia souriait.

– Je suis en partie coupable, je n’arrive pas à résister aux yeux malheureux qu’il m’adresse à chaque fois que je mange.

Meldan sourit en observant le chat.

– Tu lui as manqué, dit-il à Célia.
– Seigneur du Chat, Messire Meldan ?, questionna Nathan.
– Ah, non, du merle. Mais je suis Alti, je comprends tous les animaux sans distinction, admit le Kel’antan sans arrogance.

Nathan cacha assez bien que cette révélation déclencha aussitôt chez lui plusieurs réflexions sur les implications politiques d’un Cercle élevé. Célia serra un peu plus l’animal dans ses bras et finalement revint s’asseoir à sa place, comme si le fait que Meldan était un Alti Kel’antan était un fait on ne peut plus banal. Elle gratouilla Rogue derrière les oreilles.

– Alors comme ça, je t’ai manqué ? Moi qui pensais que tu ne te souviendrais même pas de moi…

Il eut droit à un baiser sur la tête alors qu’elle l’installait sur ses genoux, puis la jeune femme en revint au plateau de gourmandises. Elle se servit en tasse fumante et beignets sucrés.

– Tu veux goûter ?, demanda-t-elle à Meldan, se doutant qu’il n’avait certainement pas très faim.
– Juste un bout, dit Meldan, croquant dans le beignet avant de le lui abandonner.

Rogue releva la tête vers Célia.

Je t’ai manqué, hein, ronrrronrrron, doooooonneuh.

Célia plissa les yeux en réalisant qu’elle comprenait un peu trop bien ce que disait son chat. Elle avait donc autant progressé que ça en Grand Laï Kel’ ? Pour la peine, il eut droit à un petit morceau.

– C’est bien parce que je n’ai pas été là depuis longtemps, garnement. Mais dès demain, je commence à surveiller ta ligne, mon gros !

Elle croqua sans vergogne dans son hjortebakkel, en semblant fondre sous son goût.

– Célestes, que ça m’avait manqué !

Elle fit sourire tout le monde.

Nathan et Sofia lui donnèrent ensuite des nouvelles de Trapeglace et du domaine. Tant et si bien, que bientôt, il faisait nuit tandis qu’ils avaient parlé des heures durant. Et tout ce temps, son frère n’avait jamais quitté Célia du regard, et personne n’aurait pu l’empêcher de sourire. Mais Sofia montra des signes de fatigue. Elle souhaita le bonsoir à tout le monde et Sinaï l’escorta. Célia et Meldan restèrent donc enfin seuls avec Nathan. La grande sœur regarda son frère d’un air plus pensif mais toujours souriant.

– Tu dois avoir des tonnes de questions.

Son expression se fit plus tendre.

– Tu ne devrais pas hésiter à me les poser.

Nathan eut un sourire tout aussi tendre.

– J’ai des questions, oui, mais je ne veux pas te rappeler de mauvais souvenirs alors que tu souris avec toutes tes âmes. Je peux me contenter de ce cadeau.

Célia eut un sourire plus large encore et se remit à caresser Rogue, toujours sur ses genoux, et elle, calée contre Meldan dans le canapé.

– J’ai pansé bon nombre de mes plaies, Nathan. Ça m’a demandé du temps… mais je peux en parler sans mal à présent.
– Alors dis-moi ce que tu as fait ces derniers mois, Cordélia, j’ai essayé autant que possible d’avoir des nouvelles mais tu es une femme difficile à trouver.

Cela la fit rire.

– Il faut dire que ça a été mon but, d’être difficile à trouver. Les goranii n’ont pas beaucoup aimé la partie de cache-cache, je dois dire.

Elle baissa les yeux sur Rogue, quittant son frère du regard.

– Je voulais me venger. Je devais me venger. C’était tout ce qui me faisait tenir. Ma vie était devenue tellement violente… J’ai tué beaucoup de monde, Nathan. Et les seuls à en avoir réchappé, c’est cet agaçant Pisteur Impérial et notre bon vieil ennemi qui se cache encore et toujours dans l’ombre… Mais pas un seul de mes bourreaux d’Amarantes n’en a réchappé.

Elle releva la tête.

– Pourtant tout ça ne m’apaisait pas. C’est ma rencontre avec Meldan qui a tout changé.

Elle eut un léger rire en jetant un œil vers son Kel’antan.

– Il a été assez têtu et persévérant pour me sortir de ce cercle vicieux et destructeur… Il m’a fait quitter Gora, m’a emmenée dans l’Hutandara, m’a fait voyager, à supporter mes crises et mon fichu caractère…

Elle eut un sourire radieux.

– Depuis la fin de l’hiver dernier, il m’a fait découvrir son pays et on a poussé jusqu’aux Terres Sauvages et même les Terres Boréales ! J’ai vu des choses fantastiques, Nathan. Des paysages dont je n’avais fait que rêver jusque là… Et ça m’a fait beaucoup de bien d’être loin de tout.

Nathan sourit, entendant la vérité dans les mots de sa sœur.

– Vous avez la même âme vagabonde, alors ?
– Oui, même si je ne suis pas adapté aux Terres Boréales, concéda Meldan.

Célia lui prit la main avec un air complice.

– On y retournera quand tu seras prêt et qu’on sera mieux équipés. Là, ce n’était pas idéal.

Elle en revint à son frère, toujours souriante et quelque part plus posée que l’ancienne Célia. Elle avait mûri et les années commençaient apparemment à l’assagir.

– J’aime cette vie un peu bohème que j’ai pu avoir ces derniers mois. Mais j’ai enfin aussi ressenti l’envie de rentrer à Trapeglace. Et me voilà. Enfin, nous voilà. Avec mon invité surprise.

Nathan opina.

– Qui est évidemment le bienvenu aussi longtemps que vous le désirez. A moins que tu ne restes pour t’installer, Cordélia ?

L’expression qu’elle eut alors était déjà un début de réponse assez éloquent. Elle regardait Meldan.

– S’installer est dans les projets à venir, mais ce ne sera pas ici, avoua-t-elle sans détour. Disons que ça risque d’être délicat… politiquement parlant.

Elle ne savait pas trop ce qu’elle devait dire ou pas à son frère. Elle préférait laisser à Meldan la liberté de choisir ce qu’il voulait révéler. Meldan choisit de garder la conversation pour un autre soir, et Nathan le laissa faire, savourant juste la présence de sa sœur.

– Madame Esmé a dû préparer ta chambre, Cordélia, je vais vous laisser aller vous coucher. Un tour au marché, demain matin ?
Ça me ferait très plaisir.

Elle serra fort et longtemps son frère contre son cœur, ce soir-là. Puis elle guida Meldan à travers la grande maison jusqu’à cette chambre dans laquelle elle avait pas mal de souvenirs… Peut-être trop. Face à la porte, elle hésita à entrer, la main sur la poignée. Son sourire était triste.

– Je ne sais pas si je ne vais pas demander une autre chambre, en fin de compte.

Meldan l’enlaça.

– On peut aussi redécorer, ça aide à ôter les souvenirs les plus lourds en laissant ceux qu’on veut garder. J’ai des toiles à encadrer et accrocher…

Elle baissa le nez pour regarder sa main toujours immobile sur la poignée de laiton.

– … et je peux laisser les souvenirs derrière cette porte fermée, les laisser prendre la poussière, et en ouvrir une autre.

Elle lâcha lentement la poignée.

– Je crois que je préfère ouvrir une autre porte. Il y a bien assez de chambres dans cette maison pour en choisir une qui sera à nous. Et où tes tableaux ne viendront pas essayer de cacher les fissures du passé.

Meldan l’embrassa sur la joue.

– Alors allons choisir une autre chambre, ce n’est pas comme si je verrai la différence… A moins que tu aies d’atroces images géantes de ces… boys band ? Et que c’est ça que tu essayes de cacher ?

Il eut droit à un coup de poing symbolique dans l’épaule.

– Non, pire, j’ai des peluches d’animaux ! Et tu pourrais les préférer à moi. Alors dans le doute, hein…

Célia remonta le couloir pour ouvrir une porte, à seulement quelques mètres de là. La chambre était dans les verts sombres, très Hasperen dans la décoration, mais avec une vue imprenable sur l’arrière de la maison et tous les bois environnants. Elle y entra cette fois sans hésitation et après avoir rapidement préparé le lit, elle ne s’éloigna de Meldan que le temps de se déshabiller. Elle se glissa ensuite dans les draps frais en l’invitant à la rejoindre de la main.

– … tu n’échapperas pas à mon câlin du soir.

Meldan appuya une main sur son menton.

– Ciel, non, quelle torture, pas le câlin du soir…, dit-il en se glissant contre elle.

Elle roula des épaules contre son torse et s’installa comme à son habitude. Elle en fermait déjà les yeux.

– Je crois que mon frère t’aime bien.
– Ce n’était pas acquis ?, demanda-t-il, commençant déjà à fredonner.

Le corps de l’Hasperen se fit plus lourd comme à chaque fois qu’elle se détendait complètement sous l’effet de la voix grave de l’hutani et de ses berceuses.

– Non, ce n’était pas acquis, darling, souffla-t-elle. Ce n’était même pas acquis du tout…
– Mmmh, dit doucement Meldan, la serrant contre lui. Tant mieux pour moi, dit-il, avant de reprendre sa berceuse.

Les pensées de Célia dévièrent un instant sur l’image d’un Nathan projetant un Sean contre un certain mur d’hôpital avant de chasser tout ça de son esprit et laisser le sommeil l’emporter.

Elle dormit à poing fermé pour ne se réveiller qu’au petit matin avec un Meldan contre elle et un chat sur le cou, la truffe dans l’oreille.

Bonjourrrrrr.

Elle grogna légèrement pour le principe, mais se mit à gratouiller la fourrure familière en souriant. Le soleil n’était pas encore très haut dans le ciel mais les rayons de la fin d’été étaient encore lumineux et dorés. La chambre en était inondée à cause d’une fenêtre restée ouverte. Elle ne s’en plaignait pas, c’était très agréable d’être réveillée aux couleurs d’un beau jour qui s’annonçait. Elle se tourna vers Meldan et lui embrassa tendrement les lèvres. Elle savait que s’il n’était pas déjà réveillé, il ne dormait que d’un œil.

– Bonjour, darling.
– Bonjour, meleth nîn, répondit Meldan en la gardant contre lui.

Rogue ronronnait toujours.

Bonjour, oui, on l’avait dit. Du lait ?

Célia s’étira avant de prendre le chat entre ses mains et le soulever devant son nez.

– Tu penses déjà à ton estomac… Laisse-moi au moins le temps de me réveiller, ventre sur pattes.
– C’est de l’entraînement, meleth nîn.

Il l’embrassa dans le cou.

– Il paraît que les bébés ne vous laissent plus dormir.

Célia ne répondit pas de suite, tournant son visage vers celui de Meldan. Elle posa son nez contre le sien.

– Espérons alors que le nôtre tiendra plus de moi que de toi sur la question du sommeil.

Il lui sourit, taquin.

– Tu veux dire qu’il faudra que je chante tous les soirs, qu’il volera les couvertures et aura tendance à bouger plus que s’il dansait ?

Elle lui en pinça le bras.

– Et sera susceptible ! Tout ce que tu aimes chez moi, darling.

Meldan rit et l’embrassa.

– Oui, et plus encore.

Elle plongea ses yeux dans les siens.

– J’ai hâte de voir ça…

Oui, elle commençait à en rêver de ce petit bout. Ce qui lui avait permis de constater la grossesse de Sofia en ne pouvant que s’en réjouir. Son tour viendrait bientôt et elle imaginait déjà ce bébé avec les beaux yeux clairs de son père. Elle en revint à Rogue qui revenait à la charge en venant se frotter contre son cou.

– Oui, oui, on va aller déjeuner… tu vas avoir ton lait.

Et après un baiser pour Meldan, elle se leva sans précipitation pour s’enrouler dans une robe de chambre de la penderie de l’armoire. Rogue tournait entre ses jambes en ronronnant autant que le moteur de la Grande Dame. Célia en eut un sourire ironique.

– Continue comme ça et je vais devoir me trouver des boules Quiès.
– Il est affectueux.

Meldan se leva ensuite, s’habillant rapidement et descendit petit-déjeuner avec Célia. Tous deux purent alors observer Rogue faire son cirque à tout ce qui était vivant et avait accès à de la nourriture.

– Pas étonnant que tu sois énorme, se moqua Meldan.

Célia l’étudia, le nez dans sa tasse de café.

– Oui, va falloir qu’il reprenne de bonnes habitudes. Il a bien profité que je n’étais pas là.

Elle reposa sa tasse et se pencha pour saisir … des pavés aux amandes ! Madame Esmé était un ange… Elle croqua dedans avec délice.

– Sois prévenu, darling, ces petites choses là, c’est mon péché mignon. D’ailleurs, faut que je demande la recette. Une fois installés, il faut que je puisse en refaire…

Elle regarda ensuite sa tasse d’un air plus dubitatif.

– … et qu’on trouve du guram… Tu m’as convertie au café hutani, on dirait. Celui-ci m’écœure.

Elle leva alors la tête vers l’extérieur de la salle à manger.

– Ah, je crois qu’il y a enfin quelqu’un de levé…

C’était Nathan : Sofia dormirait encore une bonne heure, réveillée comme par un coucou Hasperen toutes les nuits à deux heures du matin pour vomir. Parlez-lui des nausées matinales, elle vous rirait au nez. Essayez donc les nausées nocturnes…

– Bonjour, salua l’Hasperen, encore radieux de voir sa sœur.

Célia se leva pour aller prendre son frère dans ses bras, comme il se devait. S’il avait oublié que sa sœur était câline, il fallait le lui rappeler.

– Bonjour, Nathan. Bien dormi ?
– A merveille, Cordélia. Et toi ? J’ai constaté que Rogue ne m’a pas servi de réveil, ce matin, j’en conclus qu’il a trouvé une autre victime…

Les yeux de la jeune femme montèrent au ciel.

– Il paraît que je lui ai manqué et la tasse de lait que je lui donnais le matin aussi. J’ai eu droit à mon écharpe de fourrure au bruit de moteur deux temps.

Elle revint vers la table et s’y assit à sa place, à côté de Meldan.

– Du coup, toujours partant pour aller au marché ce matin ?
– Partant et, même si je ne voulais pas, je payerai un refus : Sofia n’a plus de ces pâtes de fruit qu’elle adore depuis qu’elle est enceinte. Je fais normalement très attention à ce que le stock soit plein mais…

Il haussa les épaules, amusé.

– … il disparaît plus vite que la neige au printemps, en conclut sa sœur en riant  à moitié. Du coup, j’en profiterai pour faire découvrir le village à Meldan. Et peut-être pousser la visite à tout le domaine cet après-midi. Tu serais d’accord, darling ?
– Oui, avec plaisir, je ne suis pas resté assez longtemps, la première fois, et il faisait nuit.

Nathan haussa les sourcils.

– La première fois ?
– Oui, Meldan est déjà venu ici, répondit Célia sans se formaliser. Tu te souviens de la soirée organisée pour mon anniversaire, quand tu as rencontré Sofia ? Et bien, Meldan était parmi les invités. Du moins, il a joué les invités clandestins pour voir à quoi ressemblait une fête keranorienne Hasperen… Nous avons même dansé ensemble à cette occasion. Mais je ne savais pas du tout qui il était à l’époque.
– Je vois que cette soirée nous a apporté à tous les deux un précieux cadeau, bien que tu aies mis quelques années à l’ouvrir, dit-il à sa sœur.

Elle eut un sourire resplendissant avec des joues rosées. Puis elle eut une expression plus mystérieuse en regardant son hutani.

– Un cadeau qui m’a suivi à mon insu depuis cette fameuse soirée. Meldan et son meilleur ami Edharn sont les Kel’antan qui m’ont sauvée dans le comté de Sarvino. Tu sais, à la cascade.

Elle s’adossa à lui, glissant sa main dans celle de l’hutani.

– Et qui m’a encore sauvée l’hiver dernier en m’arrêtant dans ma fuite. Il a toujours été là, en fait. Il fallait juste que je m’en rende compte.

Meldan sourit et l’embrassa sur la tempe.

– A t’entendre, je suis un inquiétant pervers qui t’a suivie partout, rit-il. C’était le Karma, meleth nîn, qui m’a remis sur ta route chaque fois que tu en as eu besoin.

Elle roula des yeux.

– Oui, je dois admettre que c’est plus réaliste annoncé ainsi. Mais je reste toujours sceptique sur cette histoire de Karma !
– Je sais, en rit Meldan.

Nathan hocha la tête.

– Hasard, chance ou Karma, j’en suis heureux.

Aller au marché fut agréable et rappela à Célia à quel point elle avait eu une enfance heureuse au domaine de sa famille. Elle reçut des salutations chaleureuses et, les villageois insistant, elle goûta probablement à tous les produits de chaque étal. Tous ceux qui l’avaient connue plus jeune eurent la sensation de retrouver la jeune fille de toujours, la tornade rousse pleine de vie, lumineuse et enjouée. Son sourire était éclatant alors qu’elle discutait avec tous, riait de bon cœur et savourait ce qu’on lui offrait. Sauf que cette fois, elle avait la présence discrète mais réelle d’un Kel’antan protecteur et attentif qui l’accompagnait en plus de celle de son frère. Meldan eut droit aussi à plusieurs dégustations, car il fallait bien qu’il se fasse au terroir local ! Célia lui fit découvrir des plantes et des légumes typiques du coin bien plus nordiques que ce qu’il connaissait. Et ce n’était que le début, l’exploration des bois et des terres Avonis en dévoilerait bien plus. Mais ce serait le programme de plusieurs jours et avec la douceur de la fin de l’été, cela promettait des balades plus qu’agréables.

Le trio revint donc les bras chargés de victuailles en tout genre, des friandises pour Sofia autant que de quoi cuisiner des plats typiques Hasperen : Célia voulait tout faire goûter à Meldan qui commençait sérieusement à se demander comment il allait pouvoir manger tout ça… Cuillère par cuillère, peut-être, et sur plusieurs jours. Ou en trouvant une activité physique intense et régulière…

Lors de leur visite du domaine de l’après-midi, Meldan repéra très vite la vieille cabane dans les arbres et sourit.

– Ton père savait ce qu’il faisait, on pourrait aisément la retaper…

Célia regarda le petit abri de bois perché sur les branches basses d’un vieux chêne.

– C’est une bonne idée. Mais si c’est une petite fille qui débarque, il faudra prévoir une balançoire. J’ai toujours trouvé que ça manquait quand j’étais gamine, dit-elle en pensant à l’enfant qu’attendait Sofia.
– Oui… une fille, ce serait bien, aussi, rêva Meldan en pensant à un autre enfant à venir. Oui, je sens que ce sera une occupation idéale en attendant sa venue.

Il eut une expression pensive, ses doigts se mêlant, dans sa poche, aux fins liens de cuir qu’il avait achetés au marché. Célia, quant à elle, s’approcha du vieux chêne et en caressant doucement l’écorce.

– … cet endroit va à nouveau être rempli de rires.

Elle se tourna alors vers Meldan, beaucoup plus souriante.

– Mais j’espère que Nathan et Sofia auront un garçon. Que mon frère ait un fils pour perpétuer la dynastie. Mais pour ma part, garçon ou fille, ça m’est égal. Je serai tout aussi heureuse avec l’un qu’avec l’autre.

Elle s’adossa à l’arbre et regarda la maison que l’on pouvait voir au loin.

– Que dirais-tu de rentrer pour aujourd’hui ? Et demain, chasse !
– Bonne idée.

Mais en revenant vers le manoir, Meldan remarqua deux bâtisses qu’il n’avait pas remarquées jusque là et les pointa du doigt à Célia.

– Les deux maisons, là ? Ce sont celles de vos gens ?

Si Meldan avait oublié ce qu’étaient les sourires tristes de Célia, il en eut un magnifique exemple sous les yeux. Elle baissa la tête un instant avant de la relever.

– Non. Celle-ci, c’est une grange qui sert à ranger ma moto habituellement. Et l’autre…

Elle le regarda avant de fixer le bâtiment qu’elle avait essayé d’ignorer jusque là.

– … c’est le mausolée familial. C’est là que reposent beaucoup de gens que j’ai aimés.

Meldan lui prit la main.

– Veux-tu aller les saluer, meleth nîn ? Sinon, rentrons.

Elle fixait toujours le lieu de ses regrets, comme elle l’avait déjà appelé.

– Je ne sais pas si je suis prête à le faire. J’avais demandé à ce que Frédéric soit enterré ici, mais je suis partie avant de savoir si mon souhait avait été exaucé. J’ai peur de découvrir sa tombe. Et encore plus peur qu’elle ne soit pas là.

Cette fois, Meldan la serra dans ses bras.

– C’est étrange, cette… maison pour les morts, dit-il. Je suis habitué aux coutumes de mon pays où l’on dépose les corps en terre et au-dessus desquels on plante des graines. Que la mort apporte de nouvelles vies… Mais enfermés dans une maison… C’est comme un endroit stérile créé pour être triste.

Elle leva les yeux sur lui, avec un étirement du coin des lèvres.

– Il paraît que c’est le lot des Hasperen de faire des choses étranges. Dans l’absolu, c’est un endroit pour se souvenir. Mais oui, c’est aussi triste.

Elle soupira.

– Pathétiquement triste.

Meldan secoua la tête.

– Se souvenir des disparus n’a rien de pathétique, lui dit-il.
– Tu as raison, dit-elle alors qu’elle faisait un premier pas en direction du mausolée. Premier pas qui fut suivi d’assez d’autres pour qu’elle se retrouve devant la porte de fer forgé qu’elle ouvrit avec lenteur mais sans hésitation.

Une fois à l’intérieur, elle s’arrêta finalement devant les alignements de stèles familières. Il se trouvait bel et bien une nouvelle parmi les tombeaux de sa famille, ornée d’une plaque sobre à côté du mémorial de Frédérique.

Frédéric Avonis

Kristaris de Métal du Neuvième Cercle.

948-982

Célia eut un sourire alors que sa main glissait sur la plaque. Nathan n’avait rien fait au hasard. Il avait donné leur nom de famille au vassali, officialisant ce qui aurait dû être fait de son vivant. Et il avait obtenu le droit de lui rendre hommage à lui attribuant le statut de Seigneur du Neuvième Cercle. Le Neuvième Cercle n’était qu’un Cercle honorifique pour des vassalis de valeur et Fred aurait sûrement protesté qu’on lui accorde le titre de Seigneur, mais Célia trouvait que la Caste des Kristaris de Métal lui allait à merveille.

– Tu as pu rentrer à la maison, mon Frédéric. Mon futur capitaine.

Meldan l’observa en silence, respectant la solennité du mausolée. Elle resta un très long moment devant la tombe. C’était moins difficile qu’elle ne l’aurait cru même si les larmes s’invitèrent à l’événement. Elle préférait la vue de cette tombe que celle qu’elle avait dû affronter dans la tente-infirmerie du camp des Aigles.

– Je ne sais même pas ce que deviennent vraiment les morts. C’est un sujet presque tabou pour les keranoriens. J’aime à croire qu’il reste quelque chose d’un vassali comme Fred de l’Autre Côté.

Meldan la rejoignit et prit sa main doucement.

– Je ne suis pas très porté sur le sujet. En revanche, ma sœur l’est. Je pourrai lui demander.

Célia serra doucement ses doigts entre les siens.

– Oui, tu pourrais le faire… Je te laisse ensuite la liberté de me mentir si la vérité est trop cruelle. Parce que j’ai encore moins de réponse concernant l’autre Frédérique de ces tombes.

Elle s’était approchée de la plaque éponyme et posa sa paume sur les lettres gravées.

– Il n’y a même pas de corps dans celle-ci.

Meldan lui caressa doucement le bras, en support, mais ne trouva pas les mots qui pourraient convenir, pas ici. Elle posa sa tête sur son épaule, les yeux toujours sur la plaque, des yeux perdus sur ce qui se cachait derrière.

– J’étais trop droguée pour savoir quand je l’ai réellement perdu. Je ne saurai jamais si c’était un garçon ou une fille. S’il a été enterré dignement. S’il avait déjà une âme ou non… Je ne sais toujours pas si j’ai bien fait de garder ce silence qui l’a sacrifié.

Elle tourna ses yeux baignés de larmes vers la tombe de ses parents.

– Mon père assassiné dont j’ai découvert le corps au matin. Ma mère morte de chagrin alors que j’étais inconsciente à l’hôpital. Frédéric qui est mort parce que je n’ai pas su le protéger et que j’ai dû débrancher…

Elle regarda son compagnon.

– Je ne peux pas croire à tes histoires de Karma après ça, Meldan. Sinon comment expliquer que j’ai dû vivre tout ça ? La vie est simplement cruelle quand elle a décidé de l’être.

Meldan lui caressa doucement la joue.

– Tu te sens coupable de leurs morts, réalisa-t-il en la regardant tout de même avec tendresse. Oh, meleth nîn, tu as tort…
– Mais voilà, oui, je me sens coupable. Coupable de ne pas avoir été là pour eux précisément quand j’aurai dû et pu les sauver. J’étais dans cette maison quand mon père a été tué. J’étais là, une Alti ayant reçu sa Clef quelques mois plus tôt… si je l’avais sauvé… Je ne serai pas partie dans cette quête démente de retrouver son meurtrier. Ma mère ne sera pas morte, je ne serai jamais allée dans la Fosse… Ma vie aurait été différente, tellement moins violente. Tellement moins absurde…

Elle eut un sourire sans aucune joie qui lui déforma le visage.

– Parce que je n’ai rien entendu cette nuit-là.

Meldan secoua la tête.

– Célia, tu ne peux pas penser ainsi. Comment t’en vouloir de ne pas t’être réveillée quand l’assassin visait ce but précis, quand il avait sans doute bien des moyens pour ne pas être entendu ? Tu n’es pas devineresse, meleth nîn.

Elle se tourna vers lui et posa son front sur son épaule.

– Je n’ai jamais dit que ce que je ressentais était censé. Au moins, je commence à admettre que tout ça était de la folie…

Elle passa devant lui et l’entraîna de la main au-dehors. Elle prit une profonde inspiration quand ils furent à l’air libre.

– … je cherche à trouver la paix à présent, tu le sais. Laisse-moi encore un peu de temps et peut-être que j’arriverai à être lucide sur tout ça, si j’arrive à être heureuse ?

Meldan lui sourit, caressant sa joue.

– Je serai là pour t’aider à le faire meleth nîn, jura-t-il.
– Je sais, dit-elle dans un demi-sourire tendre. Tu es là depuis quelques mois et je vais déjà bien mieux. Je sais qu’avec toi, j’arriverai à guérir de toutes mes blessures.

Elle soupira en venant prendre sa main dans la sienne.

– Rentrons à présent. Je me fais plus de mal que de bien en restant ici.

Meldan embrassa ses doigts fins.

– Oui, tu as raison. Peut-être réussiras-tu encore à me faire goûter quelque chose, sans que j’éclate…

Elle eut un vrai sourire accompagné de ce regard empli d’amour qu’elle avait de plus en plus souvent pour lui.

– Je vais demander à Madame Esmé de nous préparer un potage ce soir. C’est typiquement Hasperen et ça sera plus léger.
– Ça n’a rien à voir avec le fait que ton frère a dit que c’était sans doute un de tes plats favoris ?
– La Solianka est bien l’un de mes plats préférés. Mais avoue qu’un potage à base de légumes et de viandes, ça sera toujours bien plus léger qu’un plat en sauce à base de pomme de terre, de crème et de lard, non ? Et Nathan boude parce que lui n’aime pas ça !

Meldan rit.

– Oui, pitié, épargne-moi la… ratiflette ?
– Tartiflette, corrigea la jeune femme. Oui, non, je ne suis pas un monstre.

<- Chapitre précédent             Chapitre suivant ->

5 Comments

  1. Très agréable à lire comme toujours !
    j’ai remarqué une erreur dans la phrase : “Nous pourrions peut-être rentrés ? J’ai hâte de savoir comment vont Sofia et Sinaï.” Ce ne serait pas plutôt “rentrer”?
    Et sinon, la tenue de Célia est très jolie, (tout comme le dessin) mais j’ai tellement associé Trappeglace à l’hiver que j’ai été surprise !
    A bientôt !

    • Vyrhelle

      29 juillet 2018 at 21 h 19 min

      Ah oui, comme il y a un bel été en Alaska, il y a un bel été à Trapeglace 😀
      ( et j’ai corrigé, c’était bien une faute, merci d’avoir prévenu ^^ )

  2. aaah le retour à la maison!! Nathan est bien avec son nouveau style!!!

    • Vyrhelle

      30 juillet 2018 at 17 h 22 min

      Je ferai en sorte d’avoir une illustration où on le voit mieux, mais ouais, je l’aime beaucouuuup comme ça !

  3. Oh Rogue !! <3
    Oui bah il m'avait manqué aussi Rogue, je l'aime bien moi cette boule de poils ! ^^

    Cela fait plaisir à lire toutes ses nouvelles de Nathan et sa famille… on l'aperçoit seulement, mais hâte de revoir une image avec le nouveau "look" de Nathan !

    Chapitre très agréable à lire et très belle image. Merci. 🙂

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

© 2018 Le temps d'un tango

Theme by Anders NorenUp ↑