Le temps d'un tango

Fanfiction par Vyrhelle et A. Conroy

10 mars 983 – partie 2

Le “merle” sundarien volait assez haut, contrôlant d’un simple regard des quartiers entiers sans aucun problème et, en le suivant, Célia fut hors de la ville sans avoir croisé le moindre hélian, en moitié moins de temps qu’elle ne l’avait calculé. Le merle redescendit et atterrit sur le guidon de la lourde moto. Célia le fixa un moment sans rien dire. Puis elle eut un mouvement de tête.

– Merci, Meldan. Merci de m’avoir prouvé que j’avais tort.

Elle baissa le nez.

– Mais vous devriez vraiment vous en aller maintenant. Je ne voudrais pas que vous ayez des ennuis à cause de moi.

L’oiseau noir secoua ses plumes et elle eut la nette impression qu’il ricanait. Évidemment, le destin prouva que c’était Célia qui avait raison.

– MELDAN !!

Le merle bondit en avant et alla se planquer derrière les bottes de Célia. Iiiil était pas làààà.

La jeune femme avait déjà la main sur la crosse de son arme, se retournant vers la voix tonitruante, les yeux écarquillés et prête à tirer. La seule chose qui l’empêcha de le faire, c’est que c’était Meldan qui était le recherché pour une fois. Elle vit apparaître une vraie montagne faite homme qui fonçait droit sur eux. L’arme de la Quérulente Elam Evir se leva presque toute seule.

– N’avancez pas ou je tire !, menaça-t-elle d’une voix plus forte qu’elle n’aurait voulu.

Edharn s’arrêta à bonne distance et observa la jeune femme. Évidemment qu’il l’avait reconnue.

– Sérieusement ? Meldan ? Sérieusement !

Derrière Célia, le Lo’k avait repris une forme humaine.

– Pour ma défense, c’était complètement dû au Karma.

Célia devina vite qu’il n’y avait pas de réel danger, Meldan avait plus le ton d’un enfant pris en faute la main dans la jarre à cookies que celui d’un homme menacé. Elle mit quelques secondes à baisser son arme et le fit lentement, mais elle le fit quand même. Le problème restait maintenant d’avoir, à l’évidence, deux sundariens sur les bras et se demander si elle allait filer en les laissant à leur sort maintenant ou quand ils seraient moins attentifs à elle. Elle se voûta juste assez pour essayer de se faire oublier. En face, Edharn grondait, les poings serrés le long des hanches.

– Meldaaan… arrête de jouer avec le feu. Ta sœur va me tuer sur place si je te laisse faire ça… Alors tu dis au revoir à la demoiselle et tu ramènes tes plumes avec moi en Sundarî, et avant ce soir !

Célia ne le vit pas, puisque Meldan était derrière elle, mais à l’expression d’Edharn, il venait soit de lui faire un geste vulgaire, soit de lui tirer la langue. Le Lo’kindjaleph posa ses mains sur les épaules de Célia.

– Emmenez-moi avec vous ! Marre des nounours rabat-joie !

Célia en eut un sursaut de surprise alors qu’elle sentait ses mains sur ses épaules. Il ne devait pas y avoir grand monde qui avait eu l’occasion de la toucher depuis plusieurs mois et si elle avait trouvé pas désagréable une main sur son bras, là, c’était peut-être un peu trop familier à son goût. Elle roula des épaules pour se dégager.

– Vous n’avez qu’à vous envoler.

Meldan retira ses mains dès qu’elle bougea.

– Excellente idée !

En quelques battements d’ailes, il était loin et Edharn braqua son visage vers Célia d’un air accusateur. Pour ce qu’elle en avait à faire. Elle n’eut même pas de réaction face à lui, reprit le guidon de sa Grande Dame et mit les gaz pour quitter les lieux au plus vite. En moins d’une minute, elle était hors de vue.

La jeune femme en cavale ne pouvait pas prendre les routes principales, qui avec l’opération à Dodiane, devaient être surveillées comme jamais. Mais Célia devait admettre qu’avoir fait un aussi joli pied de nez aux Instances Hélianes à si peu de distance de la frontière avec Sérénie… C’était comme si elle venait de le faire à la Stellaire elle-même. Quand pour Célia, cette femme masquée incarnait toutes les raisons du conflit millénaire entre fardenmoriens et hélians ou plus exactement entre Quérulents et Stellaires, puisque ce n’était pas une question de territoire qui les opposait, mais bien des convictions radicalement opposées. Mais pour Célia, tout ça était surtout très personnel, et elle aurait donné cher pour voir la tête qu’avait dû faire Hyl’ioss après l’explosion. Pour une fois, une de ses actions violentes la faisait sourire.

Elle retrouva rapidement le vieux chemin de contrebandiers qu’elle avait repéré quelques semaines plus tôt et rejoignit son point de repli. Ce n’était qu’une cabane en ruine, mais elle n’attirait pas l’œil, elle pouvait y cacher sa moto et le temps était assez doux dans la région, malgré le mois de mars, pour qu’une épaisse couverture lui suffise à se reposer quelques heures. Voire quelques jours, car elle avait prévu des provisions pour rester le temps que les recherches hélianes se calment dans le coin. Elle se permit même le luxe de manger à l’extérieur, assise sur une souche de bois, pour pouvoir observer les étoiles, tant elle savait l’endroit sûr. Un froissement d’aile, un léger bruit et Meldan était assis à côté d’elle.

– Douce soirée, sourit-il.

Célia avait bondi sur ses jambes, renversant son repas et avait déjà la main sur la dague à sa ceinture, quand elle comprit qui était cet invité surprise.

– Encore vous ?!

Elle soupira devant son dîner répandu au sol. Meldan grimaça devant le même spectacle.

– Ah, navré, je ne pensais pas vous surprendre. Vous m’attendiez plus tard ? Je vais aller attraper de quoi réparer mon erreur.

Célia lui mit les paumes de ses mains pâles devant le nez.

– Non, non, surtout ne faites rien.

Meldan avait une moue vexée.

– Je suis bon chasseur…

Elle se frotta le front et soupira encore.

– J’ai ce qu’il faut pour me préparer autre chose. Mais en attendant, vous allez me dire ce qui vous a pris de me suivre jusqu’ici ?

Il regarda Célia avec l’air intrigué.

– Et bien, vous m’avez dit de vous suivre. C’est ce que j’ai fait.

Elle fronça les sourcils avec une expression impayable.

– Je vous ai dit de PARTIR, pas de me suivre. Vous comprenez toujours ce qui vous arrange ?
– J’en ai fait un art, admit Meldan sans remords.

Il lui fit un sourire moins exubérant que les précédents alors que Célia retenait un grognement de consternation.

– Ma présence n’est pas si insupportable, si ? Je voudrais vous accompagner un peu, vous aidez à quitter le coin. Après votre coup d’éclat, les Traqueurs vont vous chercher un bon moment. Mais ils cherchent une femme seule, pas un duo ?

Il ne dit pas couple pour ne pas la rebuter mais il ne pensait pas avoir tort. Célia la Rousse était réputée pour travailler en solitaire, ce qui ferait d’un duo une excellente couverture pour une fuite discrète. Elle en resta muette tellement elle n’arrivait pas à concevoir ce que Meldan voulait. Elle finit par revenir s’asseoir sur sa souche, les coudes sur les genoux et les mains pendantes.

– Je croyais que vous étiez sundarien. Vous devriez rester neutre. Et puis, j’opère seule. C’est non négociable.

Elle tourna son visage vers Meldan juste assez pour qu’elle le fixe à travers les boucles de ses cheveux emmêlés.

– J’ai perdu tous ceux avec qui j’ai travaillé. Le dernier et mon plus proche coéquipier, j’ai dû débrancher moi-même les machines qui le maintenaient en vie.

Elle baissa les yeux.

– Quand vous m’avez sauvée dans ce filet… Je venais de perdre trois de mes équipiers. Alors non, je ne travaille plus avec personne. Je m’arrange pour n’avoir besoin de personne pour être sûre de n’entraîner personne avec moi. C’est devenu trop dur d’être celle qui doit survivre pour maintenir la légende vivante.

Meldan avait envie de faire bien des choses à ces cheveux maltraités. Les caresser, les brosser, les natter de toutes les façons possibles…

– Je ne vous demande pas de vous associer avec moi, Célia. Pour être honnête je… je voudrais juste apprendre à mieux vous connaître. Je ne vous proposais que de vous accompagner, vous faire sortir de Chasselicorne plus discrètement, que vous finissiez votre mission en vie, c’est tout. Rien de très dangereux.

Il secoua la tête.

– Je n’ai aucun désir de vous voir plus triste encore.

Elle détourna la tête complètement et se remit à regarder le paysage nocturne. Et pendant un petit moment, elle ne dit rien.

– Votre proposition est inutile, Meldan. Je n’ai pas l’intention de m’éloigner d’ici. Je n’ai plus aucune mission depuis longtemps. J’avais quelques cibles, c’est vrai. Mais si je me suis occupée des autres, Hyl’ioss est ma seule et dernière proie et je sais que je ne dois rien précipiter avec lui. Il est trop dangereux. Le cabaret, ce n’était qu’une provocation… Maintenant, je vais rester dans les parages et préparer une prochaine action contre lui. Tout ça n’a plus rien à voir avec des missions Quérulentes, avec la politique ou la guerre. C’est juste une vendetta personnelle qui durera jusqu’à ce que l’un de nous deux ne tombe. Moi, très certainement, mais pas sans lui laisser un souvenir impérissable…

Elle s’adossa à la cabane de bois, le visage toujours tourné à l’opposé de lui. Le silence s’imposa un long moment, alors que Meldan sentait qu’il avait peut-être intérêt à refréner sa curiosité maladive s’il ne voulait pas rendre la jeune femme plus triste qu’elle ne l’était déjà.

– Où avez-vous déjà voyagé, Meldan ?, demanda-t-elle tout à coup.

Meldan fut un peu surpris de l’entendre et encore plus du changement de sujet, mais répondit sans hésiter.

– Toute la Sundarî, essentiellement, je suis allé dans les Terres Arc-en-Ciel, vous m’avez vu la seule fois où j’ai été jusqu’à Fardenmor et je suis allé voir Golem, répondit-il, cherchant s’il avait visité d’autres Royaumes. Et Kadam Hel, de façon évidente. Et vous, Célia ?
– Fardenmor, essentiellement. Kadam Hel par nécessité. Je suis allée à Endrogèn…

Elle marqua un temps d’arrêt.

– … et à Golem, une fois. En fait, Il n’y a qu’à Endrogèn qu’il s’agissait d’un voyage. Le reste, ce n’était que des destinations de missions. Je n’ai jamais rien vu de la Sundarî qu’un filet de pêche… Et j’ai longtemps rêvé de voir les terres sauvages. Arc-en-Ciel, Astrales, Informelles… Si en fin de compte, je survis… Peut-être que j’irai y disparaître.

Meldan put sentir qu’ensuite, elle avait un léger sourire sur les lèvres en parlant.

– J’ai toujours rêvé de pouvoir voyager dans toutes les terres du Cratère.

Meldan poussa, de la pointe du pied, une pierre d’un vieux foyer éteint qui leur faisait face.

– Pourquoi ne pas suivre vos rêves, alors ? Votre Hyl’ioss sera toujours là plus tard, et pour l’instant, il se méfie. Vous n’allez pas tourner en rond pendant des semaines ? A cette époque, les animaux des Terres Arc-en-Ciel migrent, et on en voit plus qu’à n’importe quelle autre saison. Venez les voir avec moi ?

Célia ramena doucement ses épaules vers Meldan. Son visage suivit le mouvement et le Lo’k put le voir à nouveau. Il était moins dur et trahissait le finalement jeune âge de l’Elam Evir. Elle semblait presque choquée par ce qu’il venait de dire. Ou bien choquée par une pensée qu’elle avait eu en réponse à sa nouvelle proposition. C’était difficile à définir mais une chose était sûre, les réflexions de la jeune femme s’étaient emballées et elle en fut muette de stupeur pendant un long moment. Puis, comme revenant d’un lieu lointain où elle s’était perdue, elle leva des yeux ronds sur Meldan.

– J’avais oublié que j’avais des rêves, je crois.

Meldan lui sourit.

– Je suis heureux d’avoir pu vous les rappeler.

Il passa l’heure suivante à tant lui parler des Terres arides à l’Ouest de la Sundarî que Célia eut bientôt l’impression qu’elle ferait une immense erreur de ne pas s’y rendre. Il réussit même à allumer une petite lueur dans les iris bleus de la jeune femme. Elle avait le regard lointain et rêveur qu’il n’avait jamais pu lui voir avant. Ni à Trapeglace ni sur la rivière-frontière. Elle venait de passer des mois à n’avancer que par vengeance, oubliant qui elle était réellement. Mais quelques mots d’un sundarien quasi inconnu, et de manière complètement sidérante, elle réalisait qu’elle avait envie de voir ces terres inconnues. Elle lui en coupa la parole alors qu’il décrivait un troupeau d’animaux inconnus dont Célia n’avait même pas retenu le nom.

– Je crois que je veux y aller.

Elle tourna son visage complètement vers Meldan.

– C’est complètement dément, mais je crois vraiment que je veux y aller.

Meldan souriait toujours.

– J’ai découvert que démence et génie sont souvent juste deux mots pour la même impulsion, dit-il, amusé. Mais avant, je vous propose à nouveau de réparer ma bourde de tantôt. J’ai très envie de lapin, et nous pourrons ensuite reparler voyage en mangeant ?

Célia eut un léger sourire. Le premier vrai début de sourire depuis leur rencontre.

– Je sais chasser aussi, vous savez.
– Je n’en doute pas, rit Meldan. Mais c’est de ma faute si votre dîner est ruiné, c’est à moi de rattraper mes torts. Laissez-moi me rendre utile !

Elle se replia un peu sur sa souche, montant ses jambes pour mettre ses talons sur l’assise et passer ses bras autour de ses genoux.

– Si vous voulez. Je veux bien… vous faire confiance.

Le sourire de Meldan fut sincère, éclatant, et il se leva d’un mouvement enthousiaste.

– Je serai de retour avant même que vous ne finissiez d’allumer un feu pour cuire ce que je vais vous ramener, promit-il.

L’invitation au voyage

Il était effectivement un chasseur efficace et rapide, car il revint avec deux lapins déjà vidés, plus vite qu’elle ne l’aurait cru. Il savait les préparer aussi et les frotta d’une épice qu’il tira d’une de ses poches, donnant un parfum agréable à la viande lors de sa cuisson.

– Alors ? Je suis pardonné ?

C’était extrêmement rudimentaire comme cuisine, mais très bon. Rien à voir en tout cas avec le repas d’une vague ration militaire réchauffée. Célia mangea même avec plus d’appétit qu’elle ne l’aurait cru. Elle répondit d’ailleurs d’un hochement de tête, alors qu’elle avait encore la bouche pleine.

– C’est bien meilleur que ce que j’avais prévu. Donc oui, vous êtes pardonné.

Meldan avait l’air satisfait. Il avait beau ne pas avoir un prédateur comme animal totem, ou Image Chromatique si on utilisait les termes officiels, restait que, comme la plupart des Lo’k, il aimait chasser pour plaire et pourvoir aux besoins de… ses amis. Parfaitement, amis.

Elle prit une nouvelle bouchée et la savoura sans vergogne.

– Mais ne me faites plus sursauter comme ça. Je vais finir par vous tirer dessus à force.
– C’est noté. J’ai quelques charges de Cosmos en réserve mais autant ne pas forcer le Karma, s’amusa-t-il.

Car il avait beau être Haut-Noble, il n’était pas sur la Voie de l’Archidémon. Contrairement à Célia, il ne pouvait pas tricher en empruntant l’Héritage d’une autre Maison de Noblesse. Sans accès à la Symbiose Dormante Elam Evir, il ne pouvait donc compter que sur ses réflexes pour réagir à la bonne fraction de seconde pour bloquer une balle par un bouclier de Symbiose. Vue la vitesse d’une balle d’arme Shaïness, Meldan n’aimait pas trop plaisanter avec ça… Célia termina son lapin, jetant les os au feu qu’elle avait allumé tantôt, tout en faisant monter sur ses épaules, la couverture sur laquelle elle était assise jusque là.

– … surtout que je ne vous raterai pas. Je suis la meilleure à ce jeu-là.
– Je ne vous disputerai pas le titre, dit Meldan. Je n’ai aucun talent avec les armes EV.
– Ce ne sont pas des armes très courues en Sundarî, concéda Célia. Mais je ne suis pas très douée avec un arc. En lancé de couteau, par contre, je me défends bien.

Meldan sourit.

– Sans vouloir paraître prétentieux, je suis le meilleur avec un arc en main. Mais j’admets que mon point fort, c’est le corps-à-corps.

Célia eut un autre léger rire qu’elle cacha à moitié derrière sa main qui soutenait son menton. Son premier rire depuis bien trop longtemps. Le son en était agréable et quelque part, attendrissant au point de faire sourire Meldan de manière plus franche encore.

– Et moi, un de mes points faibles, donna-t-elle en explication à son hilarité.

Elle haussa les épaules et se mit à regarder les flammes qui dansaient à ses pieds.

– Je ne suis pas une bonne combattante. Ironique, pour la criminelle de guerre la plus recherchée de tout Kadam Hel, non ?
– Tout dépend du point de vue, dit Meldan.

Le silence qui suivit ne fut ni désagréable ni gênant, alors que le feu réchauffait les lieux. Meldan, habillé pour la saison, n’avait pas particulièrement froid, mais pas chaud non plus alors qu’il avait laissé une grande partie de ses affaires à Edharn. Célia, elle, n’avait pas le même ressenti. Elle venait des régions du nord et pour elle, être assise devant le feu aurait dû lui suffire. Mais elle se pelotonnait pourtant soigneusement sous son épaisse couverture de laine, comme si elle avait très froid. Elle aima pourtant le calme reposant qui s’était installé autour d’elle, assez pour lui ôter toute envie de rentrer à l’intérieur de la cabane, lieu sombre sans confort, ni feu de camp agréable devant lequel paresser. Célia finit par soupirer d’aise alors qu’elle sentait sa tête devenir un peu plus lourde. Plutôt que de briser le calme serein en suggérant de sortir de quoi dormir, Meldan bougea silencieusement pour appuyer son épaule contre celle de Célia, sous prétexte d’avoir bougé quelques braises. Aucun scrupule à profiter de la situation ! Or Célia était enfin calme et sereine pour la première fois depuis des jours, des semaines, des mois… Elle sentait une fatigue physique et morale lui tomber dessus d’avoir encore abusé de ses limites et elle ne remarqua qu’à peine la manœuvre de Meldan. Ne sentant qu’à peine sa tête qui tombait en avant sur son propre torse, elle s’affaissa un peu plus. La minute d’après, elle dormait. Meldan la bougea avec milles précautions pour qu’elle s’allonge et repose sa tête sur ses genoux, pour ajuster ensuite la couverture sur elle. Elle faisait ridiculement menue et petite ainsi recroquevillée contre lui. Mais au moins, il allait enfin pouvoir démêler ces pauvres boucles rousses ! C’était un crime de les avoir laissées dans un état pareil ! Par des gestes d’infinie précaution, Meldan se mit en devoir de leur redonner un aspect plus proche de celui de son souvenir, tout en s’employant à ne pas réveiller la jeune femme épuisée. Elle était si différente de la Célia avec laquelle il avait dansé… Pourtant, il avait réussi à la faire rire, alors l’espoir était permis de croire que l’ancienne Célia était encore là, quelque part. En attendant, elle dormait à poings fermés et si elle avait dit à Meldan qu’elle lui faisait confiance, il en avait à présent la preuve flagrante : elle n’avait pas dû dormir ainsi depuis des lustres, d’être seule et sur le qui-vive, sans personne pour veiller sur elle. Mais pas cette nuit-là. Meldan l’avait déjà aidée, était vraiment sundarien et il ne l’avait pas piégée quand il avait eu mille occasions de le faire en une seule soirée. Elle en avait baissé sa garde et elle s’était juste effondrée, comme une chose fragile sur laquelle on avait mis trop de poids.

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4 Comments

  1. oui, maintenant que je le relis , oui je m’en souviens, mais pour le coup j’avais complétement zappé!! 😛

  2. Meeeldan, un grand enfant plus têtu qu’une mule!! xD
    et j’avais oublié son kiff pour les cheveux de Célia!!! xD
    J’adoooore!! je veux la suiiite!!! <3

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