Fiction par Vyrhelle et A. Conroy

22 février 987

A déjà une demi-lieue du théâtre du drame, Sean et les Commandos remontaient toujours une piste que la tempête de neige rendait parfois difficile à suivre. Mais heureusement, les goranii n’avaient pas pris la peine de dissimuler leur passage. La troupe de cavaliers avaient fini par rejoindre la grand route qui menait au village voisin. Durant leur progression, les Commandos n’avaient trouvé aucun petit corps abandonné mais d’un regard sévère, Sean les empêcha de s’en réjouir.

– Falcon, rends-toi au village, vois s’ils se sont arrêtés ou non, ordonna-t-il quand les cheminées fumantes du hameau apparurent. Si oui, trouve où.

L’homme opina d’un mouvement très bref de la tête et fila ventre à terre en direction du village, arme en main. Il avait beau être un homme grand aux épaules carrées, il était le plus discret de tous et arriva au village sans que personne ne soupçonne sa présence. Il se dissimula derrière un petit cabanon et se concentra. Il était discret, oui. Mais c’était surtout pour sa maîtrise parfaite d’un Lai qui n’était peut-être pas spécifique à une Caste mais parmi les plus difficiles à acquérir, qu’il avait été désigné pour cette mission. Le Lai d’ombre permettait, comme son nom l’indiquait très bien, de contrôler les ombres des gens. Mais surtout de voir à travers elles… Falcon ne pouvait en contrôler qu’une seule à la fois, mais il avait appris à analyser très vite ce qu’il voyait pour passer aussitôt à une autre ombre, à force d’entraînements intensifs qui l’avaient rendu plus doué en la matière que Sean lui-même. En quelques minutes et en longeant simplement le village, il avait pu “voir” dans toutes les bâtisses du village. Or, vu le nombre de goranii recherchés et de chevaux impliqués, il fut évident pour le Commando qu’ils n’étaient pas en ville. Et comme les seules petites filles qu’il avait pu voir ne ressemblait en rien à la description d’Athina, Falcon rallia rapidement le reste des Commandos à l’écart du village.

– Ils sont repartis. On doit poursuivre plus avant si on veut les retrouver. Je ne suis même pas sûr qu’ils se soient arrêtés pour la nuit. Ils ont peut-être pas mal d’avance.
– Alors en route, conclut le Commandant qui constatait que l’aube était déjà là.

La traque reprit. Au cours de ce long jour, à chaque village, Sean répéta le même schéma, envoyant Falcon en éclaireur, restant à attendre en retrait, sombre, silencieux et dégageant une aura plus qu’inquiétante. Il n’était vraiment pas d’humeur à accepter la moindre protestation. Heureusement pour eux, ce n’était pas le genre des Commandos de geindre. Et dans les faits, Mike avait même discrètement révélé à tous ce qu’ils avaient trouvé dans le cabanon. Pourquoi Sean était dans cet état et surtout qui était la petite fille qu’ils recherchaient : la fille d’une légende vivante de Keranor qui avait été à deux doigts de se faire tuer. Une héroïne de la Fosse dont ils avaient tous au moins entendu parler, une mère qui n’était pas encore sortie d’affaire et qui avait lutté de toutes ses forces pour rester en vie et tenter de sauver son enfant. Le tout alors que son époux venait d’être abattu et son corps, mutilé. Aucun des hommes en noir n’eut même envie d’émettre la moindre protestation après ça. Pire, ils étaient presque aussi motivés que Sean à faire payer les responsables et ramener Athina à sa mère.

Au crépuscule suivant, après plus de douze heures de traque, ce qui aurait pu être un cinquième village s’avéra être un important avant-poste militaire. A sa forme et son positionnement, il devait faire office de péage, puisqu’il enjambait l’une des larges routes royales qui menait à l’un des deux chefs-lieux de Froidroche. Arin, une grande cité construite dans la plus pure tradition gorani, se dressait, en effet, à moins d’une journée de marche de là. L’avant-poste était une bâtisse fortifiée en pierre, lourde et massive, avec une cour centrale de terre battue. Falcon n’eut aucun mal à entrer. Les portes étant ouvertes pour laisser entrer les voyageurs, il n’eut qu’à neutraliser le seul veilleur en poste. A l’intérieur, il n’y avait qu’un seul lieu vraiment éclairé et Falcon trouva donc inutile d’utiliser à nouveau la Résonance. Il n’eut qu’à suivre les sons pour très vite découvrir la fameuse troupe de goranii recherchés, attablés au grand complet dans un réfectoire aux poutres de bois apparentes. Les meurtriers festoyaient et se gaussaient visiblement de leur exploit. Falcon aurait bien tiré dans le tas, mais se réconforta à l’idée que ces soldats ne riraient plus très longtemps. Puis son envie de meurtre grandit réellement d’entendre les sanglots à peine audibles d’une petite fille. À nouveau guidé par le bruit, il découvrit qu’on l’avait laissée assise dans la neige, attachée à un poteau près des écuries. Il allait s’élancer pour tenter de la récupérer, quand la porte derrière Athina s’ouvrit en grand, la plongeant dans la lumière qui inondait l’intérieur du lieu chauffé. Un gorani s’approcha de la petite et lui tendit une assiette avec quelque chose de chaud à manger. Mais la petite le fusilla du regard, se recula contre le poteau et après une moue explicite, elle donna un grand coup de pied dans l’assiette, la renversant au sol sous un soupir du gorani. Falcon, lui, en eut un léger sourire admiratif avant de quitter les lieux pour retourner vers les Commandos.

– Elle est là et elle a un sacré tempérament la petite, avoua-t-il pour un peu dédramatiser la situation. La troupe est là aussi et ils n’ont pas l’air de lui avoir fait de mal. On fait quoi, Commandant ?

Derrière son masque, un court silence de Sean n’augurait rien de bon.

– Idriss, tu récupères la petite et tu l’amènes à l’écart, ordonna-t-il enfin. Nous allons nous occuper du reste. Ulëen, prépare tes somnifères, Ge’ri tes Lais, moins seront aptes à combattre, mieux ce sera. J’en veux un vivant capable de nous donner des informations, qu’il nous dise ce qu’ils ont eu comme ordres et ce qu’il s’est passé.

Il sortit une arme élysiane du holster attaché contre sa hanche.

– Je n’ai besoin que d’un survivant.

Idriss partit le premier et s’infiltra dans le vieil avant-poste médiéval. Il arriva à hauteur de la petite sans le moindre mal. Quand il dut la récupérer cependant, cela s’avéra plus compliqué qu’il ne l’aurait cru. Athina l’avait entendu arriver, malgré sa discrétion de soldat surentraîné à l’infiltration, et elle s’était mise à tirer sur ses liens en le regardant d’un air peu amène. Il comprit qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’elle donne elle-même l’alerte… Il trancha ses liens, la libérant et la laissa partir de son côté. Il resta ensuite dans l’ombre pour la voir progresser dans l’avant-poste, protecteur et prêt à agir si besoin.

– … et elle n’a que deux ans ?, s’étonna-t-il très vite, en la voyant se faufiler comme une vraie experte, silencieuse et fichtrement agile.

Il était assez impressionné, il devait l’avouer. Il se contenta de la suivre et une fois qu’ils furent assez loin, le reste des Commandos s’approcha. Ils étaient un peu supérieurs en nombre à la force de frappe qui avait attaqué la maison de Célia, mais par rapport à tout un avant-poste…

– Rex, va avec Rude dans l’autre bâtiment, détruisez leurs comm’s, dit Sean en pointant le bâtiment affichant un épais et archaïque générateur élysian. Ulëen, quand tu veux. Tout le monde, masques.

Le Kel’ attendit que les deux autres Commandos soient partis, et que tout le monde soit protégé, avant de lancer deux bombes déjà fumantes dans le bâtiment. Elles avaient un effet dévastateur, endormant un Seigneur, même résistant, en quelques minutes.

– Ge’ri, prends la tête, continua Sean juste après. Endors ceux que tu peux. Les autres, après lui.

Fusils épaulés et doigts sur la détente, ils furent redoutables d’efficacité. Il ne fallut pas une heure pour que l’avant-poste ne tombe et que les goranii soient tous, soient morts, soient agenouillés au milieu de la cour et ils n’étaient que trois à être encore en vie. Cependant, il fallut bien cette même heure à Idriss pour récupérer une Athina peu coopérative. Quand il revint vers Sean avec la petite dans les bras, il la tenait tellement fort qu’il en était le premier surpris.

– C’est un monstre, cette gamine, Commandant.

Les traces de morsures et de griffures qui s’affichaient sur le Commando n’étaient pas pour qu’on prenne son annonce à la légère. Depuis les bras d’Idriss, Athina était immobile, comme l’animal prêt à vous sauter à la gorge à la première occasion. Sean sourit dans le secret de son masque métallique.

– Aussi redoutable que sa mère, voilà tout.

Il faillit récupérer la petite mais n’alla pas au bout de son geste.

– Expliquez-lui que nous allons à Keranor, retrouver sa mère et son oncle. Ulëen, avec moi pour voir les prisonniers, je veux mes réponses.

Ulëen s’exécuta avec plus d’élan qu’Idriss. Le pauvre homme n’y connaissait rien aux enfants et Athina était redoutable. Il essaya dès lors de convaincre le petit être plein de dents et d’ongles qu’ils étaient tous là pour la ramener à sa maman, sans réaliser qu’elle ne comprenait tout simplement pas clairement sa langue.

Implacables

Pour sa part, Sean se retrouva devant trois goranii que ses hommes tenaient en joue et qui n’avaient visiblement aucune envie de coopérer. L’un cracha aux bottes du Commandant des Commandos, l’un resta consciencieusement muet tandis que le dernier, un gradé, fixa son masque miroir avec mépris.

– Je n’ai rien à dire à des Dissonants.

Sean eut un sourire sombre que l’on ne voyait pas mais qu’on devinait sans mal quand il parla.

– Oh, je m’en doute… lieutenant, dit-il en observant les barrettes de son uniforme. Cependant, je ne me souviens pas avoir demandé votre avis.

Il fit signe à Ulëen qui sortit de son sac une boîte de verre renforcé dans laquelle se trouvait des fourmis de taille monstrueuse.

– Avez-vous déjà entendu parler de la Paraponera Clevata, ou fourmi ”balle de fusil”, lieutenant ? Il s’agit de l’insecte possédant la morsure la plus douloureuse au monde. Et je parle ici de la fourmi que l’on trouve naturellement à Gondomar ou dans les régions chaudes. J’ignore si vous connaissez cette tendance qu’a l’Hutandara d’accentuer la taille et les traits caractéristiques des animaux…

Ulëen, dont les fourmis étaient le totem, ouvrit la boîte. Trois d’entre elles, énormes, vinrent sur sa main.

– La piqûre d’une vingtaine de fourmis ordinaires vous enverrait à l’hôpital et la douleur vous ferait souhaiter la mort. Celle de trois spécimens de la variété hutani vous offrira l’une des morts les plus douloureuses qui soit, avec une agonie de plusieurs heures.

Il s’approcha du plus jeune des trois hommes. Pour l’avoir vu se battre, il le savait Hasperen.

– Vous n’avez peut-être pas envie de parler, lieutenant, mais vous savez que vous ne vous en sortirez pas en vie. Est-ce que votre dernière décision sera de condamner vos hommes à une mort atrocement douloureuse plutôt qu’à une fin rapide et nette ?

Le lieutenant leva un nez arrogant, se montrant plus fort qu’il ne l’était sûrement en réalité. Par contre, le soldat muet se sentit l’âme bavarde.

– Les ordres, c’était de tuer Cordélia Avonis, dite Célia la Rousse. Une dangereuse Alti Dissonante, espionne et tireuse d’élite.

Le lieutenant, à côté de lui, afficha un air dégoûté.

– Tais-toi, abruti !

Sean hocha la tête, Ulëen s’approcha du lieutenant, alors que le Démon tournait son attention vers le soldat.

– Continue, contredit-il le gorani. Tu t’épargnes beaucoup de douleurs, crois-moi. Pourquoi avoir pris la peine de tuer son époux ? Saviez-vous qu’elle n’était pas seule ?

Le soldat préférait visiblement une mort rapide, quoi qu’en pense son lieutenant.

– Non, nous n’en savions rien. Il ne devait y avoir qu’elle. Dans les ordres, ils disaient que c’était un de ses refuges secrets. Il n’était pas question d’un homme et encore moins d’un enfant.

Il regarda son lieutenant avec une expression proche du dégoût. Visiblement, le soldat n’avait pas apprécié certaines choses dans cette mission.

– On a drogué l’eau du puits. On devait la neutraliser, l’abattre, détruire la maison et repartir. Sauf qu’on a trouvé une famille. L’homme n’avait pas été assommé par la drogue, c’était visiblement un Kel’antan. Il s’est interposé quand on a voulu poursuivre la femme qui tenait à peine debout. On a tiré. On a dû insister parce qu’il était sûrement d’un Cercle élevé…

Il se recroquevilla sur lui-même.

– Elle est montée à l’étage pour récupérer sa fille qui pleurait. Elle a sauté par la fenêtre. Mais le reste des hommes l’attendait en bas.

Sean resta impassible.

– D’où venaient vos informations ? Qui vous a renseignés ?

L’homme agita la tête.

– Je… je sais pas. Je ne suis que soldat, j’ai reçu les ordres de mon chef, dit-il en regardant le lieutenant.

Le gradé, qui aurait volontiers étranglé le soldat de ses propres mains, leva les yeux sur Sean.

– Qu’est-ce que vous croyez ? Elle a été dénoncée par un brave gars qui l’avait reconnue sur un avis de recherche. Elle vivait là depuis des mois, si on en croit ce que nous ont dit les villageois qu’on a questionnés. Elle pouvait pas se foutre de nous indéfiniment. C’est tout.

Sean se fit un plaisir de détruire les illusions du lieutenant.

– Un ”brave gars”, mmh ? Un habitant du village qui a vu qu’elle vivait là depuis deux ans avec mari et petite fille mais qui aurait omis de les mentionner jusque là ? Ou bien un voyageur providentiel qui aurait par miracle fait le lien entre une Dame hutani vivant très à l’écart du village et un vieil avis de recherche obsolète ? Mes félicitations, lieutenant. Vous avez été dupés comme des enfants. Des enfants stupides qui plus est. Sachez que, à ma grande joie, votre bévue sera la cause d’une guerre ouverte entre Gora et l’Hutandara. Car Cordélia Amaris avait épousé Meldan Nàdar, frère de la reine hutani. Vous pensiez être des héros, ce soir ? Vous venez de signer l’arrêt de mort de votre nation en abattant un prince d’une nation puissante. Vous venez de faire voler en éclat la neutralité hutani dans la guerre qui nous oppose depuis trop longtemps.

Par contre, révéler comment Sean Moonshade avait eu toutes ces informations étonna un peu ses hommes. Jusqu’à ce qu’ils se rappellent que Sean et Célia étaient à l’évidence de vieilles connaissances. Quant aux goranii, ils n’en menaient pas large, surtout quand, dans un geste surprenant, le Démon releva son masque et dévoila son vrai visage. Après tout, ces hommes étaient condamnés.

– C’est impossible, vous mentez ! Un prince hutani ? Qu’est-ce qu’il serait venu vivre à Gora avec une Dissonante ? Une criminelle de surcroît. Le ministère ne nous aurait jamais dit d’attaqu…

Il se tut aussitôt, réalisant qu’il parlait un peu trop et se contredisait. Si un ministère gorani les avait envoyés, c’était autre chose que la simple dénonciation d’un paysan dont il avait été question. Sean eut un sourire carnassier.

– Ah, le ministère, donc ? Voilà qui me paraît beaucoup plus crédible. Mais croyez-moi, je ne mens pas. Vous avez dû voir les yeux étranges de l’homme, et que possède aussi la petite fille. Les yeux de la famille royale Nàdar, figurez-vous, uniques dans tout le Creuset.

Sean avait donc eu l’occasion de voir les vrais yeux de Meldan… Mais pour le moment, il prenait surtout un plaisir malsain à détruire mentalement les prisonniers, avec un soin particulier pour les plonger dans le désespoir avant de les tuer.

– Je vois que vous n’avez pas été franc avec vos hommes, lieutenant.

Les deux soldats, même celui qui s’obstinait à garder le silence fixèrent leur chef avec quelque chose assez proche du mépris.

– C’est pour ça que vous vouliez qu’on tue l’homme sans sommation !
– Et que vous vouliez qu’on tue la gamine !, compléta l’autre. Si Kelaän n’avait pas insisté, vous l’auriez abattue juste pour effacer les preuves !

Le lieutenant se renfrogna et garda le silence. Sean, lui, décida que le lieutenant survivrait à cette nuit. Mais il souhaiterait très vite être mort en même temps que ses hommes.

– Je vois. Mike, Rex, occupez-vous du Lieutenant, il aura encore des choses à nous dire une fois rentrés.

Il se détourna des soldats goranii, laissant ses hommes finir le nettoyage, allant voir ce que donnait le ”combat” entre Idriss et Athina. Il y eut deux détonations étouffées d’arme élysiane avant qu’il n’arrive à hauteur du Commando et de sa protégée, son masque toujours relevé. Et un spectacle à la limite du comique l’attendait. Idriss était en train de courir après une Athina qui lui glissait systématiquement entre les mains, les jambes et profita que le Commando ait l’attention distraite une demi-seconde par l’arrivée de Sean, pour plonger profondément ses petites dents dans son mollet. Rude aurait pu aider, hein, vraiment, mais c’était juste trop… tout, pour se priver du spectacle. Sean soupira et intercepta Athina, la soulevant dans les airs, face à lui. Il n’avait visiblement JAMAIS tenu d’enfant dans ses bras.

– Ça suffit, Athina, ordonna-t-il fermement.

La petite se renfrogna, s’agitant le temps de réaliser qu’elle ne pouvait rien toucher dans cette posture. Elle fixa ensuite Sean, immobile, avec un air qui rappelait que trop une certaine Hasperen quand elle boudait. Les couleurs n’étaient pas les bonnes, mais l’expression restait similaire à s’y méprendre. Ça tira un soupir à Sean.

– On rentre à Keranor, ta mère t’attend, dit-il en langue kel’antan.

Athina sembla de suite comprendre et se détendre un peu, alors que son regard clair et un peu perdu se mit à observer les alentours. Sean la prit réellement dans les bras, avant de signaler d’un mouvement de tête impérieux aux Commandos de se remettre en route. Ils récupérèrent les véhicules de l’avant-poste, des jeeps, pour faire le trajet retour rapidement, le lieutenant assommé avec eux, laissant en arrière des cadavres dans des bâtiments en flammes. Histoire d’égaliser les choses.

23 février 987

Durant le trajet en jeeps, la petite Athina ne décrocha pas un mot. Elle resta assise à côté de Sean, l’air toujours aussi peu avenant, le dévisageant sans vergogne alors qu’il avait pourtant rabattu la visière-miroir de son casque. Au moins, elle avait cessé de tenter de fuir par tous les moyens, et restait sur son siège. Son attitude semblait vouloir dire que si Sean avait parlé de sa mère, il avait intérêt à ne pas mentir… Car même si elle ne saisissait pas tout, ces hommes autour d’elle parlaient dans la même langue que l’oncle Nathan, et tous les gens du domaine de Trapeglace. C’était une langue qu’elle ne connaissait pas beaucoup, mais elle en connaissait bien les accents. Ça avait quelque chose de rassurant après des heures passées entourée de soldats goranii très peu prévenants. Par contre, quand elle réalisa que les jeeps retournaient sur les lieux du drame, Athina perdit de son air renfrogné, et imperceptiblement, elle se rapprocha de Sean pour finir, sans dire un mot, par tenir le bas d’un pan de tissu noué qui lui servait de ceinture sous son armure. Et le regard de la petite n’était pas loin d’être terrorisé.

– Nanny, Ada, murmura-t-elle sans réellement s’en rendre compte.

Au loin, l’héliporteur était là, attendant la troupe, après avoir fait un joli aller-retour jusque Phoenix, y déposer Lee et sa patiente. Fares était à côté du cockpit, prêt à remonter au premier ordre. Pour aller plus vite, Sean souleva à nouveau Athina dans ses bras, à la surprise des Commandos et particulièrement d’Idriss qui s’attendait à être de nouveau désigné d’office. Il ne fit pas la bêtise de faire la moindre remarque.

– On va la rejoindre, Athina, dit Sean, toujours en langue kel’antan, et se positionnant de telle façon qu’elle n’ait pas à contempler les ruines encore fumantes plus longtemps.

Lui regarda la maison et interpella trois des Commandos.

– Récupérer le corps, ordonna-t-il sans s’arrêter.

Il monta dans l’héliporteur et quand tous furent à bord, y compris la housse noire contenant le corps sans vie de Meldan, il laissa Mike les ramener sans un mot.

Tout au long du trajet, Athina fut sage comme une image. Elle resta assise à côté de Sean sans se manifester, sans protester ou encore moins se débattre. Idriss en fut vert de jalousie alors qu’il grimaçait régulièrement pour les morsures et griffures dont elle l’avait gratifié. Elle se contentait de tenir le même pan de tissu gris bleu, suçant parfois son pouce et surtout restant réveillée durant toutes les heures que dura le vol. Ce qui était surprenant pour une si petite fille qui avait eu plus que son lot d’émotions. Les Commandos furent bientôt unanimes pour dire qu’elle était la chose la plus adorable qui n’ait jamais pu amadouer leur Commandant. Non, en fait, ils réalisèrent qu’elle était la seule chose qu’ils n’aient jamais vue amadouer leur Commandant. Enfin, amadouer était un bien grand mot, et si un inconnu avait vu la scène, il aurait plutôt eu l’impression que Sean ignorait complètement la petite. Mais les Commandos le connaissaient mieux que ça. C’était discret, mais présent dans la façon dont il avait totalement ôté son casque, qu’il avait ensuite couvert les pieds jusque là nus d’Athina, dans le simple fait qu’il lui avait donné de l’eau à boire et surtout, ne lui faisait pas lâcher le rabat de sa ceinture. Athina, de son côté, espérait en silence que le monsieur en noir n’avait pas menti. Il avait parlé dans la langue de son Ada, elle avait bien aimé les intonations de sa voix grave et, sans trop savoir pourquoi, elle n’avait pas envie de lui faire des misères comme aux autres. L’instinct de survie peut-être ?

Il faisait jour quand ils arrivèrent enfin à Phoenix et à la descente de l’héliporteur, Sean ne se sépara d’Athina que le temps d’ôter son armure.

– Rex, Rude, Samson, vous apportez le gorani à Benett. Je le veux vivant jusqu’à ce que j’ordonne le contraire. Et je veux tout ce qu’il sait sur cette histoire, sur le ministère, l’informateur, tout. Fares et Falcon, avec moi, vous porterez le corps à la morgue de la clinique. Les autres, rentrez chez vous. Je vous vois demain.

Lui souleva à nouveau Athina dans ses bras et c’est à bord de la jeep de Falcon que le petit groupe restant se dirigea vers la clinique. La petite fille se contenta de poser un regard à la fois curieux et pas très rassuré sur tout ce qui l’entourait, ignorant que c’était son père que l’on venait de déposer à l’arrière du véhicule. D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, elle n’avait jamais été dans une aussi grande ville. Tout était nouveau autour d’elle. Elle se rencogna sur elle-même alors qu’elle était dans les bras de Sean, cachant son nez sous sa clavicule pour observer derrière le rempart noir de sa large épaule.

– ava voir Nanny ?, réussit-elle à demander, pas rassurée du tout, quand ils entrèrent dans le grand bâtiment de béton et de verre.

Sean hocha la tête.

– Oui, si elle ne dort pas. Sinon, on va vérifier que tu n’as rien, et ensuite on ira la voir.

Il s’approcha de la secrétaire de Lee.

– Est-ce que Lee est toujours avec sa patiente ?

La secrétaire qui savait parfaitement qui était face à elle, répondit sans détour.

– Oui, my Lord. Toute l’équipe de service est même avec elle depuis hier. C’est plus compliqué que prévu. Je vais devoir vous faire patienter le temps d’en savoir plus.

Sean accepta d’un sobre mouvement de tête.

– Envoyez-moi une infirmière pour vérifier que cette enfant n’a rien. C’est sa fille et elle est restée pieds nus dans la neige pendant un temps indéterminé.

La secrétaire lui indiqua une chambre libre et il y entra, asseyant Athina sur le lit. Une infirmière arriva rapidement et elle l’ausculta aussitôt.

– Célestes, dire que je l’ai vue naître, cette petite…

Elle l’examina sous toutes les coutures alors qu’Athina hésitait entre filer hors du bâtiment sans demander son reste ou retourner auprès du grand monsieur en noir pas du tout souriant. Mais l’épreuve ne dura pas assez longtemps pour qu’elle en vienne à choisir entre les deux.

– Elle n’a rien, my Lord. Ses pieds sont sales et un peu écorchés, mais aucune engelure ou tissu abîmé par le froid. Vous êtes sûr qu’elle a marché dans la neige ?
– Marché, pas forcément, laissée dehors, c’est certain. Mais elle a du sang d’Altii dans les veines, ça a dû jouer en sa faveur.

Il laissa l’infirmière proposer eau, nourriture, doudou à Athina et tenter de la convaincre de dormir un peu. En pure perte. Athina resta assise dans son coin, sans un mot, refusant eau, nourriture ou quoi que ce soit d’autre. Elle attendait en fixant Sean qu’il tienne sa promesse. Elle ne dormirait visiblement pas avant. L’infirmière s’en retrouva démunie.

– Je dois insister, my Lord ? Parce que là, elle ne veut vraiment rien savoir.
– Allez voir si on peut au moins entrevoir sa mère, ordonna-t-il à l’infirmière d’un ton d’une neutralité dérangeante.
– Bien, my Lord.

Quand elle quitta la chambre, il s’approcha d’Athina, essayant de se montrer plus avenant pour qu’elle se montre plus docile. Ce ne fut pas très probant ni pour l’un, ni pour l’autre.

– Ta maman est malade, Athina, tenta-t-il toujours en kel’antan. Tu vas peut-être devoir attendre que les médecins aient fini de s’occuper d’elle avant de la voir.

Elle leva ses yeux sur lui et, comme si elle avait compris tout ce qu’il venait de lui dire, elle baissa la tête. Pour ensuite la relever juste assez pour le fixer de ces yeux trop clairs puis tendre ses deux bras vers lui. La petite furie n’avait plus assez de rage pour se débattre. Sean en fut soulagé, mais du coup, Athina n’était pas contre un câlin pour se rassurer alors que son menton tremblait légèrement. Le Démon soupira et la souleva dans ses bras.

– Elle va aller mieux, Athina. Ta mère est une combattante et Lee est le meilleur médecin du pays.

Elle l’écouta parler puis se lova contre lui, ses petits bras autour de son cou, qu’il soit d’accord ou non. Elle cacha son nez dans sa veste et resta là, immobile. Jusqu’à ce qu’il réalise que ses bras ne forçaient plus et que son petit corps était devenu plus lourd. Elle avait enfin fini par s’endormir. Sean en fut soulagé, pensant pouvoir enfin la confier à quelqu’un sans qu’elle ne risque de l’agresser. Sauf qu’à chaque fois qu’il osait tenter de l’éloigner de lui pour l’allonger, elle tressautait, prête à se réveiller. Sean n’était pas exactement ravi par la situation mais à choisir, il préférait une Athina endormie à une enfant intenable. Et, en toute franchise, il savait qu’il ne quitterait pas la clinique sans avoir vu de ses propres yeux que Célia était sortie d’affaire. Alors il s’installa dans le fauteuil de la chambre, Athina contre lui, et il attendit. Il attendit ainsi un long moment, mais l’infirmière ne revint pas seule. Lee, les traits particulièrement tirés, l’accompagnait. L’homme était peu réjoui.

– Elle va s’en sortir. Mais ça a été très juste, my Lord, commença-t-il. Elle avait plusieurs balles dans le torse, toutes tirées dans le dos et qui lui avaient touché la rate et frôlé l’aorte et l’estomac. Elle était droguée et en hypothermie très avancée. Même pour une Alti, elle n’aurait pas dû être vivante quand on l’a retrouvée.

Il vint s’asseoir sur le lit, face à Sean et Athina dont il caressa la petite joue.

– Je suis heureux que vous l’ayez retrouvée. Elle va donner une chance supplémentaire à sa mère de guérir. Parce que je dois avouer que je ne sais pas combien de temps il va lui falloir pour se rétablir. Son corps, c’est une chose, mais son esprit, c’en est une autre.

Il se redressa en soupirant.

– D’ici une semaine, elle n’aura plus de trace de blessure mais ses âmes sont au bord de la rupture. J’ai eu peur qu’elle ne perde tout ascendant sur la Résonance et n’en vienne à se désintégrer littéralement entre mes mains alors que je la soignais. Je vous jure, par pitié, faites qu’elle arrête de nous revenir dans des états pareils. La prochaine fois, j’ai peur de ne rien pouvoir faire pour elle.
– Si ça ne tenait qu’à moi, Lee, grogna Sean, elle n’aurait jamais eu l’occasion de venir ici hormis pour la naissance d’Athina. Et depuis le temps qu’on se connaît, je pense que tu peux arrêter avec les “my Lord”, désormais.

Il se leva sans réveiller Athina.

– Je vais aller voir Célia, puis j’appellerai son frère.

Lee se leva aussi.

– Je t’accompagne jusqu’à elle.

Il les guida donc à travers plusieurs couloirs silencieux avant d’entrer dans une section uniquement réservée au personnel clinique. Derrière une large baie vitrée, Sean put découvrir une Célia endormie dans un lit aux draps de coton blanc, avec une sobre tunique médicale bleue pour tout vêtement, reliée à trop de machines à son goût, un masque sur le visage pour l’aider à respirer et entourée de plusieurs infirmiers, présents pour surveiller ses constantes. Il entendit le bip régulier du cardiogramme qui trahissait les battements trop lents du coeur de l’Hasperen.

– Je l’ai fait mettre sous sédatif pour qu’elle ne se réveille pas pour le moment, informa Lee sans hésitation. J’ai beau avoir réussi à refermer ses plaies, tu la connais, c’est une patiente pas toujours très raisonnable et je n’ai voulu prendre aucun risque.

Dans les bras de Sean, Athina commençait à s’agiter, comme si elle sentait que sa mère n’était pas loin, prête à sortir du peu de sommeil qu’elle avait pris. Lee la regarda et eut un léger sourire en coin.

– J’aurai été très peiné que ce petit ange ne survive pas. Tu peux l’amener à sa mère, je crois qu’elles ont particulièrement besoin l’une de l’autre à présent. Mon personnel veillera sur la petite.

Il eut un sourire plus marqué.

– Elle est la seule enfant à être née ici, ils la connaissent tous. Tu peux nous la confier les yeux fermés. Tu as sûrement mille choses à faire pour elles, à présent.
– Oui. Merci, Lee, je passerai prendre rapidement de leurs nouvelles, dit-il en allongeant Athina contre sa mère.

La petite fille, toujours endormie, se lova alors totalement contre le flanc de Célia, le nez enfoui dans le drap et après un soupir de soulagement, s’immobilisa complètement pour dormir enfin en paix. Délaissant mère et fille et essayant de ne pas tenir compte des émotions que ça réveillait chez lui, Sean se rendit ensuite à son appartement et s’attela à la suite logique des impératifs de la situation. En gros, s’occuper de manière pragmatique pour mieux ignorer la tempête intérieure qu’il essayait de faire taire. Il composa le numéro de la demeure Avonis. Il le connaissait encore par cœur… Ce fut la voix claire et franche de Nathan qui répondit, étant le seul à utiliser l’unique téléphone du domaine.

– Bonjour, Nathan Avonis à l’appareil, à qui ai-je l’honneur ?

A son intonation, il ne se doutait pas un instant de la raison de l’appel.

– Sean Moonshade, répondit le Démon.

Il n’avait plus aucun droit d’être familier avec Nathan aussi resta-t-il froidement concis. De son côté, la main de l’Ange Hasperen s’était instinctivement crispée sur le combiné du téléphone.

– Messire Avonis, votre sœur et sa famille ont été attaquées hier dans leur maison à Froidroche. Célia a été gravement blessée et se trouve à la clinique que vous connaissez, avec Athina. L’enfant est indemne, mais Meldan Nàdar a été tué.

Un silence pesant lui répondit alors qu’à l’autre bout du fil, Nathan manquait de tomber au sol d’avoir raté de peu la chaise sur laquelle il voulait s’appuyer. Il se reprit juste assez pour vraiment s’asseoir alors que Sinaï débarquait dans le bureau, aussi secoué que Nathan.

– Je… Je pars dans l’heure, put articuler le jeune Baron avant de rester avec le combiné dans les mains, oubliant de raccrocher.

La tonalité répétitive du téléphone lui répondit : Sean l’avait fait pour lui. Sofia qui lisait à la bibliothèque, inquiétée par le départ précipité de Sinaï, arriva alors, les trouvant tous les deux complètement perdus.

– Nathan ? Célestes, que se passe-t-il ? Qui était-ce ?

Il lui répondit d’une voix atone, sous un regard perdu.

– Cordélia est à l’hôpital, à Phoenix. Athina est avec elle. Ils ont été attaqués à Froidroche et Meldan…

Son mari leva un regard hanté sur elle.

– Meldan est mort.

Il était désespéré. Désespéré et furieux de ne pas avoir insisté plus pour les inciter à vivre ailleurs. De ne pas avoir essayé de décourager Célia de repartir en quête de leur ennemi. Il se sentait tellement fautif. Résultat, sa sœur allait encore connaître le deuil et la perte d’un être cher. Nathan se prit le visage entre les mains et Sinaï passa un bras plus protecteur que jamais autour des épaules de Sofia. La jeune femme était en larmes.

– Oh, Célestes…

Une heure plus tard, Ismaël était aux commandes de l’appareil et vérifiait les paramètres de vol de l’héliporteur pendant que Nathan se hissait dans l’appareil, prenant la place de copilote. Sinaï monta en dernier refermant la dernière porte de l’appareil derrière lui et s’installa à côté d’Erik qui se retrouva encadré par l’Echo et sa mère. Ils partaient tous. Parce que Célia allait avoir besoin d’aide mais aussi, et surtout, parce que Nathan refusait tout simplement l’idée même d’être séparé de sa famille en pareilles circonstances. Il n’aurait plus manqué qu’une autre attaque ait lieu au domaine pendant qu’il était à Phoenix… L’héliporteur décolla la minute suivante sous les regards trop émus de Madame Esmé et d’Iris.

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8 Comments

  1. Gabie

    C’est peut-être une impression, mais je trouve l’action tellement dense, forte et mouvementée que les chapitres de ce livre me semblent court à chaque fois ! xD
    Il y a tellement d’hypothèses possibles… tellement de questions en attente… tellement d’enjeux.
    Je trouve aussi, comme annoncé, qu’une bonne partie des chapitres sur Sean loin de Célia, pour voir son quotidien et ses entrainements avec les Commandos, prennent leur importance dans ce livre. On était content d’avoir des nouvelles aussi hein de Sean et des autres (on les adore), mais c’est vrai qu’ils apportent beaucoup plus encore selon moi sous cet angle de lecture ici.

    Ce livre sera le plus court, mais tellement riche et intense… un drame de plus dans la renaissance du Phoenix et quelles épreuves pour ses proches et entourage à chaque fois.
    Les images sont superbes… merci de partager cela avec nous, on a hâte à chaque fois d’avoir la suite !

    Contrairement aux semaines passées, je voulais prendre le temps de laisser un message pour te remercier et donner mes impressions. J’adore lire le chapitre avant d’aller me coucher le jeudi soir en ce moment, cela me fait une petite bulle dans le quotidien. Et je te souhaite un bon courage pour la montagne de travail autour du tome 3 des chroniques !

    • Vyrhelle

      C’est le passage charnière de toute l’histoire. Là, que le destin de chacun bascule d’une manière ou d’une autre, sans qu’on ne le comprenne réellement de suite.

      D’ailleurs, la partie avec les Triades Darhàn était justement en préparation de cette partie de l’histoire. Elle n’était pas prévue à la base et on la rajoutée pour se concentrer uniquement sur l’essentiel au moment crucial. Elle a même permis de mettre en place des choses pour le livre 3.

      Du coup, effectivement, la mise en place ayant été faite, on est direct dans l’action et l’enchaînement des événements. Tout se passe très vite, c’était intéressant de garder ce rythme soutenu aussi bien dans l’histoire que dans la manière de la raconter.

      En tout cas, je suis contente que tu es pris le temps de faire ce commentaire. C’est rassurant de savoir qu’il y a des fidèles, même silencieux, qui ont accroché à cette histoire. Où on a pris beaucoup plus de risque qu’avec un récit dans un univers plus classique.

  2. Géraldine LEBRUN

    Un chapitre doux-amer. Satisfaisant de voir que la “justice” de Sean s’est abattue sur les assassins de Meldan, rassurant de savoir la petite Athina à nouveau entre de bonnes mains, mais ça fait mal de l’imaginer dans les bras de Sean avec le brasier de sa maison en contre champ, de savoir que le corps mutilé de son père est à quelques centimètres derrière elle dans l’héliporteur.
    En tout cas, un découpage de l’histoire haletant et une très bonne mise en scène.
    J’ai rarement été aussi frustrée de ne pas avoir la suite tout de suite.

    • Vyrhelle

      Et encore, Athina est trop petite pour comprendre. Sean, par contre, réalise très bien qu’il a la fille de la femme qu’il aime et d’un autre homme dans les bras et qu’en d’autres circonstances, ça aurait dû être sa fille…

      Ravie de lire, en tout cas, qu’on a réussi à vous plonger réellement dans cet épisode crucial.

  3. Melckia

    “s’installa à côté d’Erik qui se retrouva encadré par l’Incarna et sa mère.” -> tu n’aurais pas oublier de changer “Incarna” en “Echo”?

    J’adore lire le lien fragile qui se construit entre Sean et Athina. Elle a vraiment 2 ans?? xD

    • Vyrhelle

      Ouaip, 2 ans…. mais fille d’Altii, elle triche. Les enfants de Seigneurs de Cercles élevés grandissent plus vite que la normale ( on rappelle Sean qui était adulte à 14 ans ? ). Et puis, c’est une louve, elle se laisse pas faire, c’est l’instinct et de bonnes quenottes !!

      … et ouais, on dirait bien qu’il y a un Incarna qui a échappé à ma vigilance ( et au correcteur automatique… tsss )

  4. Lulu-folle

    Pauvre petite Athina, perdue au milieu d’étrangers qui l’ont arraché à ses parents et qui ont tué son père. Une sacrée petite furie qui a laissé des marques au sens le plus littéral aux commandos. Il y a des chances qu’ils en fassent leur mascotte !
    Lee a raison, mais protéger Célia semble mission impossible. Pas sans y perdre beaucoup trop…
    Je peux supposer que dans le scénario original, c’est au cours d’une absence de Nathan au domaine que Sofia et les enfants ont été tués ?

    • Vyrhelle

      Même pas. Quand Nathan s’absente, Sinaï reste toujours pour protéger la maison. Mine de rien, un Echo, c’est impossible à tuer… Non, Sofia meurt en premier ( on n’avait pas spécialement défini comment ) et Nathan élève ses deux garçons tout seul. Erik se fait tuer en entrant au Collège, tué dans une bagarre. Tristan meurt quelques années plus tard, à Trapeglace, lors d’une attaque d’assassins durant laquelle Nathan perd son dernier enfant mais aussi la vue.

      La première version de sa vie est une tragédie du début à la fin.
      C’est principalement à cause de lui qu’on a réécrit l’histoire.

      Il perd tout le monde. Ses parents, sa sœur, sa femme, ses fils. Y compris sa nièce, puisqu’Athina grandit à Gora sans rien connaître de sa famille. Quand ils finissent pas se rencontrer ( grâce à Sean ) Athina a 35 ans et Nathan vit en reclus au domaine. C’est lui qui lui raconte l’histoire de sa mère, de Célia la Rousse, et c’est Nathan qui apprend à Athina que sa mère et Sean ( ?!! ) ont été ensembles durant plusieurs années. Athina va rester sidérée et ne plus jamais réussir regarder Sean sans rougir XD

      Mais tout ça, c’est dans la première version. La deuxième est bien différente…

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